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Laurent Cabrol : Pour des caméras qu’on ne cache plus !

Publié le 14 février 2017

Enfin une bonne nouvelle pour tous les défenseurs de la cause animale comme Laurent Cabrol !
 La loi rend obligatoire, à partir du 1er janvier 2018, la vidéosurveillance dans les abattoirs.

Depuis plusieurs mois, les témoignages se succèdent et les vidéos clandestines sont rendues publiques. Ces clips provenant des associations de défense des animaux sont pour le moins choquants. On y voit en effet les bêtes massacrées, mal étourdies, paniquées, cherchant la fuite. Ces images accablantes, aussi insupportables soient-elles, ont le mérite de dénoncer la maltraitance infligée dans les abattoirs.

Vous le savez, Laurent Cabrol évoque régulièrement ce douloureux problème dans les colonnes de France Dimanche et exprime mon mécontentement. Alors quelle n’a pas été sa surprise d’apprendre que l’Assemblée nationale se saisissait enfin de ce terrible scandale.

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Olivier Fornali
Olivier Falorni

Olivier Falorni, député Divers gauche de Charente-Maritime, a en effet réussi à faire passer un texte autorisant les caméras de surveillance dans les abattoirs. Nous lui avons demandé de préciser les contours de sa loi.

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Laurent Cabrol (L.C.) : En quoi va consister concrètement cette loi ? Et quand sera-t-elle appliquée ?

Olivier Falorni (O.F.) : Des caméras seront placées dans toutes les zones d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, et de mise à mort, de tous les abattoirs de France. Des expérimentations vont avoir lieu très vite et la loi sera effective dès le 1er janvier 2018.

ABATTOIR EN FRANCE EMISSION LA QUOTIDIENNE SUR DIRECT 5

L.C. : Avez-vous rencontré des difficultés à faire passer ce texte de loi ?

O.F. : Oui, il a d’ailleurs bien failli ne jamais voir le jour. La mesure avait carrément été supprimée en commission. Je suis alors allé dans l’hémicycle pour le défendre car certains députés ne voulaient pas de ce contrôle obligatoire. Leurs arguments portaient sur le fait que les salariés ne voulaient pas être surveillés. Mais cette raison n’est pas recevable car les destinataires de ces vidéos seront des membres de l’Inspection vétérinaire chargés des abattoirs, instance qui n’est évidemment pas chargée de vérifier les cadences.

L.C. : Que se passera-t-il pour ceux qui refuseront de se soumettre à cette obligation ?

O.F. : J’ai bien précisé dans le texte que la finalité exclusive est la protection animale. Se soustraire à cette directive est donc passible de cinq ans de prison et 300 000 euros d’amende. La loi permet maintenant de considérer comme un délit pénal la maltraitance sur les animaux en abattoirs et dans les transports.

L.C. : Que comptez-vous faire pour l’abattage rituel qui ne figure pas dans cette loi ?

O.F. : J’espère le faire évoluer vers des techniques modernes, tout en respectant le rite religieux pour les juifs et les musulmans. L’abattage sous étourdissement existe : l’animal est vivant, comme le veut la religion, mais il est 
inconscient et ne souffre pas. C’est une solution. Mais rien ne se fera sans l’avis des autorités religieuses, ce sera donc difficile 
de concilier tout cela avec un abattage sans douleur. On peut y parvenir avec de petites bêtes mais, avec les bovins, c’est encore difficile 
à envisager. Toujours est-il que la loi qui a été votée implique tous les types d’abattage, sans exception. La maltraitance est donc désormais interdite partout, que ce soit sur un mode 
rituel ou non.

Par Laurent Cabrol

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