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Le prince Charles : les Anglais n’en veulent plus !

Publié le 24 mai 2018

Le mariage des populaires Harry et Meghan éclipse le prince Charles, un homme à la personnalité de plus en plus controversée…

Le journaliste Tom Bower se frotte les mains : son livre polémique, intitulé Rebel Prince, sorti fin mars en Angleterre, est un succès d’édition dont Charles risque bien de ne pas se relever.

Dans ce brûlot consacré au futur roi, le reporter brosse un portrait au vitriol de l’intéressé, « qui se montre déloyal envers les personnes qui travaillent pour lui. C’est pour cela que j’ai pu recueillir autant de témoignages », affirme Tom Bower.

Pendant les deux ans qu’a duré son enquête, le journaliste affirme s’être entretenu avec une centaine de personnes ayant travaillé directement pour Charles.

Et les propos rapportés font froid dans le dos : égoïste, cynique, dépensier dès lors qu’il s’agit de l’argent des autres, méprisant, l’homme de 69 ans ne penserait qu’à son petit confort et se moquerait comme d’une guigne de ses futurs sujets, tout comme de son entourage.


Tel un roitelet capricieux, il ne se déplacerait jamais sans une armée de 120 domestiques, qui transportent lors de ses nombreux déplacements son bar à apéritifs, sa literie, ses meubles préférés et même son siège de toilettes !

Sans-cœur

Pire : lors du récent anniversaire des 20 ans de la disparition de Diana, en août dernier, des conversations jusqu’alors tenues secrètes entre Charles et son épouse ont été divulguées dans des documentaires de la BBC.

Le prince y apparaît comme un monstre sans cœur, qui, découvrant Harry bébé dans son berceau à la clinique, s’offusque qu’il soit roux. Il aurait quitté la chambre, en éructant : « C’est un garçon, un héritier, donc mon travail est enfin terminé ! », laissant la malheureuse en larmes…

Lors de son accouchement douloureux, la princesse était seule. Charles aurait préféré aller batifoler avec Camilla Parker Bowles, sa maîtresse depuis des années… 

En apprenant cela, William, sous le choc, aurait récemment interdit à Charles de rendre visite à son petit-fils Louis, en guise de représailles ! 

Cette avalanche de révélations désastreuses pour l’image du prince commence à avoir, dans l’opinion, des conséquences politiques graves qui inquiètent jusqu’à la reine en personne.

Un sondage publié en août dernier révèle que seulement 22 % des Britanniques souhaitent que Charles succède à sa mère.

Il nous apprend aussi que les Anglais préféreraient que ses fils, beaucoup plus populaires, lui ravissent le trône…

D’ailleurs, selon un sondage Ipsos, Harry et Elizabeth sont les membres de la famille royale les plus appréciés dans le monde (à égalité à 23 %). 

Et pour ne rien arranger, voilà que l’héritier en première ligne de la Couronne se retrouve mêlé à un nouveau scandale financier.

En cause, ses relations sulfureuses avec Wafic Saïd, un non moins sulfureux financier d’origine syrienne (il est né à Damas en 1939). 

Soupçonné d’avoir fait fortune dans les ventes d’armes, il s’est particulièrement illustré et enrichi dans les années 80 lors de l’accord d’al-Yamamah, un fabuleux marché d’armement conclu entre la Grande-Bretagne et l’Arabie Saoudite.

« L’accord du siècle de 43 milliards de livres sterling », avait alors titré la presse britannique. Au menu, des centaines d’avions de chasse et leurs munitions, des radars, des navires militaires…

Soupçonné de corruption

Mais, qui dit gros contrats, dit corruption.

Après une enquête qui a duré plus de quinze ans, la police britannique a estimé que plus de 6 milliards de livres sterling auraient été détournés en commissions indues.

Au cœur de l’affaire, « le fixeur clé », Wafic Saïd, très proche de Mark Thatcher, fils de Margaret, Premier ministre de l’époque.

Au nom de la raison d’État, l’enquête fut abandonnée sous Tony Blair.

Toujours est-il que Wafic Saïd s’est retrouvé à la tête d’une fortune d’1,5 milliard de livres, a obtenu la nationalité saoudienne et est devenu un homme d’affaires et philanthrope incontournable en Angleterre.

Mieux, il bénéficie de l’immunité diplomatique ! 

Saïd est en effet, depuis 1996, ambassadeur et chef de la délégation de Saint-Vincent-et-les-Grenadines auprès de l’Unesco ainsi qu’auprès du Saint-Siège.

Mystères et miracles de la diplomatie que ces postes honorifiques pour qui possède un compte bien garni. 

En tout cas, M. Wafic se promène en toute impunité en Europe en avion privé, des mallettes bourrées de billets sans que les douaniers ne puissent rien lui reprocher.

En mars dernier, Son Excellence Saïd a fait sensation gare du Nord, à Paris, dans les salons VIP de l’Eurostar.

Alors qu’il allait être contrôlé à la douane, ce curieux diplomate aurait demandé à remplir une « déclaration d’argent liquide ».

Ainsi aurait-il pu embarquer, au nez et à la barbe des gabelous, avec 150 000 euros en cash !

Pour bénéficier de ces privilèges, Wafic n’est pas avare de ses deniers.

Que ce soit l’hôpital St Mary’s de Londres, la Royal Shakespeare Company ou le collège d’Eton, tous voient leurs demandes comblées.

À commencer par la Fondation de bienfaisance de Charles !

Car Wafic sait que s’afficher avec les grands de ce monde vaut toutes les protections.

Aussi, le prince de Galles est-il particulièrement choyé.

Quand l’université d’Oxford a cherché des mécènes pour financer une école de commerce, Saïd a aussitôt proposé d’offrir 70 millions de livres sterling. Ainsi, en 2013, a-t-il pu inaugurer un nouveau bâtiment, le Thatcher Business Education Center, en présence du prince Charles.

La photo a été immédiatement relayée sur le site de sa propre fondation. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Pingre

Évidemment, quelques bonnes âmes se sont étonnées de voir le premier héritier de la Couronne s’afficher avec un tel personnage.

En vain !

D’ailleurs, Charles n’en est pas à son coup d’essai.

L’enquête sur les Paradise Papers a révélé que le duché de Cornouailles, qui gère les fonds privés du prince, avait pris des parts dans une société offshore, enregistrée aux Bermudes, spécialisée dans la vente de crédit carbone.

Une fois l’investissement réalisé, Charles a maintes fois plaidé auprès des instances internationales pour que les forêts vierges soient incluses dans ces crédits.  

Si au moins, Son Altesse manquait d’argent, ce pourrait être un début d’excuse. Mais, la « Banque papa » comme le surnomment les Britanniques, est loin d’être dans le besoin.

Propriétaire de 57 000 hectares en Cornouailles, où il exploite une ferme bio qui vend ses produits estampillés (la couronne et le bouclier du duché) dans tout le royaume, il perçoit un revenu de près de 22 millions d’euros par an.

Mais on n’est jamais trop prudent.

Et Charles est réputé pour être le plus pingre de la famille. 

Bref, jamais, dans l’histoire des Windsor, un membre de la dynastie n’avait tant fait l’unanimité contre lui…

Philippe MARGAUX et Georges BOISGONTIER

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