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Laurent Kerusoré : “J’ai refusé plusieurs fois Danse avec les stars !”

Publié le 15 janvier 2016

Le barman emblématique de la série� Plus belle la vie�, Laurent Kerusoré, participera au spectacle “Mes idoles” dans les Zénith de France. Rencontre avec un artiste qui ne suit que ses envies…

Il n’est plus besoin de présenter Laurent Kerusoré, alias Thomas Marci dans la série culte Plus belle la vie. Mais celui qui s’est imposé comme acteur donne désormais de la voix, et sera à l’affiche, à partir du 27 février, d’un spectacle musical, Mes idoles, aux côtés de Dave, Michèle Torr, Claude Barzotti ou encore Nicoletta. Chez lui, à Marseille, il nous parle de cette nouvelle aventure.

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France Dimanche (F.D.) : Comment vous êtes-vous retrouvé à l’affiche de ce spectacle ?

Laurent Kerusoré (L.K.) : J’ai rencontré Michel Habert [son producteur, ndlr] sur un bateau au large de l’Espagne en 2011. J’étais là pour faire des dédicaces pour Plus belle la vie et Michel était avec Dave qui assurait un concert à bord. Pour l’anecdote, j’étais avec ma mère dans une suite qui était prévue pour Dave. Après avoir dû changer de cabine, je me suis fait un malin plaisir à taquiner Michel, qui ne s’est pas gêné pour m’envoyer des piques en retour. Nous avons fini par boire un verre et avons sympathisé. Ma mère et Pascale Robert [Wanda Legendre dans la série Plus belle la vie, ndlr] lui ont parlé de mon désir de chanter. À la fin de la croisière, nous nous sommes promis de nous revoir.

F.D. : Ce que vous avez fait ?

L.K. : Oui, six mois après. Lorsque Michel est venu me voir à Marseille, il avait une chanson à me soumettre, Monsieur, un très beau texte qu’un de ses amis lui avait offert. Il m’a dit : « Tu en fais ce que tu veux ! » Plus d’une année s’est écoulée avant que je puisse lui faire écouter la chanson. Je me souviens encore de sa réponse : « C’est de la merde mais ta voix est bien ! Et avec ça, tu feras l’Olympia ! »

F.D. : J’imagine que, sur le moment, vous ne l’avez pas cru ?

L.K. : Ma mère et moi ne pouvions y croire ! Quand j’ai vu mon nom en lettres rouges sur la façade de l’Olympia, j’ai fondu en larmes avant de finir par réaliser… C’était le 11 septembre 2013, en première partie de Thomas Boissy, cinq soirs de suite. J’ai également assuré la première partie de Charles Dumont ! À 41 ans, c’est à ce jour la plus riche expérience de ma vie. Je ne me suis jamais senti aussi vivant que sur scène à l’Olympia !

F.D. : Ce soir-là, vous avez vécu une expérience exceptionnelle…

L.K. : En effet, je chantais en public et pour la première fois Monsieur. À la première écoute, on pense qu’il s’agit d’une déclaration d’amour d’un jeune homme à un vieux monsieur. Mais à la fin, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un fils qui s’adresse à son père et qui lui dit « je t’aime » pour la première fois ! À cette époque, j’étais en conflit avec mon père, et cette chanson avait pour moi une résonance particulière. Je me retrouvais à l’Olympia, avec mes parents dans la salle, et j’adressais ce message si personnel à mon père. C’était un moment inoubliable ! D’ailleurs, il n’a pas cessé de pleurer ! C’était si fort ! C’est un truc de fou ! Ça a changé sa vie… et la mienne aussi ! Alors, même si nos rapports sont parfois encore compliqués, maintenant on sait que l’on s’aime !

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F.D. : À partir du 27 février prochain, vous serez à l’affiche du spectacle Mes idoles à travers la France.

L.K. : Sur la scène de l’Olympia, pour la première fois de ma vie, je me suis vraiment senti à ma place ! Autant que devant une caméra. Aujourd’hui, je suis très excité, joyeux. Je suis assez enfant parfois, et j’attends avec impatience de découvrir tout le « barnum » entourant une tournée des Zénith en France.

F.D. : Que ressent-on lorsque l’on voit son nom accolé à ceux d’artistes aussi célèbres sur les affiches ?

L.K. : C’est quelque chose d’inimaginable, d’extraordinaire, au sens propre du terme. Je suis très impressionné d’être avec ces artistes-là, et en même temps très fier. Je crois que nous avons le même public. La chanson Mamy Blue [chantée par Nicoletta, qui fait également partie de la tournée, ndlr], c’est la berceuse de mon enfance. Ma maman me la chantait avant de me coucher. Je vais interpréter trois titres, et certainement un duo avec Michèle Torr. C’est incroyable !

F.D. : Comment ont réagi vos parents lorsque vous leur avez annoncé cette tournée ?

L.K. : Lorsque j’ai rencontré Michel Habert pour la première fois, ma mère était présente. C’est presque une histoire de famille. Mes parents sont très fiers. Et je suis certain qu’ils auront le trac dix fois plus que moi ! Ils n’ont jamais douté de ma réussite car je ne leur en ai pas laissé le temps.

F.D. : Vous allez pouvoir concilier les tournages de la série et la tournée ?

L.K. : J’ai prévenu les producteurs de Plus belle la vie dès que j’ai su que j’allais faire la tournée, et ils ont accepté d’emblée. J’ai été honnête avec eux, j’ai pris les devants. La production a aussitôt prévenu les auteurs, et ça n’a posé aucun problème.

F.D. : Et vos amis et collègues ? Comment l’ont-ils pris ?

L.K. : Mes amis sont très heureux pour moi. Quant à mes collègues, certains sont super contents, comme Rebecca Hampton. Mais d’autres, dont je tairais le nom, n’ont pas bien compris ce choix et n’ont pas très bien réagi. J’ai reçu des messages pas toujours bienveillants.

F.D. : Pouvez-vous nous donner des exemples ?

L.K. : Il se trouve que j’ai refusé plusieurs fois de participer à Danse avec les stars. Et pour certaines personnes, il n’est pas concevable de refuser une telle offre. Et encore moins lorsque l’on accepte à la place de partir en tournée pour chanter sur scène avec des artistes. Mais ce n’est pas bien grave car, pour moi, le principal c’est de me sentir bien là où je suis.

F.D. : Comment se passe votre vie à Marseille ?

L.K. : Elle est loin de la vie bretonne [Laurent grandi à Nantes, ndlr] mais elle est très agréable. J’ai acheté une maison au bord de la mer, et je suis très privilégié de pouvoir admirer la Méditerranée tous les jours. Cependant, même si j’aime beaucoup cette ville, je ne suis pas sûr de passer toute ma vie ici. Je suis breton, alors j’ai besoin des embruns, de la marée…

F.D. : Pourriez-vous arrêter la comédie pour vous consacrer uniquement à la chanson ?

L.K. : Je ne le pense pas car j’aime les studios, les plateaux, les caméras, l’odeur du maquillage, de la poussière… L’ambiance d’un tournage, d’un décor me plaît beaucoup. Mais ces deux métiers ne sont absolument pas incompatibles. Il n’est pas question d’abandonner l’un ou l’autre. Je crois que c’est l’industrie et la presse qui « compartimentent » les artistes. Mais le public, lui, s’en fiche !

F.D. : Justement, vous ne craignez pas d’en souffrir ?

L.K. : Vous savez, en tant qu’interprète de Thomas Marci, barman homo de la série Plus belle la vie, je ne reçois pas beaucoup de propositions pour jouer un rôle de père de famille dans un téléfilm. Mais, très honnêtement, ce n’est pas grave du tout ! Je trouve ça juste dommage de ne pas écouter le public, car, je vous le répète, lui s’en fout ! Pour l’instant, ça me permet de partir faire une tournée, et puis qui sait ce qui arrivera demain ? Un réalisateur va peut-être m’entendre chanter et avoir un déclic.

F.D. : Quel est votre rêve ?

L.K. : J’adorerais tourner pour Pedro Almodóvar. Il n’y a pas très longtemps, ma maman a retrouvé un petit texte que j’ai écrit à l’âge de 8 ans pour l’école, dans lequel j’expliquais ce que je souhaitais faire plus tard. On peut y lire : « comédien populaire », « chanter à l’Olympia » et « tourner dans un film ». Étant donné que deux de mes souhaits se sont déjà réalisés, je veux croire que le troisième finira bien par être exaucé !

F.D. : Tout cela laisse-t-il du temps pour la vie privée ?

L.K. : Comme je le dis souvent : j’ai épousé ma vie professionnelle. C’est un choix, alors ma vie, c’est mon boulot ! Et qu’est-ce que je l’aime, cette vie ! Elle me rend heureux !

Anthony Quittot

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