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Laury Thilleman : « On a toutes été victimes de harcèlement et de sexisme »

Publié le 7 mars 2018

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INTERVIEW EXCLUSIVE. Le 8 mars, c’est la journée internationale des Droits des Femmes. Pour l’occasion, l’ancienne miss France Laury Thilleman, anime l’émission « Une fois pour toutes : rire contre le sexisme ». Dans une interview exclusive accordée au site de France Dimanche, elle dévoile les raisons de son engagement.

Dénoncer les inégalités entre hommes et femmes par le rire. C’est la mission que s’est fixée Laury Thilleman à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, le 8 mars. Pendant 1h30, Miss France 2011 anime le spectacle humoristique « Une fois pour toutes : Rire contre le sexisme », rediffusé en prime time sur France 4 le soir-même.

Une ribambelle de personnalités y montent sur scène au côté de la jeune femme de 26 ans pour prêter leur voix à cette cause : Anne Roumanoff, Marc-Antoine Lebret, Nagui, Noémie de Lattre ou encore Lucien Jean-Baptiste… Leur seul arme ? Le rire, qu’ils manient à merveille pour tourner en dérision les stéréotypes auxquels les femmes sont confrontées chaque jour.


À l’issue de la diffusion, les dons récoltés pendant le programme seront reversés à l’association « Femmes Solidaires » qui souhaite voir naître « la première génération non sexiste en France ».

Dans une interview exclusive accordée à France Dimanche, l’ancienne Miss France lève le voile sur les raisons de son engagement féministe.

France Dimanche : Pourquoi avez-vous eu envie de vous engager dans ce projet ?

Laury Thilleman : Je suis entourée de clichés qui me suivent depuis pas mal d’années. S’engager en parlant de sexisme sur cette scène de l’égalité, c’est prendre le contre-pied des critiques. C’est "couillu". Et parfois dans ce milieu, il vaut mieux avoir un peu de "couilles" de temps en temps.

F.D. : Avez-vous déjà été témoin ou victime d’abus ?

L.T. : On est tous témoins. Et en tant que femme, on a toutes été victimes de harcèlement ou de sexisme dans notre carrière et dans notre vie de femme.

F.D. : En octobre dernier, vous avez été agressée. Comment les femmes doivent-elles réagir face à ce type de menace ?

L.T. : Pour se protéger, il faut être un peu « mec ». Lorsque cet homme a saisit mon téléphone dans la voiture, je lui ai couru après et je l’ai récupéré. Ma réaction fût d’être en position frontale face à cet agresseur. Je ne dis pas que c’est la meilleure solution car la riposte aurait pu être mortelle… Mais je pense tout de même qu’il faut tenir tête à ses détracteurs et à ses agresseurs. Il faut être une battante, un peu wonder woman et surtout ne pas être dans l’acceptation de ces agressions.

F.D. : Avez-vous un avis sur la position de Catherine Deneuve [qui défend la "liberté d'importuner", indispensable selon elle à la liberté sexuelle, ndlr.] ? Croyez-vous à la guerre des sexes ?

L.T. : Nous ne sommes pas en train de bannir les hommes. Ce sont des comportements et des extrêmes qu’on bannit ! Et ce n’est pas parce qu’on est féministe qu’on est anti-homme. On défend juste nos droits. Et je pense qu’avoir autant d’artistes masculins et féminins sur cette scène, ça dénonce aussi beaucoup de choses. Le fait que les hommes prennent la parole sur ce sujet essentiel montre qu’il n’y a pas que les femmes qui peuvent parler du sexisme et qu’ils doivent aussi assumer leur rôle de donneur de leçon.

F.D. : Avez-vous d’autres projets ?

L.T. : Avec Femme Solidaires, l’idée ce serait d’être un peu plus présentes sur le terrain. On souhaiterait aller dans les maternelles, les primaires et les collèges pour porter ce message d’espoir et peut-être faire naître la première génération non-sexiste en 2019. Il faut leur faire comprendre qu’on n’est pas en train de faire la guerre aux hommes. On souhaite simplement recentrer le débat sur ce qui est normal d’être fait ou pas en société, leur apprendre les codes avec lesquels il faut agir pour un respect mutuel entre hommes et femmes. 

Julia NEUVILLE