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Laura Laune : “J’attends que Michel Drucker vienne me voir !”

Publié le 28 avril 2016

Sous ses airs de Betty Boop blonde, cette jeune comique belge cache un humour trash et décapant. Rencontre avec un Patrick Timsit en jupon : Laura Laune.

Méfiez-vous de cette jolie fille au visage angélique : sur scène, cette Belge de 29 ans se transforme en diablesse de l’humour noir. Nous avons rencontré Laura Laune près de l’Apollo théâtre, où elle se produit jusqu’à fin mai.

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France Dimanche (F.D.) : Dans votre spectacle, vous affirmez : « Mes parents ont voulu que je fasse de la télévision pour avoir des relations sexuelles avec Michel Drucker. » L’intéressé a-t-il réagi ?

Laura Laune (L.L.) : Non. Je sors cette blague depuis septembre et Michel Drucker n’en a pas eu vent. Plus sérieusement, cette provocation est ma façon de rendre hommage à mes parents. Ils sont de grands fans de leur fille mais aussi de Drucker, et j’ai passé mon enfance devant ses émissions.

F.D. : Vous tournez en dérision la religion, l’avortement, l’intégrisme islamiste, la pédophilie. Vous pensez vraiment qu’on peut rire de tout ?

L.L. : On doit absolument rire de tout. Surtout dans notre monde ! À la fin de mon spectacle, des gens viennent me voir pour me féliciter : « Je ne pensais pas être capable de rire de choses aussi graves ! Merci. » Ce rire fait du bien dans une société qui souffre…

F.D. : Pourtant, à Mâcon, en pleine représentation, un couple de retraités a quitté la salle. Cela arrive souvent ?

L.L. : C’est rare, mais cela arrive. À Mulhouse, une dame, choquée, est partie à la fin du show, en hurlant : « C’est un scandale, ce n’est pas possible de dire des horreurs pareilles quand on est une jeune fille ! » Tout le monde rigolait autour d’elle… Sur Facebook et sur ma boîte mail, je reçois plein d’encouragements, mais aussi pas mal d’insultes et de menaces.

F.D. : De la part des intégristes islamistes que vous tournez en dérision ?

L.L. : Je ne sais pas. Ces messages sont anonymes. Ils disent : « On ne va pas te laisser faire. Tu ne vas pas continuer… » J’ai eu peur au début, je le vis mieux désormais. Et je n’ai jamais demandé de protection policière.

F.D. : Dans un sketch, vous incarnez un professeur en LEP qui trouve ses « élèves excessivement cons ». C’est une expérience vécue ?

L.L. : Oui. Je suis architecte de formation et j’ai été recrutée comme enseignante dans un lycée spécialisé, à Hornu, en Belgique, comme professeur de maçonnerie. Les autres profs étaient tous des maçons en bleus de travail et je remplaçais un collègue en dépression. Lorsqu’ils ont vu débarquer une poupée blonde pour leur apprendre la fabrication du béton, mes élèves ont cru à une caméra cachée pour la télévision. Et ils se sont lâchés : insultes sexistes, remarques déplacées. Quand ils allaient trop loin, j’appelais le collègue de la classe d’à côté : un colosse nommé Rudy. Il déboulait dans ma salle et tout le monde se calmait.

F.D. : En plus de la scène, auriez-vous envie de faire du cinéma ?

L.L. : J’aimerais beaucoup. Et pas forcément dans une comédie. Pourquoi pas un drame ou un thriller ? Revenir au théâtre me tenterait bien. Je prépare aussi des chroniques humoristiques pour une radio.

F.D. : Si Michel Drucker venait à votre spectacle, vous maintiendriez votre blague à son propos ?

L.L. : Bien sûr ! Il est le bienvenu. Je ne changerais pas mon texte et, en plus, je regarderais sa tête, pour voir sa réaction !

Jean-Baptiste Drouet

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