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Le Puy du Fou : Un spectacle à 19 millions d’euros !

Publié le 8 septembre 2016

Pour raconter la vie de François Athanase Charette de la Contrie, dit  Charette, héros des guerres de Vendée pendant la Révolution, Nicolas de Villiers, nouveau directeur du parc du Puy du Fou, a mis le paquet !

Créé le 2 avril, Le dernier panache, l’histoire de Charette, héros des guerres de Vendée pendant la Révolution, obtient un succès qui dépasse les espérances de ses concepteurs. Nicolas de Villiers, qui a succédé à son père Philippe à la direction du parc du Puy du Fou, a bien voulu nous raconter la genèse de ce spectacle.

Admirateur du personnage principal de son épopée, il a fait sienne sa devise : « Combattu souvent, battu parfois, abattu jamais », pour mener à bien ce projet grandiose.

« Nous ne cherchons pas à donner aux gens ce qu’ils aimeront, nous leur proposons ce qu’ils pourraient aimer. Nous n’avons pas une démarche marketing, mais artistique. C’est ce qui fait la différence avec les autres parcs et explique peut-être aussi que nous accueillions, d’avril à septembre, un public de plus en plus nombreux, d’année en année », analyse Nicolas.

Nicolas de Villiers dans le Bourg 1900 © Jérôme Mars
Nicolas de Villiers dans le Bourg 1900 © Jérôme Mars

Le président du parc, qui est aussi son directeur artistique, est intarissable quand il s’agit d’évoquer son héros : « Officier de marine pour obéir à son père, alors que la mer lui faisait horreur, François Athanase Charette de La Contrie est attachant parce qu’il est humain. Par deux fois, il a rencontré l’Histoire. Il a d’abord participé, avec La Fayette, à la guerre l’indépendance de l’Amérique. Et en 1793, alors qu’il vivait retiré en Bretagne, chez lui, au manoir de Fonteclose, les Vendéens sont venus lui demander son aide, lui qui s’était battu pour la liberté. Il est mort pour une région qui n’était pas la sienne, fusillé le 29 mars 1796, à 33 ans, héros d’une guerre qui a fait des centaines de milliers de victimes. Nous avons voulu lui offrir un spectacle à sa mesure, inspiré du livre de mon père, Philippe, Le roman de Charette, paru en 2012. »

Le dernier panache était un pari risqué. Jamais aucun des spectacles conçus pour le Puy du Fou n’avait réclamé un tel investissement, tant humain que financier. Il a fallu construire un bel écrin pour réaliser ce rêve, le premier en son genre. Le Théâtre des Géants a coûté 19 millions d’euros, la plus grosse somme engagée depuis la création du Puy du Fou en 1978.

Grandiose

Cette salle circulaire, d’une superficie de 7 500 m2, avec une hauteur sous plafond de 20 mètres, accueille 2 400 spectateurs qui prennent place dans les gradins d’une tribune tournante. Un bassin plus grand qu’une piscine olympique a été creusé pour figurer l’océan. Sept fois par jour, les 41 artistes qui doivent savoir danser, jouer la comédie, faire des cascades et monter à cheval, changent de scène et de costume.

Un exploit orchestré par Antoine Besse, celui qui incarne Charette, en alternance avec trois autres comédiens, et que nous avons rencontré dans les décors de ce spectacle grandiose. « Je travaille au Puy du Fou depuis douze ans, explique-t-il. J’ai fait mes premiers pas au milieu des costumes de ma grand-mère, Marie Besse, la doyenne puy­folaise, qui a été la première couturière bénévole, en 1978. Maintenant, à 36 ans, je suis cavalier cascadeur. J’ai toujours voulu faire ce métier. J’ai appris tout ce que je sais dans une école d’équitation internationale du Loiret. Avant Le dernier panache, je me suis occupé du spectacle Les Vikings. »

"L'Hermione", navire sur lequel Charette a combattu pour la liberté et l'indépendance de l'Amérique © Jérôme Mars

Émotion

Avant d’aller prendre soin de ses chevaux, Antoine nous livre des détails sur le déroulement du spectacle, mais aussi sur le fonctionnement de l’énorme machine qu’est devenu Le Puy du Fou. Avec ses deux millions de visiteurs annuels, il s’est vu décerner, en 2012, le prix de premier parc historique du monde : « Tous les dialogues sont préenregistrés, sauf ceux des deux enfants, qui parlent en direct. Certains décors sont générés par 20 vidéoprojecteurs en ultra-haute définition. Chaque année, nous recrutons 1 500 artistes pour nos représentations historiques. Ce sont tous des professionnels. En revanche, pour la Cinéscénie, que nous proposons uniquement le week-end, nous travaillons avec des bénévoles. »

« Le Puy du Fou, nous a dit Nicolas de Villiers avant de prendre congé, c’est un poème, un hymne à la France, un moment de partage et d’émotion. Je suis d’abord français avant d’être vendéen. Mon souhait est de contribuer à faire aimer mon pays. »

Dominique Préhu

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