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Le Grand Bleu : Ses dix secrets

Publié le 3 juin 2018

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Le 11 mai dernier, le film de Luc Besson Le Grand Bleu a fêté ses 30 ans. L’occasion de se replonger dans cette œuvre devenue culte.

Nommé six fois aux Césars en 1989, ce long-métrage qui mettait en scène, entre autres, Jean-Marc Barr, Jean Reno, Rosanna Arquette et Jean Bouise, a connu un immense succès, faisant découvrir au monde l’univers des apnéistes, au travers de la lutte qui a opposé les deux cadors de la discipline : le Français Jacques Mayol et l’Italien Enzo Maiorca.

Jean-Marc Barr n’a jamais vu le film…

On imagine que lorsqu’un comédien obtient un premier rôle, il rêve de se voir à l’écran !

Pas Jean-Marc Barr.

L’acteur était pourtant bien présent dans la salle de projection, en 1988, lors de la présentation à Cannes du Grand bleu.

Mais il n’était pas dans son état normal… « J’étais complètement bourré», a-t-il en effet expliqué, dans les colonnes du Parisien du 23 avril, ajoutant : «Le seul souvenir que j’ai, c’est qu’il fallait absolument que je trouve des toilettes pour pisser.»

Sept ou huit ans plus tard, il s’est enfin décidé à le visionner.

Verdict : «Je n’ai pas pu le finir. Le film me paraissait trop juvénile», a-t-il dit.

… Et ignorait totalement son succès à sa sortie !

Le film a connu, on le sait, un véritable triomphe dans l’Hexagone, avec plus de 9 millions d’entrées !

Un des plus gros succès du cinéma français !

Mais dans d’autres pays, l’accueil a été moins enthousiaste…

En Suisse, par exemple, ils n’ont été qu’un peu plus de 20 000 à le voir.

Et en Grande-Bretagne non plus, le film n’a pas tellement marché.

Or, c’est justement là-bas que vivait, à l’époque, Jean-Marc Barr.

De ce fait, il a complètement ignoré qu’il venait de tourner dans un blockbuster.

Jacques Mayol ne s’en est jamais remis…

Il a été le premier plongeur du monde à descendre à une profondeur de 105 mètres, sans matériel, en apnée, en 1983, à 56 ans…

Conseiller technique sur le film de Luc Besson, pour lui aussi, la vie a changé après le succès du long-métrage.

«C’était très lourd à porter pour lui, a expliqué Jean-Marc Barr, toujours au Parisien. On parlait de Jacques Mayol et on me voyait moi. Pour lui, c’était insupportable.»

Hélas, à l’âge de 74 ans, en 2001, se disant très seul, Jacques Mayol a choisi de mettre fin à ses jours. C’est une de ses voisines qui l’a retrouvé, pendu, dans sa maison de l’île d’Elbe.

Dans une lettre qu’il avait laissée, il demandait à être incinéré, et à ce que ses cendres soient dispersées en mer…

Ce qui a été fait, au large des eaux qui baignent la Toscane.

Le tournage aurait pu tourner au drame

De prime abord, on aimerait croire que pour un film qui se déroule en grande partie sous l’eau, les mesures de sécurité devaient être optimales.

Et que les comédiens étaient doublés…

Pas du tout ! Besson voulait que ses acteurs expérimentent eux-mêmes le grand bleu !

Jean-Marc Barr a ainsi révélé à notre confrère Le Parisien qu’il était passé très près de la catastrophe !

«On descendait en apnée 15 à 30 fois par jour. Une fois, je me suis accroché avec mon fil au fond… Aujourd’hui, on ne laisse plus prendre de tels risques», a-t‑il révélé.

Et Jean Reno avait tellement pris goût à la plongée qu’il a fait un début de syncope lors du tournage.

Christophe Lambert a dit Non…

Si le beau Jean-Marc Barr semble incarner à la perfection le plongeur Jacques Mayol, ce n’est pas lui qui avait été pressenti par le metteur en scène, qui avait d’abord proposé le rôle à Christophe Lambert.

Mais une otite, lors du baptême de plongée de ce dernier, a réduit à néant les espoirs de Luc Besson.

De plus, le comédien, qui avait joué le rôle de Tarzan dans Greystoke, en 1984, n’avait pas envie de devenir «l’acteur des animaux», comme il l’avait expliqué dans Télé Poche : «Je ne voulais surtout pas être le mec qui fait un film avec des singes, puis des dauphins. Et pourquoi pas des vaches ensuite…»

Une version américaine complètement différente

Les Américains n’ont pas vu les mêmes images que les Européens.

A commencer par la fin.

En effet, en France, durant les dernières secondes du film, Jean-Marc Barr se laisse entraîner dans les profondeurs, dans le sillage d’un dauphin.

Puis l’écran devient noir, et l’on comprend que le plongeur a choisi de ne pas remonter à la surface.

A New York ou Los Angeles, le même comédien suit aussi le dauphin.

Mais tous deux finissent par refaire surface, retrouvent l’air libre et continuent leur vie.

Un happy end qui change considérablement le sens du film…

Luc Besson a failli perdre sa fille…

Le réalisateur a dédié son film à sa fille Juliette, qu’il a eue avec l’actrice Anne Parillaud et qui a presque le même âge que Le grand bleu : 31 ans !

Souffrant d’un problème cardiaque à l’âge de 1 an, juste au moment où le film était présenté – et éreinté – à Cannes, la fillette avait dû subir une lourde opération.

«Je me suis retrouvé à me faire flinguer avec Le grand bleu le 11 mai, et deux jours plus tard, je passais sept heures dans une salle d’attente pour savoir si ma fille allait survivre, être guérie. Le reste n’avait plus vraiment d’importance», avait alors confié Luc Besson à Paris Match.

Une version longue en bonus

Chez nous, Le grand bleu dure 132 minutes, et aux États-Unis, 119…

Mais face à l’immense succès de cette œuvre, Luc Besson en a remonté une nouvelle version de 168 minutes en 1989 !

Non sans un certain humour, le message publicitaire qui accompagnait cette sortie disait : «N’y allez pas, ça dure trois heures !»

Rosanna Arquette n’avait pas sa vraie voix !

Si la ravissante comédienne ne s’aime pas dans le film, c’est à cause de la voix qu’on lui a associée.

En effet, ce n’est pas la sienne !

Comme elle ne parle pas français, c’est Julie Dassin, la sœur du regretté Joe, qui la double… avec un accent américain à couper au couteau !

«J’ai l’air d’une souris, avec la voix de Mickey : “Miiik, miiik, miiik !”», avait confié Rosanna à Corse-Matin en 2012…

Hué au Festival de Cannes !

Après un long tournage de neuf mois, Le grand bleu avait fait l’ouverture de ce prestigieux rendez-vous du septième art.

Et avait été accueilli par des moqueries…

Des gens s’étaient levés de leur siège, tandis que d’autres huaient…

«Ça s’est mal passé dès le début», a confirmé Gilles Jacob, alors délégué général du Festival.

Précisons quand même que certains médias, réputés peu tendres, étaient d’un tout autre avis.

Ainsi, les très difficiles Cahiers du cinéma, avaient écrit : «Luc Besson ne prend pas le risque de vouloir en mettre plein la vue au spectateur. Il préfère varier le bleu […], fabriquant un matelas profond sur lequel le spectateur pourra rêver.»

Les Cahiers ne s’étaient pas trompés, car le public a largement partagé ce rêve.

Laurence PARIS

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