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Les Italiens veulent nous piquer “la Joconde” !

Publié le 4 mai 2019

L’année du 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci, sa toile est au cœur d’une polémique franco-italienne.

Lucia Borgonzoni, membre du parti d’extrême-droite la Ligue du Nord et ministre de la Culture italienne, ne décolère pas. Elle vient de réclamer la restitution de la Joconde, arguant du fait que Léonard de Vinci est né en Italie. Et sur les réseaux sociaux, cette grande amie de Matteo Salvini, vice-président du conseil des ministres transalpin, est soutenue par de nombreux internautes très remontés : « Que les voleurs français nous rendent toutes les œuvres d’art qu’ils nous ont volées, ces scélérats ! Et en premier, qu’ils nous rendent La Joconde ! »

Une exigence pour le moins abusive, car si ce génie aux multiples talents a fait carrière en Toscane, c’est bien dans notre pays qu’il a fini sa vie.

A l’hiver 1516, lorsqu’il traverse les Alpes, il emporte trois de ses tableaux, dont La Joconde. François Ier devient son mécène officiel et l’installe au château de Cloux, au Clos Lucé, près d’Amboise.

Le roi, devenu très intime avec l’artiste, l’appelle « mon père » et lui verse une pension considérable. Et lorsque trois ans plus tard, en 1519, cet artiste surdoué s’éteint, le monarque déclare : « Il n’y a jamais eu un autre homme né au monde qui en savait autant que Léonard. »

Mais si le souverain a perdu un ami, son royaume a gagné un trésor, la France conservant certaines des plus belles œuvres du maître, dont le portrait de la fameuse Monna Lisa, épouse du marchand de drap florentin Francesco del Giocondo, que le roi achète pour une petite fortune, avant de l’installer au château de Fontainebleau. Plus de deux siècles plus tard, elle deviendra l’une des pièces de choix du musée du Louvre, dès son ouverture, en 1793.

Depuis l’épisode du vol du tableau par un certain Peruggia en 1911, plus personne, de l’autre côté des Alpes, ne semblait vouloir réclamer le retour de la toile, jusqu’à la victoire des Bleus lors de la Coupe du monde de football en Russie, l’été dernier. Les Italiens se sont déchaînés quand le musée du Louvre a salué cette victoire en éditant une réplique de la Joconde, revêtue du maillot arborant les deux étoiles. Les supporters de la Squadra Azzura se sont alors écriés : « Gardez Carla Bruni, rendez-nous Monna Lisa ! »

Aucune chance que cette requête aboutisse. D’abord parce que Carla Bruni compte bien revenir de temps en temps sur sa terre natale. Mais surtout parce que, devenue trop fragile, l’œuvre ne quittera plus Paris : une fissure du panneau en bois de peuplier sur lequel elle a été peinte est en effet apparue, lui interdisant tout voyage.

Reste à espérer que les relations pour le moins orageuses avec notre voisin ne nuiront pas à l’hommage que le Louvre a prévu de consacrer à Léonard pour les 500 ans de sa mort. Car l’Italie devait en théorie prêter plusieurs tableaux pour cette exposition.

Dominique PRÉHU

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