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Line Renaud : Trahie par un criminel de guerre

Publié le 2 juillet 2010

En acceptant de siéger au conseil d'administration d'une fondation franco-japonaise, Line Renaud est tombée dans un piège. Le fondateur, M. Sasakawa, avait été emprisonné par les troupes alliées !

Pouvait-elle prévoir ou même imaginer, ne serait-ce qu'une seconde, pareille infamie ? Pauvre Line Renaud ! Alors qu'elle célèbre ses 82 printemps, ce 2 juillet, l'inoubliable interprète de Ma cabane au Canada vient d'apprendre une terrible nouvelle.

Elle, si droite, généreuse. Elle qui aura passé sa vie à se mettre au service des autres. De la mort de son mari Loulou Gasté, en 1995, à la disparition d'amis emportés par le sida, l'actrice a déjà bien trop souvent eu l'occasion d'éprouver la cruauté du sort.

Mais si, forte de son expérience, elle pensait avoir tout vécu, la malheureuse se trompait. Car la voilà aujourd'hui mêlée à un scandale, trahie par un magnat nippon soupçonné d'être un criminel de guerre ! Que s'est-il passé ? Comment le nom de la talentueuse comédienne se retrouve-t-il soudainement accolé à celui d'un être qui a commis tant de monstruosités ?

->Voir aussi - Line Renaud : Immortalisée de son vivant !

Leur collaboration, initiée dans les années 1990, s'annonçait pourtant saine et des plus prometteuses... Parmi les multiples associations et bonnes œuvres pour lesquelles l'ex-meneuse de revue ne ménage pas son temps, l'on trouve la Fondation franco-japonaise Sasakawa (FFJS). Un organisme privé dont le but est de subventionner de nombreuses institutions renommées, telles que le Théâtre du Châtelet ou encore l'Institut Pasteur et, ainsi, « développer les relations culturelles et d'amitié entre la France et le Japon ».

Fasciste

Siégeant au conseil d'administration, Line Renaud n'imaginait néanmoins pas un instant que le créateur de cette fondation n'était autre qu'un individu de la pire espèce ! En effet, Ryôichi Sasakawa, qui semblait si impliqué et désireux d'établir de bonnes relations entre les peuples, est aujourd'hui accusé des pires atrocités.

Comme le révèle en effet dans ses colonnes Le Nouvel Observateur, l'argent de ce mécène aurait bien une odeur : celle de la mort ! La mort d'hommes massacrés par sa milice privée pendant la guerre sino-japonaise.

Figure emblématique du fascisme nippon, Ryôichi Sasakawa a été arrêté en décembre 1945 par les troupes du général MacArthur, avant d'être emprisonné comme criminel de guerre de classe A (la plus haute), sous le matricule 212, à la prison de Sugamo, au nord de Tokyo.

« Le sujet est un nationaliste violent et un personnage important dans les premiers coups d'État militaires durant les années 1930 », a indiqué MacArthur dans le dossier d'instruction de 1945. On le soupçonnait également d'avoir accumulé un trésor de guerre dans la Chine occupée, avec le soutien de la mafia japonaise.

Sulfureux

Et les conclusions de ses accusateurs sont sans équivoque : « Sasakawa est clairement l'un des pires criminels ! » Par la suite, cet homme n'hésitera pas à revendiquer ses actes odieux dans ses mémoires. Proche de Mussolini, il a même déclaré, un jour, dans le magazine Business Week : « Malheureusement, je n'ai pas eu le temps de rencontrer Hitler !»

Même si, peu avant sa mort, survenue en 1995, il s'est employé à faire oublier ses années noires - notamment en créant des fondations dans le monde entier -, ce passé sulfureux revient aujourd'hui à la surface.

Quant à notre chère Line Renaud, on imagine à quel point elle doit, aujourd'hui, s'en vouloir d'avoir été si naïve.

Laura Valmont

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