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Laurent Kerusoré : "J'aimerais me marier !"

Publié le 29 juin 2020

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Alors que les tournages de “Plus belle la vie” ont repris, Laurent Kerusoré s'est livré à cœur ouvert…

Après plus de deux mois confinement dans sa maison du Verdon où il a déménagé il y a près d'un an, le comédien de 46 ans a repris le chemin des plateaux. C'est avec joie qu'il a retrouvé ses partenaires de Plus belle la vie après cette quarantaine savourée aux côtés de sa maman et de mademoiselle Denise, sa petite yorkshire. Celle qui, depuis neuf mois, tente de combler l'immense vide laissé par la disparition de son inoubliable bulldog, dame Ginette.


France Dimanche : Comment s'est passé ce retour au travail ?

Laurent Kerusoré : De manière assez étrange avec tout ce protocole sanitaire à respecter. Désormais, on travaille en équipe réduite, on porte bien sûr des masques en permanence, qui ne disparaissent qu'au moment de tourner. On était tous hyper contents de se retrouver. Évidemment, pas d'embrassades, ni de gros câlins comme on aime se faire, mais la joie est là.

FD : Et ces deux mois de confinement ?

LK : J'ai pris cette période comme une opportunité pour m'occuper de moi. J'ai couru, beaucoup marché dans la nature avec mon chien. Je me suis même acheté un rameur, alors que le sport et moi ça fait douze ! Ce confinement m'a été salutaire. J'ai réfléchi, pris mon temps, ce qui m'a fait un bien fou. C'était peut-être ce qu'il me fallait pour grandir. Je vais continuer à faire attention et à changer de mode de vie. Confiné avec ma maman, j'étais aussi heureux de pouvoir profiter pleinement d'elle.

FD : Ça n'a pas trop compliqué de vous déconfiner ?

LK : Pas évident de passer des gorges du Verdon aux rues de Marseille, on se réhabitue doucement. Mais je dois dire que ça m'a fait tout drôle lorsque je suis ressorti la première fois, avec casquette, lunettes de soleil et masque, et qu'une dame m'a lancé : « Thomas, ce n'est pas la peine de vous cacher ! » J'ai trouvé ça tellement mignon.

FD : Que pensez-vous du récent drame de George Floyd ?

LK : Ça me détruit, ça me débecte, ça me fait pleurer. Je suis hanté par l'image de ce flic au regard détendu, qui est juste en train de tuer un mec. Limite en sifflotant. Ça me renvoie en pleine figure mon agression par des policiers, en 2010. Je sais ce que ça fait de ne plus pouvoir respirer. Si à l'époque il n'y avait pas eu cette dame à sa fenêtre pour hurler, c'est sûr, je serais mort. Il faut que ça cesse !

FD : Et comment va mademoiselle Denise ?

LK : Aux anges ! Avec papa pour elle toute seule durant deux mois. Mais, du coup, elle a pleuré pendant deux jours quand je suis reparti travailler. Protocole oblige, je ne peux plus l'emmener avec moi sur les tournages, alors elle reste avec ma maman. Avec mes chiens, on est très collé-serré, il y a une vraie connivence entre nous. Denise a bientôt 9 mois, je ne lui ai jamais mis de laisse et elle me suit à la trace. Ce qui était déjà le cas avec Ginette…

FD : Vous pensez toujours à elle ?

LK : Bien sûr, elle est dans mon cœur. Je rêve souvent d'elle, encore cette nuit ! Elle a eu une telle empreinte sur ma vie… Après elle, je ne voulais pas reprendre de chien, et le hasard a fait que des voisins qui me savaient très malheureux m'ont amené Denise. Il est vrai qu'au village, on me voyait traîner comme une âme en peine. Ici, ce n'était pas Laurent et Ginette, mais Ginette et Laurent ! Voilà, on passe à autre chose… [il est très ému, ndlr].

FD : Où en est votre carrière de chanteur ?

LK : Avec cette crise, tout est reporté. Mais je suis déjà si heureux, grâce à mon producteur, Michel Habert, qui est un être admirable que j'aime profondément, d'avoir pu faire neuf fois l'Olympia et un Bobino. C'est dingue dans une carrière comme la mienne ! J'aime chanter depuis tout petit et, c'est peut-être un peu vieux jeu, j'adore la chanson française. J'ai eu des propositions d'albums, mais on voulait me relooker, m'imposer des choses, du coup, j'ai tout refusé en bloc. Moi, je veux juste faire de la scène et rester fidèle à mes envies.

FD : Comment va Thomas Marci, votre personnage dans la série ?

LK : Il est tellement important pour moi ! Par rapport à certains intermittents, je mesure ma chance de travailler régulièrement, mais aussi d'être très attaché à Plus belle la vie et à mon personnage. Je suis fier de son parcours durant ces seize ans et de ce que la série a pu apporter à l'image gay. Ça a fait bouger les mentalités et j'en suis très heureux. Aujourd'hui, le petit couple gay est devenu un peu banal, mais en 2005, ça ne l'était pas du tout. Et vieillir avec lui ne me pose aucun problème. Je comprends que certains acteurs aient des envies d'ailleurs, mais moi, non, je ne m'en lasse pas !

FD : Il y a quelques années vous parliez d'adopter un enfant, où en êtes-vous ?

LK : Comme j'ai été moi-même adopté, c'est quelque chose qui me tient à cœur depuis très longtemps. Seulement, je n'avais alors pas rencontré l'être qui partagerait ma vie. Aujourd'hui, c'est fait, mais j'ai 46 ans… Le projet n'est pas abandonné, cependant je me pose beaucoup de questions. Avant, j'aimerais me marier, faire les choses dans l'ordre… Là aussi je suis sans doute un peu vieux jeu ! [Rire.] Mais oui, je rêve qu'on soit trois à porter le même nom et qu'on fonde une vraie famille.

Caroline BERGER

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