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Les miraculés de la grotte maudite !

Publié le 13 juillet 2018

Après deux semaines de calvaire dans la grotte de Tham Luang, en Thaïlande, les douze enfants et leur entraîneur de 25 ans sont enfin sauvés.

Alors que la France se réjouissait mardi soir d’avoir vaincu les Diables rouges de Belgique lors du match de qualification pour la finale de la Coupe du monde de football, une autre équipe était en passe de remporter une victoire bien plus grande encore…

Un exploit qui a bouleversé le monde entier et que vous avez également suivi avec angoisse : le sauvetage des douze petits footballeurs thaïlandais et de leur entraîneur, prisonniers d’une grotte depuis le 23 juin.

Ce dénouement a d’ailleurs été salué par le milieu de terrain des Bleus, Paul Pogba, par ces mots sur Twitter : « Cette victoire [de la France sur la Belgique, ndlr] va aux héros du jour, bravo les gars, vous êtes tellement forts », au-dessus d’une photo des rescapés.

Si le joueur rend hommage à ces enfants et à leur coach, c’est avant tout pour leur courage, leur esprit de groupe, leur cohésion, leur mental à toute épreuve, autant de qualités humaines que le sportif partage avec ses coéquipiers…

Car il en a fallu de la volonté et de la ténacité pour qu’enfin, au terme de dix-sept jours terribles où leurs vies ne tenaient qu’à un fil, ils s’en sortent indemnes, quoique marqués à tout jamais.

Ce 23 juin, c’est la mère d’un des petits qui, ne voyant pas son fils rentrer après l’entraînement, a donné l’alerte.

Pour une raison encore inconnue, les Sangliers sauvages, nom de leur équipe, se sont retrouvés dans la grotte de Tham Luang devant laquelle ils avaient laissé leurs affaires.

Hélas, en cette période de début de mousson, les pluies torrentielles ont inondé la cavité, obligeant le groupe à s’enfoncer de plus en plus loin, jusqu’à une chambre un peu en hauteur qui leur a permis de rester au sec.

Un refuge si éloigné de la sortie que six heures seront nécessaires aux plongeurs les plus expérimentés pour les atteindre.

A l’annonce de leur disparition, une incroyable chaîne de solidarité internationale s’est formée, mettant en œuvre des moyens colossaux pour tirer d’affaire les petits footballeurs. 

Après avoir tenté de très nombreux forages dans la montagne, un système de pompes a été installé afin d’évacuer l’eau.

De plus, près d’une centaine de plongeurs de diverses nationalités ont uni leurs forces pour parvenir jusqu’aux enfants.

Drame à l’intérieur du drame : après avoir ravitaillé le groupe en oxygène, un ancien membre de la marine thaïlandaise a hélas perdu la vie…

Comment les douze jeunes et leur protecteur ont-ils réussi, tout au long de ces jours et de ces nuits de terreur, à survivre sans céder à la panique ?

En effet, lorsque le lundi 2 juillet, soit neuf jours après avoir été alertés, les sauveteurs parviennent enfin jusqu’aux enfants – à plus de quatre kilomètres de l’entrée de la grotte ! –, ils sont impressionnés par leur sérénité.

La petite troupe semble calme, en bonne santé, riant même aux blagues des hommes venus les secourir.

Cette endurance n’a été possible que grâce à Ekkapol Chantawong, leur entraîneur âgé de 25 ans.

Méditation

Ce dernier, qui a sacrifié sa maigre part de nourriture pour ses protégés, leur a aussi fait pratiquer la méditation de pleine conscience, une discipline qui permet de se concentrer sur le moment présent, notamment en maîtrisant sa respiration.

Cette méthode, le jeune homme la connaît bien pour l’avoir apprise et pratiquée dans un monastère bouddhiste de Mae Sai, en Thaïlande, où il a grandi.

Il se destinait d’ailleurs à devenir moine lui-même, avant de renoncer à son projet pour s’occuper de sa grand-mère malade, et bifurquer vers une carrière de coach.

Ekkapol Chantawong a absolument tenu à s’excuser auprès des familles d’avoir mis leurs enfants en danger : « Merci pour tout le soutien moral. Je demande pardon à tous les parents », a-t-il écrit dans un message confié aux plongeurs venus les sauver.

De même, les douze petits captifs ont pu rassurer leurs proches, ce qu’ils ont fait avec la même étonnante placidité démontrée tout au long de cette éprouvante épopée.

« Ne vous inquiétez pas, papa et maman. Cela fait deux semaines que je suis parti, mais je vais revenir vous aider à la boutique », a ainsi écrit Ekkarat.

« Je vais bien, mais il fait un peu froid ici. Ne vous inquiétez pas pour moi. N’oubliez pas de me préparer une fête d’anniversaire », demande Duangphet.

« Si je sors, s’il vous plaît, emmenez-moi manger du moo krata [plat thaïlandais à base de porc et de légumes, ndlr] », supplie Piphat.

A l’heure où nous écrivons, les enfants et leur coach, évacués par petits groupes, encadrés chacun par deux plongeurs, ont été transportés à l’hôpital de Chiang Rai, à une cinquantaine de kilomètres de Tham Luang, où ils sont toujours en observation.

Tous semblent désormais hors de danger.

Très bientôt, sans doute, ils pourront retrouver le cours normal de leur existence dans le cocon rassurant de leur famille…

Laurence PARIS et Clara MARGAUX

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