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Le Pape François : Quel homme à femmes !

Publié le 17 octobre 2017

Dans “Politique 
et société”, un livre d’entretiens avec 
le sociologue Dominique Wolton, 
le chef de l’Église catholique, le pape François, apparaît sous un jour
 inattendu…

Le souverain pontife le pape François est-il un homme comme les autres ? On serait tenté de répondre : « Oui, bien sûr, évidemment, pensez-vous, quelle question ! » Tout en formulant a posteriori quelques réticences à l’évocation, le concernant, de questions plus personnelles, plus intimes, plus… charnelles !

Pourtant, il faut bien en convenir, avant de devenir l’évêque de Rome, le 13 mars 2013, et de choisir alors de s’appeler François, Jorge Mario Bergoglio, né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, en Argentine, a fait ses premiers pas dans l’existence comme n’importe lequel d’entre nous : tel un être pétri de désirs et de sensations, sensible aux plaisirs de la chair et aux émois du corps.

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Un homme à femmes ? Vraiment ? Comme vous y allez ! Eh bien oui, même si cela vous semble difficile à croire ! C’est en tout cas ainsi, mais pas seulement, que le pape François se montre dans Politique et société, un livre d’entretiens avec le chercheur Dominique Wolton, publié aux éditions de l’Observatoire.

Un ouvrage qui nous fait découvrir le premier des chrétiens sous un jour entièrement nouveau…

“Petites fiancées”

Car si l’on savait déjà, au gré de ses déclarations, que ce fils d’un immigré italien ne ressemblait en rien à ses prédécesseurs et avait même, parfois, des opinions très ouvertes sur certains faits de société, ce qu’il confie au sociologue qui l’interroge nous donne à voir une personnalité qui, avant de se dévouer au Seigneur, a vécu de belles histoires avec la gent féminine.

À commencer par celle qui lui a donné naissance, mais aussi celles qui l’ont élevé et lui ont tout appris : « Personnellement, je remercie Dieu d’avoir connu de vraies femmes dans ma vie, confie-t-il à Dominique Wolton. Mes deux grands-mères étaient très différentes, mais c’étaient de vraies femmes. C’étaient des mères, elles travaillaient, elles passaient du temps avec leurs petits-enfants… Mais avec toujours cette dimension de la femme. »

Un bel hommage à ces héroïnes du quotidien, dans lequel toutes les vaillantes mamies du monde entier pourront se reconnaître ! Et les mamans alors ? Elles ne comptent pas ? N’ont-elles pas droit à des éloges ? Vous allez voir qu’elles aussi, et surtout la sienne, ne sont pas en reste dans le cœur du Saint Père…

« Et puis il y avait ma mère… Ma mère…, se souvient-il. J’ai vu ma mère souffrante, après son dernier accouchement – il y en a eu cinq –, quand elle a contracté une infection qui l’a laissée sans pouvoir marcher pendant un an. Je l’ai vue souffrir. Et j’ai vu comme elle s’arrangeait pour ne rien gaspiller. »

Admirant celle qui économisait les sous rapportés par son mari, un comptable ne gagnant pas assez d’argent pour joindre les deux bouts, le pape François n’en oublie pas pour autant de célébrer celles avec qui il a grandi, lâchant : « C’est important pour un homme d’avoir des sœurs, très important. » Mais le moment le plus incroyable de cet entretien à cœur ouvert reste cet aveu, qui nous rappelle, une fois encore, qu’avant d’embrasser la foi et d’entrer dans les ordres, le jeune Argentin a très probablement embrasé des cœurs.

« Puis il y a eu les amies de l’adolescence, les “petites fiancées”, déclare celui qui a, depuis longtemps, fait vœu de chasteté. D’être toujours en rapport avec les femmes m’a enrichi. J’ai appris, même à l’âge adulte, qu’elles voient les choses d’une manière différente des hommes. Parce que face à une décision à prendre, face à un problème, il est important d’écouter les deux. »

Celui qui a suivi une formation de technicien en chimie avant d’entrer au séminaire de Villa Devoto, à Buenos Aires, a toujours su s’entourer de femmes d’exception et souhaite leur montrer toute sa reconnaissance. Ainsi tient-il à remercier à titre posthume Esther Ballestrino de Careaga, une personnalité uruguayenne engagée, exécutée durant la dictature argentine en 1977 : « Elle m’a appris à penser la réalité politique. Elle était communiste, explique-t-il. […] C’était une chimiste, chef du département où je travaillais, dans le laboratoire bromatologique. […] Je me rappelle qu’elle m’avait fait lire la condamnation à mort des Rosenberg ! Et m’a donné des livres, tous communistes. […] Je dois tant à cette femme ! »

“Libre”

Autres propos étonnants de la part du souverain pontife qui, pour la première fois, semble décidé à livrer tous ses secrets : le fait qu’il n’ait pas hésité à se faire aider psychologiquement alors qu’il était âgé de 42 ans. Un aveu troublant pour quelqu’un que l’on verrait davantage prôner la confession devant un prêtre.

Et une fois de plus, ce n’est pas vers un homme que Sa Sainteté s’est alors tournée, mais bien vers une femme, qui, de surcroît, n’appartenait pas à l’Église catholique : « J’ai consulté une psychanalyste juive. Pendant six mois, je suis allée chez elle une fois par semaine pour éclaircir certaines choses. Elle a été très bonne, très professionnelle… » Après avoir lu ces quelques extraits des entretiens qu’il a bien voulu donner à Dominique Wolton, vous ne considérerez sans doute plus le pape François de la même manière.

Et il est rassurant de voir le chef de l’Église catholique parler librement de son amour, de son immense respect pour les femmes. Des sentiments qui ne sont en rien contradictoires avec sa foi en Dieu et sa mission sur terre. « Je suis libre. Je me sens libre, affirme d’ailleurs celui qui n’a pas oublié ses origines ni celles qui l’ont fait grandir. Ça ne veut pas dire que je fais ce que je veux, non. Mais je ne me sens pas emprisonné, en cage. En cage ici, au Vatican, oui, mais pas spirituellement. »

Et le pape François d’ajouter, presque avec défi : « Rien ne me fait peur. C’est peut-être de l’inconscience ou de l’immaturité ! »Un exemple à suivre…

Clara Margaux

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