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Laurent Kérusoré : Sa tante sauvée du mouroir

Publié le 4 juillet 2014

Ne supportant pas l’idée de laisser Suzy seule dans une maison de retraite, la star de “Plus belle la vie” a décidé de la prendre sous son toit. Une � expérience � enrichissante qu’il souhaiterait que le plus grand nombre partage avec leurs anciens.

Ça fera dix ans le 30 août prochain que, dans le rôle de Thomas Marci, un des personnages phares de la série à succès de France 3 Plus belle la vie, Laurent Kéruzoré nous fait rire, vibrer, et parfois même pleurer. Alors qu’il s’apprête à souffler ses 40 bougies, le 25 juillet, le comédien a accepté, en exclusivité pour les lecteurs de France Dimanche, de nous parler du combat qui lui tient à cœur.

Laurent KerusoreFrance Dimanche (F.D.) : Vous avez récemment posté sur votre page Facebook une photo de vous avec un joli coquard… Rien de grave ?

Laurent Kéruzoré (L.K.) : Non ! C’est ma « tantine » qui a perdu l’équilibre en se prenant les pieds dans ma chienne Ginette, mon petit bouledogue français mondialement connu [rires]. Et, disons que plutôt qu’elle chute dans l’escalier de ma maison et finisse à l’hôpital ou même pire, j’ai préféré me jeter sous elle. M’étant tombé dessus, elle n’a donc rien eu, Dieu soit loué, et moi, je suis cabossé de partout ! [rires] Néanmoins, à travers ce petit incident de parcours, je souhaite surtout parler du sujet délicat de nos vieux aujourd’hui.


Larent 2 Kerusore

F.D. : Parce que vous vivez avec votre tante ?

L.K. : Eh bien, oui. Elle s’appelle Suzy et était mariée au cousin de mon grand-père. C’est donc plutôt une « grande cousine », mais je l’ai toujours surnommée « tantine ». Tous deux se sont occupés de moi comme des grands-parents, du coup, j’en avais trois paires plutôt que deux, ce n’est pas merveilleux ? Malheureusement, il y a huit mois, on m’a contacté pour me dire que ma « tantine » allait très mal et que, ne pouvant plus rester seule chez elle, elle allait être placée en maison de retraite ! J’ai été tellement proche d’elle et de son mari, qu’il était pour moi hors de question de la laisser partir finir sa vie dans un mouroir. Comme j’avais la possibilité et les moyens de la prendre chez moi, je l’ai fait. Depuis, nous vivons donc ensemble et c’est un vrai bonheur ! Tout se passe à merveille, je m’en occupe bien, je joue à la poupée j’allais dire [rires]. Non, je plaisante, mais c’est une très belle aventure.

Capture d’écran 2014-07-07 à 09.27.14F.D. : Ce n’est pas toujours évident cependant…

L.K. : Évidemment, ça peut faire peur d’avoir une personne âgée chez soi. Cependant, grâce à mon histoire, j’aimerais tellement donner aux gens l’idée ou l’envie de tenter le coup. Après, ça fonctionne ou non. Toutefois, quoiqu’il arrive, vous aurez essayé et surtout donné un peu de temps et de chaleur à quelqu’un pendant quelques mois. Peut-être qu’un jour elle n’aura plus toute sa tête et j’aurai, à ce moment-là, besoin d’aide. Mais, pour l’instant ça marche, donc faisons-le. Puis, c’est aussi une vraie joie d’avoir quelqu’un chez soi, de partager. Et si je fais tout ça pour elle, c’est qu’elle a tellement fait pour les autres tout au long de sa vie, et pour moi bien évidemment. Dans la famille, nous avons tous été tellement tristes de ne pas pouvoir aider ma grand-mère paternelle, atteinte, elle, d’Alzheimer. Il était pourtant prévu qu’elle vienne vivre chez mes parents, qu’on s’en occupe, mais cette maladie a rendu tout ça impossible, voire dangereux. Ce que je n’ai du coup pas pu faire pour ma grand-mère, je le fais pour ma « tantine » qui fêtera ses 94 ans en août.

Laurent 3 KerusoreF.D. : Allez-vous célébrer cela comme il se doit ?

L.K. : Une belle fête avec tous mes amis, car elle est très bien entourée. Vous verriez ça. Quand je suis en tournage, il y a les infirmières le matin et les copains qui viennent déjeuner avec elle ou l’emmènent faire une petite promenade. Une vraie chaîne de solidarité s’est mise en place autour d’elle. Alors, quand je vois ma « petite vieille préférée » qui est là, auprès de moi, qui a repris du poids, de l’appétit, qui est heureuse, je me dis que c’est gagné. C’est vrai qu’elle ne pouvait plus rester toute seule chez elle, mais il y avait d’autres solutions avant qu’elle ne parte en maison. Pour le moment, elle est entre de bonnes mains et c’est le principal. Car tout ça incite aussi à se poser des questions sur son propre avenir. Je suis célibataire et sans enfant, le jour où je serai vieux ou malade, qui s’occupera de moi ? Je ne veux pas donner de leçon, car tout le monde n’a pas les moyens, le temps, la place… mais si vous le pouvez, je vous incite du fond du cœur à tenter l’aventure. C’est si gratifiant et ça leur fait tellement de bien.

Caroline Berger

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