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Laurent Gerra : Il souffre le martyre !

Publié le 18 mars 2020

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Chaque jour, dès qu'il ouvre les yeux, le supplice recommence pour Laurent Gerra, le célèbre humoriste épicurien et hédoniste...

Sur RTL, il se « marre tous les matins », reconnaît-il. Un véritable sas de décompression durant lequel ce surdoué commente, avec son franc-parler et, surtout, les 70 voix qui figurent à son répertoire, l'actualité du moment. Et en cette pleine période de campagne électorale en vue des municipales, alors que l'affaire Griveaux a provoqué une onde de choc au sein de la classe politique, il se régale.

Parisien par nécessité, et non par choix, il ne se gêne pas pour dire tout le mal qu'il pense de la capitale.


Né en 1967 à Mézériat, dans l'Ain, il a gardé une âme de provincial, jamais le dernier à vanter les richesses de notre terroir. Monté à Paris, pour y faire carrière, c'est tout naturellement qu'il s'y est installé, pas loin de la Seine, dans un arrondissement « très central » où l'architecture le laisse alors béat. Mais les monuments, aussi sublimes soient-ils, ne suffisent plus à son bonheur.

Le jardin des Tuileries est certes grandiose, mais il est infesté de rats. Quant aux rues, où il aimait auparavant flâner le nez au vent, elles sont jonchées de détritus. Pour cet homme amoureux de la campagne, qui adore cueillir lors de belles balades en forêt des mûres et des myrtilles, et qui clame haut et fort qu'il pourrait « survivre en pleine nature » tant il connaît les plantes, ça file un choc ! Un calvaire que cet amoureux des belles choses ne supporte plus !

Sa ville d'adoption, où il a fait ses débuts au Don Camilo voilà presque trente ans, ne lui inspire plus que du dégoût. Quant aux Parisiens, il ne les porte pas vraiment dans son cœur. Il les juge mal élevés et hautains. Avec Laurent, ils en prennent pour leur grade. Se réveiller dans la Ville lumière, c'est la promesse d'une journée qui commence mal.

“DÈS QUE JE PEUX, JE FUIS”, AVOUE L'ARTISTE, QUI VIT UN CALVAIRE QUOTIDIEN

Entre les bouchons et la saleté, la capitale ne le fait plus du tout rêver. Pire, résider en un tel endroit est devenu un supplice qu'il a de plus en plus de mal à endurer.

Seule la perspective de déserter, ne serait-ce que quelques jours seulement, cet enfer lui permet de tenir le coup, comme il le raconte à Télé 2 semaines : « Dès que je peux, je fuis Paris, qui est sale, invivable, et où il y a trop d'incivilités. Cette ville tellement belle est devenue une ville de bobos. Beaucoup de copains pensent comme moi et veulent la quitter… » Des propos chocs qui en disent long sur la souffrance que ressent l'humoriste de 52 ans. « Je suis plus heureux en province, moi qui suis épicurien et hédoniste », confesse-t-il.

Pas besoin d'aller chercher bien loin. Deux heures de TGV, et c'est le bonheur assuré ! Quand il débarque à Lyon, l'imitateur préféré des Français revit ! C'est ici que, le bac en poche, il écumait les cabarets à la fin des années 80.

De retour dans la capitale des Gaules, à lui les grosses bouffes entre gens de bonne compagnie. « J'adore la gamelle. La table, le pain, le vin, c'est comme la scène, ça se partage. Le bruit des couverts, les odeurs, les saveurs, les discussions passionnées, les rigolades, on refait le monde autour d'une table, tout est possible autour d'un verre… »

Il aime tellement Lyon qu'il s'y est même lancé dans la restauration en reprenant une institution locale : Léon de Lyon, qui appartenait à Jean-Paul Lacombe, une brasserie mythique pour tous les gastronomes. Cette passion de la bonne chère, il la doit à sa grand-mère, « excellente cuisinière », et aussi à sa maman, serveuse chez le chef Georges Blanc, à Vonnas, où il traîne dans les cuisines.

Surtout, l'humoriste ne se sent lui-même que sur ses « terres ». Comprenez ses vignobles à Pouilly, à Vinsobres ou encore à Carcès, où il produit « du blanc, du rouge, du rosé. » Là, aux côtés des vignerons, il renaît comme par enchantement. Et quand il a vraiment du temps, il file skier, sa passion, dans les plus beaux endroits du monde : au Caucase, au Kamtchatka, au Chili ou encore au Groenland… Avec de tels points de chute, il n'est pas étonnant, que le retour à Paris se fasse dans la douleur. Courage, cher Laurent !

Valérie EDMOND

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