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Laurette Fugain : Sa dernière histoire d’amour !

Publié le 19 octobre 2019

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© BESTIMAGE Stéphanie Fugain

Stéphanie Fugain, révèle l’ultime bonheur de Laurette, fauchée par une leucémie à 22 ans, dans un livre intitulé “Derrière la blouse blanche”.

Dix-sept ans ont passé depuis sa disparition, à tout juste 22 ans… Atteinte d’une leucémie, Laurette Fugain a dû à maintes reprises au cours de sa terrible maladie être admise à l’hôpital, luttant avec courage contre son cancer du sang.

Un combat hélas perdu par la ravissante jeune fille en 2002, mais qu’elle a mené quotidiennement aux côtés de ses parents et d’une équipe médicale dévouée et attentive, pleine d’empathie à son égard. Des professionnels de santé, des hommes et des femmes admirables d’abnégation auxquels Stéphanie, sa maman, a voulu rendre hommage dans un livre sorti ce 25 septembre aux éditions Flammarion.

Dans Derrière la blouse blanche, celle qui a créé à la demande de sa fille mourante la fondation Laurette Fugain – une association pour financer la lutte contre les leucémies et les maladies du sang, et pour sensibiliser le public au don du sang, des plaquettes et de moelle osseuse – a interrogé certains de ceux qui travaillent jour et nuit aux côtés des malades en tentant de soulager leurs souffrances.

« En 2002, j’ai passé onze mois à l’hôpital Saint-Louis auprès de ma fille Laurette atteinte de leucémie, écrit-elle dans son ouvrage. Durant cette période, j’ai côtoyé, jour et nuit, des médecins, des professeurs de médecine, des chirurgiens, des infirmières, des aides-soignantes. Même si chacun d’entre nous a connu ou connaîtra l’hôpital un temps plus ou moins de sa vie, son univers reste mystérieux. »

Cette mère de quatre enfants qu’elle a eus avec le célèbre leader du Big Bazar a voulu, en quelque sorte, lever ce mystère et connaître l’âme véritable de ceux qui ont choisi de passer le plus clair de leur temps dans ces lieux de vie et de mort… 

Que ressentent-ils pour leurs patients ? Comment vivent-ils leurs souffrances et celle de leurs familles ? Au travers de quatorze témoignages à cœur ouvert, on apprend à mieux connaître ceux qui, derrière les murs de cet univers effrayant, se battent pour sauver des vies.


Et dans l’un de ces portraits vérité, dressés sous forme d’entretiens à bâtons rompus, on apprend que, grâce à la présence bienveillante et attentive de l’un de ses soignants, Laurette a pu vivre, avant de rendre son dernier souffle, l’émotion d’un ultime bonheur ! Cette révélation, sa maman nous la fait au détour d’une question posée à Nadiège, une infirmière qui s’était occupée de sa fille à l’hôpital Saint-Louis. évoquant l’intimité qui peut parfois se créer entre un malade et son médecin, l’auteur de Tu n’avais peur de rien, publié en 2012 aux éditions Flammarion, demande à son interlocutrice : « Il arrive que les malades s’attachent, qu’ils tombent amoureux de leur soignant. Platoniquement, mais avec de vrais sentiments d’amour. Est-ce que c’est quelque chose qui vous dérange ? »

Et l’infirmière de 52 ans de répondre que ces liens qui se forment sont courants, surtout lors d’hospitalisations longues, comme pour une maladie grave : « Une patiente qui éprouve de l’affection pour son médecin se soignera plus facilement, pour ne pas le décevoir ; elle prendra soin d’elle pour lui plaire, explique la soignante qui exerce depuis trente ans. Le médecin se sert de tout pour qu’un patient reste le plus combatif possible. »

Une attirance d’autant plus compréhensible que le patient est jeune et caresse l’espoir tout naturel de vivre intensément une histoire d’amour… « Je me souviens que Laurette s’était amourachée de son médecin, confirme Stéphanie. Ça lui donnait du peps ! Elle avait envie de le séduire… » D’ailleurs, à l’évocation de ce souvenir, Nadiège ajoute : « C’était charmant, et je voyais bien qu’elle se faisait jolie pour lui. »

On ne se remet sans doute jamais de la mort de son enfant. Le temps qui passe ne peut effacer totalement la douleur… Peu de temps après la disparition de sa chère Laurette, cette maman éplorée a puisé dans la création de sa fondation quelque réconfort, et peut-être aussi un moyen utile de sécher ses larmes. Mais la souffrance, terrible et destructrice, était là et bien là : « Je me suis souvent vue mourir de chagrin, a tout récemment confié Stéphanie Fugain au Figaro. On a des envies suicidaires quand on perd un enfant… »

Dès lors, on peut sans peine imaginer que cet ultime amour éprouvé par sa fille au crépuscule de sa vie a quelque peu réchauffé le cœur de cette maman endeuillée…

Clara MARGAUX

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