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Linda de Suza : “Oh, mon bébé!”

Publié le 31 mars 2014

À Lisbonne, nous avons assisté à la touchante  réconciliation  de la chanteuse et de son fils, qui étaient brouillés depuis vingt ans.

« Maman, tu me manques ! », implorait João Lança, il y a deux ans, dans nos colonnes… Le fils unique de Linda de Suza nous faisait alors part de sa tristesse de ne plus être en contact avec sa mère. « Avec le temps, c’est un manque qui s’installe, une blessure, une douleur », nous confiait-il. Si João, âgé maintenant de 45 ans, regrette de ne plus avoir de nouvelles de sa maman, le public de l’inoubliable artiste aux trois disques d’or a lui aussi de la peine.

Qu’est-elle donc devenue ? Victime d’usurpation d’identité et de détournement de fonds, l’interprète de Tiroli-Tirola est dans le pétrin. « Je n’ai plus rien, vient-elle de nous expliquer, je ne possède plus qu’un chien et une très vieille voiture. » Aussi incroyable que cela puisse paraître, celle dont le nom a été affiché en grandes lettres rouges sur le fronton de l’Olympia ne toucherait quasiment plus aucun revenu !

La raison ? Ses producteurs ne l’auraient jamais déclarée aux caisses de retraite ! Il est loin, le temps où l’ex-femme de ménage remplissait des salles entières, où l’on ne voyait qu’elle à la télévision et où les radios passaient ses chansons en boucle… Nul n’a pu oublier non plus La valise en carton, son autobiographie aux deux millions d’exemplaires vendus rien qu’en France !

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Autant de raisons qui ont poussé Michel Algay, le producteur de la tournée Âge tendre et têtes de bois, à lui laisser une place dans son futur spectacle, Rendez-vous avec les stars, à partir d’octobre 2014. Les quelque 3 000 passagers de la dernière croisière Âge tendre ont ainsi eu la surprise de croiser Linda dans les couloirs du gigantesque MSC Splendida. Une occasion pour elle de goûter à nouveau au plaisir de la scène avant la grande tournée.

Cerise sur le gâteau, le navire, qui appareillait à Marseille, a fait une escale à Lisbonne, où la petite Linda a grandi. C’est avec un plaisir non dissimulé que la chanteuse de 66 ans nous a servi de guide durant une journée entière dans les rues de la capitale portugaise. Mais son plus grand bonheur a été de retrouver, après vingt longues années de silence, ce fils qui reste ce qu’il y a de plus cher à ses yeux.

« Être éloignée ainsi de lui, ça m’a détruite, commente-t-elle. Nous n’étions pas fâchés. C’est juste que l’on nous a montés l’un contre l’autre pour une sombre histoire de gros sous. En fait, je crois qu’on s’est tous les deux fait avoir par la “mafia”… Oui, je dis bien la “mafia” ! » C’est en plein cœur du centre commercial Vasco de Gama, dans le quartier Parque das Nações, où s’est tenue l’Exposition internationale de 1998, que la chanteuse et son fils ont vécu l’un des plus beaux moments de leur vie.

L’émotion est visible sur leurs visages. « Oh, mon bébé ! », lâche Linda de Suza, bouleversée. Installés à la terrasse d’un café, tous deux essaient alors de rattraper le temps perdu. Linda sort les photos dont elle ne se sépare jamais. Celle de João, bien sûr, mais aussi de son petit chien adoré. « C’est dingue, j’ai exactement le même chez moi », s’étonne-t-il. « Et comment vont mes petits-enfants ? », lui demande-t-elle, inquiète. Le fier papa se veut rassurant. Michael et Gabriella se portent à merveille. Le garçon de 21 ans est passionné d’informatique, et son aînée, âgée de 26 ans, est diplômée en psychologie.

« Et sinon, toi, que deviens-tu ? » João tente alors de résumer vingt années en quelques minuscules secondes : « Je vis depuis seize ans à Lisbonne. Je ne peux hélas pas vivre de la chanson, ma véritable passion, répond-il. J’ai donc trouvé un travail alimentaire. Mais je garde espoir. Un jour, je reviendrai sur le devant de la scène. J’ai d’ailleurs écrit il y a un mois une chanson pour un duo qui s’appelle Un pas vers l’autre. Ça doit être prémonitoire. »

Linda aurait bien aimé pouvoir arrêter le temps, mais João doit malheureusement repartir. Malgré cette nouvelle séparation, Linda avoue : « Je me sens en paix. Pour moi, ces retrouvailles, c’est une sorte de renaissance. » Même s’ils savent qu’ils n’attendront plus aussi longtemps avant de se revoir, le moment est déchirant, l’étreinte interminable. « Mon amour ! », lâche-t-elle en guise d’adieu…

Philippe Callewaert

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