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Lambert Wilson : Un orphelin d’Haïti a chamboulé sa vie !

Publié le 10 juin 2015

L’acteur Lambert Wilson a réalisé un � documentaire � bouleversant sur le courage des habitants de l’île qui s’efforcent de remonter la pente après le terrible séisme du 2 janvier 2010.

Cette année encore, Lambert Wilson a été le grand maître des cérémonies du Festival de Cannes, qui s’est clos dimanche dernier. Il s’est acquitté de cette lourde tâche avec l’élégance et l’humour, qui sont sa marque de fabrique. Mais, pour lui, le moment le plus fort de ces deux semaines n’a pas eu lieu sur le tapis rouge, ni dans une salle de projection du Palais des festivals.

Il s’est produit d’une manière beaucoup plus discrète, sur Canal +, le 20 mai dernier, à 22 h 45. L’heure où la chaîne cryptée a diffusé le documentaire qu’il a lui-même réalisé sur Haïti et ses habitants. Ce film bouleversant montre à la fois la désolation et le fabuleux courage de la population, qui s’efforce de remonter la pente après l’atroce séisme qui a ravagé son île le 12 janvier 2010.

Un long-métrage d’autant plus émouvant que si Lambert Wilson est devenu réalisateur, c’est par amour pour l’enfant qui est aujourd’hui un peu le sien.

Il se prénomme Félix et avait donc à peine 5 ans le jour où la catastrophe a ravagé plus du tiers du pays, faisant des milliers de victimes. Au milieu de cet enfer, on peut dire que le petit garçon a eu de la chance. Orphelin, il se retrouve embarqué dans un avion à destination de la France.

Au pied de la passerelle se trouve un couple désireux d’adopter l’un de ces petits. Et c’est Félix qui atterrit dans leurs bras ! Peu de temps après, ses nouveaux parents décident de lui donner un parrain et confient ce rôle à l’un de leurs plus intimes amis, un homme qui assumera ses responsabilités vis-à-vis de l’enfant, en cas de coup dur. Vous l’avez déjà deviné, bien sûr : ce parrain qui échoit au petit Félix, c’est Lambert Wilson.

Destin

Le comédien aurait pu se contenter de suivre de loin l’existence de son filleul, devenu un petit Parisien comme tant d’autres. Au lieu de cela, pour tenter de comprendre qui était vraiment cet enfant, ce qu’il avait traversé, il a voulu savoir d’où il venait. Et, en 2013, il s’envolait pour Haïti.

Le but, au départ, de Lambert Wilson, était d’observer ce qui se passait sur le terrain, le travail effectué par les associations œuvrant à la reconstruction de l’île. Mais le destin a eu besoin de lui et lui a fait signe.

Lambert Wilson vertical« Quelque temps après, déclarait-il la semaine dernière à Paris Match, j’ai rencontré Victor Robert, de Canal +, qui m’a proposé de participer au cycle de documentaires baptisé Faites tourner. J’ai pensé immédiatement à Haïti. Je leur avais fait une sorte de promesse, de revenir et de les aider d’une façon ou d’une autre. »

On dira peut-être qu’un documentaire diffusé à la télévision française n’a pas dû soutenir beaucoup ces gens héroïques qui, à l’autre bout du monde, luttent pour se reconstruire une vie digne et, si possible, heureuse. On se tromperait. Car, il y a quelques semaines, alors que François Hollande s’apprêtait à s’envoler pour son voyage dans les Caraïbes, Lambert Wilson a été invité à l’Élysée.

Non seulement il a projeté son film au président de la République, mais il a pu s’entretenir avec lui durant plus d’une heure au sujet de la situation dramatique des Haïtiens. Et il n’est pas interdit de penser que si un accord de financement d’un programme pour l’éducation dans l’île a pu être signé, l’acteur et son film y sont pour quelque chose.

Pudique

La catastrophe d’Haïti et l’adoption du petit Félix n’ont pas été les seuls séismes qui se sont produits dans l’existence du comédien Lambert Wilson, en cette funeste année 2010. Trois semaines après le tremblement terre, le 3 février, il perdait son père, l’acteur Georges Wilson. Et l’on est frappé de la coïncidence, qui a fait entrer le petit Félix dans sa vie au moment même où son père terminait la sienne, si l’on se réfère à une déclaration de Lambert, en 2008, au magazine Version Femina.

Lorsque la journaliste qui l’interroge lui demande s’il a déjà éprouvé le désir d’être père à son tour, il commence par révéler en avoir eu le projet, quelques années plus tôt, avec une femme dont il était follement amoureux… mais qui est finalement partie faire avec un autre l’enfant que Lambert souhaitait avoir avec elle.

Ce pudique avoue avoir mis beaucoup de temps à s’en remettre. Et ajoute cette phrase étonnante : « Mon père, qui rêverait que je lui donne une petite-fille noire, m’a dit l’autre jour que j’étais beaucoup plus obsédé par mon travail qu’il ne l’avait jamais été. Il faudrait que la petite graine pousse d’elle-même, fasse sa place et fiche le bazar dans ma vie. »

Lambert Wilson n’a pas pu offrir à son père la « petite-fille noire » dont rêvait le vieil homme. Mais, par-delà la mort, il a donné à sa mémoire une sorte de « petit-fils noir », en devenant le parrain de Félix, l’enfant adopté par ses amis. On ne s’étonnera pas, après cela, de le voir s’intéresser à lui, à sa vie, à ses espoirs, avec autant de passion que s’il était son propre fils !

Et à tout faire pour que l’existence future de l’enfant corresponde au prénom qu’il porte. Car Felix, en latin, ça veut dire « heureux ».

Didier Balbec

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