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Line Renaud : "Je suis en pleine forme, je n'arrête pas de travailler !"

Publié le 2 octobre 2021

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Notre dernière une la concernant étant un peu trop alarmiste, la grande dame du music-hall a tenu à nous rassurer. Line se porte comme un charme et a voulu le crier haut et fort dans notre magazine…

Mécontente, moins pour elle que pour ses milliers de fans qui se sont inquiétés de la découvrir « lourdement handicapée » à la une de notre magazine n° 3914, l'actrice, qui a soufflé ses 93 bougies le 2 juillet dernier, a tenu à pousser un petit coup de gueule. Bon, coup de gueule qui s'est vite soldé en vrai coup de cœur, tant notre inoubliable demoiselle d'Armentières est délicieuse. Confidences donc d'une femme exceptionnelle qui semble traverser les épreuves avec force et panache, toujours animée par cette même pensée : « Merci la vie ! »


France Dimanche : Comment allez-vous chère Line ?

Line Renaud : Merveilleusement bien. La rééducation a été un lourd travail c'est vrai, qui m'a souvent découragée car ça n'allait pas assez vite à mon goût. Un gros boulot donc, que j'ai réussi, et qui fait qu'aujourd'hui je suis en pleine forme ! Tout va bien. Et puis, elle est peut-être un peu moins jolie qu'avant, mais j'ai même retrouvé ma signature. Je signe à nouveau des autographes et tous les papiers administratifs. Je me suis sortie de ce pépin avec une grande chance. Un grand travail aussi, et en restant toujours positive, toujours. C'est mon caractère positif qui m'a sauvée.

FD : Où puisez-vous ce formidable optimisme dont vous semblez ne jamais vous départir ?

LR : C'est mon immense chance. Il y a ceux qui voient toujours le mal, moi je vois le bien. Avoir une année de plus n'a, par exemple, jamais été un problème pour moi. Je ne considère pas ça comme quelque chose en moins, mais comme du bonheur gagné ! Je vois tout de manière positive, donc ça me détruit quand, dans ma positivité, on m'amène du négatif.

FD : Physiquement, vous avez donc tout bien récupéré ?

LR : Parfaitement. Voyez-vous là, je suis en train de prendre mon petit-déjeuner de la main droite et de la main gauche, et les deux fonctionnent sans problème. Donc, s'il vous plaît, rassurez les milliers de gens qui s'inquiètent pour moi, qui m'écrivent ou m'appellent, complètement affolés. Tout va très bien.

FD : Avez-vous tout de même eu peur lors de votre AVC ?

LR : Oh oui, j'ai eu peur ! J'aurais normalement dû rentrer bien plus tôt chez moi. Néanmoins, lorsque j'ai fait l'AVC, je me suis broyé la cheville et il aurait fallu m'opérer. Mais, on n'opère pas quelqu'un qui vient d'avoir ce genre d'accident. Voilà pourquoi j'ai dû rester cinq mois à l'hôpital, pour attendre que ma cheville, remise en place sans opération par les médecins, se rééduque correctement. Et j'ai tellement travaillé, que lire « lourdement handicapée » m'a profondément blessée !

FD : Craignez-vous aujourd'hui une éventuelle récidive ?

LR : Ce n'est pas au point de m'angoisser, mais j'y pense, je me renseigne. Est-ce qu'on peut en faire deux ? Oui, je sais que ça peut arriver. Mais, ça ne me hante pas. Et je ne suis même pas particulièrement suivie.

FD : Sinon, comment avez-vous vécu cette période bien compliquée que nous venons tous de traverser ?

LR : Oh, c'est terrible. Pour ma part, je suis vaccinée depuis le tout début. À Rueil-Malmaison, dès qu'il a été possible de le faire, surtout pour les personnes âgées, personne n'y allait. Alors, le maire, Patrick Ollier, m'a appelée pour me demander d'y aller, histoire de montrer un peu l'exemple, et les petits vieux ont tous suivi… J'ai beaucoup d'énergie, du bonheur plein le cœur, une vraie joie de vivre. Et l'immense chance aussi d'être au milieu de la nature… Je ne me lasse pas d'observer les centaines de perruches filer le matin vers le nord, et les voir revenir au soir. C'est si beau.

FD : Prenez-vous toujours autant de plaisir à travailler ?

LR : Oh mais tellement ! Et vous imaginez bien que si j'avais été lourdement handicapée, jamais je n'aurais pu faire tout ce que je viens de faire… Depuis mon AVC, j'ai fait Meurtres dans les trois vallées et Le Squat, deux téléfilms d'Emmanuel Rigaut qui devraient sortir prochainement ; et aussi le film Une belle course de Christian Carion avec Dany Boon… Je n'ai pas arrêté de travailler ! Mais je n'imagine pas la vie sans travail. J'ai la chance d'être quelque peu hyperactive, c'est dans mes gênes.

FD : Vous qui avez réalisé tant de choses durant votre vie… Avez-vous encore un rêve ?

LR : Oh, je n'en sais rien… J'ai fait tellement de choses, en effet. Mon seul souhait est que ça continue ! Il y a toujours des premières fois, alors je me souhaite encore plein de premières fois.

FD : Nourrissez-vous des regrets ?

LR : Oui, de ne pas avoir eu d'enfant… C'est le grand regret de ma vie, celui que je nourris constamment. Ça, c'est un vrai ratage. Dans une seconde vie, j'aurais un orphelinat !

FD : Marraine de plusieurs associations, vous êtes aussi une femme de combat…

LR : Le combat de ma vie, celui auquel je resterai fidèle jusqu'à la fin, c'est le Sidaction, et les choses sont encore loin d'être terminées. Nous n'avons toujours pas de vaccin, et faisons face à un virus mutant et imprévisible. Mais cela ne m'empêche pas de me battre aussi pour le droit de mourir dans la dignité, lutte pour laquelle on arrivera peut-être plus vite à obtenir une loi. Il est absolument inutile et surtout inhumain de s'acharner, quand on sait qu'il n'y aura plus jamais de qualité de vie décente. Et on est quasiment le seul pays européen à ne pas le faire. Pourquoi laisser trois semaines de souffrance supplémentaires, lorsque les gens sont pliés en deux de douleur et que les médecins assurent qu'il ne leur en reste plus pour longtemps ? Si vous saviez les centaines de lettres que je reçois, de tous ces gens qui désirent mourir dans la dignité… Mais on va y arriver !

FD : À l'heure où nous nous parlons, il est midi, et vous petit-déjeunez… Vous êtes donc une lève-tard ?

LR : Oh, ce sont les restes de mes années de music-hall, où je ne me couchais jamais avant 4 ou 5 heures du matin. Donc, aujourd'hui encore, lorsque je n'ai pas d'obligation le matin, j'adore traîner au lit. Je profite, aux côtés de mon chien Pirate. C'est un king-charles de 7 ans, mon grand amour. J'ai l'impression qu'il comprend tout ce que je lui raconte. Lorsque le soir, on va se coucher, on passe devant un grand portrait de Loulou. Je lui dis : « Pirate, dis bonsoir à Loulou ! » Alors, il fixe Loulou et aboie. Ou je lui dis : « Pirate, prie ! » Ainsi, il met ses deux pattes avant sur une chaise et penche sa petite tête en avant. Il est trop drôle.

FD : Et dites-nous un petit mot au sujet de Jean-Paul Belmondo qui vient de nous quitter. Vous le connaissiez bien ?

LR : Nous n'étions pas intimes, mais oui, je le connaissais très bien. Il était exactement dans la vie comme à l'écran. Du coup, nous n'avions jamais l'impression qu'il jouait la comédie, il était comme ça. On s'entendait bien tous les deux, car on avait la même joie de vivre ! La vie, c'est le bonheur. On a tous des coups durs, bien sûr, mais il faut les surmonter, ne pas baisser les bras tout de suite. Voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide. Ou mieux… carrément plein ! Il n'y a rien de plus beau que la vie, elle vaut la peine d'être vécue.

FD : Quels sont vos prochains projets ?

LR : Un nouveau film avec Dany Boon. Dany, il est comme mon fils, vous savez. Si vous voyez les textos d'amour qu'il m'envoie. Il est l'enfant que je n'ai pas eu, tout comme ma Mu (Muriel Robin) et Claude (Chirac). Je suis bien entourée et tellement heureuse.

FD : Avez-vous l'impression d'avoir 93 ans ?

LR : Oh, pas du tout ! Et surtout, j'ai toute ma tête. Quand, parfois, je vois des gens bien fatigués et que j'apprends qu'ils ont seulement 78 ans, je me dis : « Mon Dieu, quelle chance j'ai ! Merci, merci, merci la vie ! »

Caroline BERGER

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