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Lolo Ferrari : Malaise autour de sa sépulture

Publié le 26 avril 2020

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© BESTIMAGE Lolo Ferrari

Il y a vingt ans, Ève Valois, alias Lolo Ferrari, succombait à une surdose médicamenteuse. À Grasse, où elle repose, elle est toujours considérée comme persona non grata…

Le 5 mars 2000, Ève Valois, dite « Lolo Ferrari », est retrouvée morte dans son lit, dans sa maison des Alpes-Maritimes, à Grasse. Elle n’avait que 37 ans… Triste fin pour une bimbo excessive qui avait bâti sa gloire sur des attributs mammaires démesurés. Sa dernière soirée, Lolo l’a passée avec son ex-amant, un policier monégasque, dans un restaurant échangiste où elle ne s’est pas prêtée au libertinage ambiant, se sentant légèrement malade. Il est 23 heures quand son chevalier servant la dépose chez elle, où l’attend son conjoint, Éric Vigne, dont c’est l’anniversaire… Que s’est-il passé ensuite ? Mystère…

Ce n’est qu’à 14 h 55 le lendemain que le mari trompé informe la police de sa bien macabre découverte, révélant avoir trouvé le corps de sa femme sans vie enseveli sous les draps. Homicide ou suicide ? Les enquêteurs privilégient d’entrée la seconde hypothèse, en se basant que le rapport de l’autopsie. Celui-ci atteste d’une « très sévère intoxication médicamenteuse », ayant entraîné un coma, puis des complications respiratoires et cardio-vasculaires fatales. Lolo, créature fragile, était d’ailleurs décrite par ses proches comme très dépressive. Mais il y a un os : la jeune femme avait pour habitude de faire part de son mal-être dans des lettres adressées à ses parents et n’a laissé aucun mot d’adieu pour expliquer son geste…

Trois longs mois plus tard, coup de théâtre ! Alors que l’enquête patine, Éric Vigne révèle aux policiers que c’était lui qui administrait à son épouse sa dose quotidienne de tranquillisants, de peur qu’elle n’en absorbe plus que de raison. Voilà donc pourquoi aucune boîte de médicaments n’a été retrouvée auprès du corps puisqu’il prenait soin de les cacher… Le veuf, qui s’appuyait sur le Vidal, le dictionnaire médical, pour calculer sa distribution d’antidépresseurs, semble plus que jamais suspect…

Ève, jeune fille de bonne famille un brin paumée, avait fait sa connaissance dans une boîte de nuit de La Baule. Elle n’a que 23 ans lorsqu’elle rencontre celui qui va devenir son compagnon et manager. De vingt-six ans son aîné, l’homme vivote en important des voitures allemandes en France. Il a été aussi chauffeur de taxi, prof de philo… Elle est jolie malgré quelques imperfections et ne s’est pas encore dotée de cette énorme poitrine qui fera sa renommée. Mais Éric Vigne flaire le potentiel de cette blonde peroxydée qui aime tant se montrer.


Un mariage, en 1988, et une vingtaine d’opérations de chirurgie esthétiques plus tard, Ève s’est muée en Lolo Ferrari, une « bête de foire » selon l’expression des médias. Selon un planning très chargé imposé par son époux, elle se produit de discothèque en discothèque en France, en Allemagne, ou en Belgique, avec un show très explicite où sa poitrine tient la vedette, quand elle ne monnaie pas ses charmes dans l’intimité à des messieurs attirés par ses imposants « lolos ». Mais ce 130 F de tour de poitrine, dû à des implants de trois kilos par sein, lui inflige un véritable calvaire, dont le port d’un soutien-gorge jour et nuit.

Lasse d’être moquée, le sex-symbol de pacotille a le mal de vivre et tente d’en finir plusieurs fois. Des tentatives de suicide dont elle réchappe parfois miraculeusement…

Vingt ans après, l’énigme autour de sa disparition demeure intacte. Et à Grasse, où est enterrée la starlette, le malaise est toujours palpable, comme le révèle une longue enquête de M, le magazine du Monde sur place. Ici, on a fait le choix de l’oublier. Au point qu’il est difficile de savoir où se trouve sa sépulture. La commune, dotée de pas moins de neuf cimetières, préfère occulter cette morte à la célébrité bien encombrante.

Interrogé à son sujet, le responsable du service cimetières de la municipalité n’est guère coopératif : « Lolo Ferrari, tout le monde s’en fout aujourd’hui », lâche-t-il exaspéré, tout en donnant au journaliste une consigne claire : « Si vous pouviez éviter d’écrire dans votre article qu’elle est enterrée ici, pour l’image de la ville… »

C’est au cimetière des Roumiguières qu’un agent finit par vendre la mèche. Oui, car c’est bien ici, sous une dalle sans nom ni date, que gît la bimbo « au milieu de dizaines d’enfeus, ces tombeaux hors sol, typiques du sud de la France », comme le précise Le Monde. Si Lolo Ferrari n’a pas été incinérée, comme elle l’aurait souhaité, à en croire son mari, c’est que la justice s’y est opposée durant les sept ans d’investigations au cours desquels la police a tenté de percer le mystère de sa mort…

Aujourd’hui, Éric Vigne vit reclus dans la maison du drame, dans un quartier paisible de Grasse, où les mœurs débridées du couple n’avaient pas manqué d’offusquer ses voisins. Ceux qui disposaient d’une vue plongeante sur leur jardin n’étaient pas déçus car s’y déroulaient souvent, à l’abri d’une simple bâche, des tournages de films très spéciaux. Entre deux prises, Lolo s’y pavanait en string, faisant prendre l’air à son incroyable poitrine… Quant à Éric Vigne, il n’était pas rare de le croiser habillé en femme dans les rues avoisinantes.

Ambiance ! Mis en examen pour homicide volontaire, en février 2002, il est écroué suite à une expertise selon laquelle « rien ne permet d’éliminer une cause mécanique extérieure par suffocation ». La surdose médicamenteuse aurait entraîné le coma, mais pas la mort. L’on a donc très bien pu étouffer la malheureuse pendant son sommeil ! Une thèse qui fait d’Éric Vigne, seul avec la victime cette nuit-là, le coupable idéal. Mais, en 2007, coup de théâtre : l’imprésario ressort blanchi par un non-lieu. Maintenant, l’intrigant manager ne réclame qu’une chose : le droit à l’oubli.

Valérie EDMOND

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