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Louis Bodin : Le cauchemar de l’animateur de “Dropped”

Publié le 1 avril 2015

  Non seulement Louis Bodin a perdu des compagnons qu’il avait appris à apprécier mais il se fait aujourd’hui traiter de marchand de mort ! � Trop c’est trop � !

Il se demande encore ce qu’il est venu faire dans ce décor de guerre pour témoigner du drame de Dropped au journal télévisé de TF1… Depuis son duplex en Argentine devant les carcasses calcinées des hélicoptères au lendemain de la tragédie qui a coûté la vie à dix personnes, Louis Bodin est vilipendé de toutes parts.

Cependant, l’ingénieur-météorologue est le premier à le reconnaître sur RTL : « Je comprends que la mise en scène ait choqué. Je ne souhaitais pas aller sur les lieux du crash. » Mal à l’aise, il a également ajouté en guise d’explication : « Je pensais qu’on n’arriverait pas à temps pour faire le direct. Sur place, je m’aperçois que j’arrive sur la zone du crash. Je cours me mettre en place et je me retrouve devant la scène que je ne voulais pas voir. Je pensais à ce que j’allais dire. Je n’ai pas voulu voir ce qu’il y avait derrière. »

Accablé de peine et de remords, il veut se souvenir qu’il avait surtout « envie de témoigner, parce que cette équipe a été décimée. C’est un concours de circonstances très malheureux que je regrette. » On le voit d’ailleurs, sur les images, choqué et hagard. L’urgence d’informer en direct sur un événement aussi atroce peut parfois conduire à ce genre de malheureux dérapages.

Mais cela ne fait pas pour autant du journal télévisé de TF1 « une émission de télé-réalité », comme l’a récemment écrit Guy Carlier dans Télé 2 semaines. Selon le journaliste, le M. Météo de la télé et de la radio aurait même signé son suicide médiatique !

C’est pourtant lui, l’ancien chroniqueur de Marc-Olivier Fogiel, qui, en préambule à son papier, écrit : « Il faut se méfier de nos a priori. » Un rien donneur de leçons, Carlier signe un texte dans lequel il tire à boulets rouges sur un collègue déjà à terre.

C’est même avec une plume assassine que l’humoriste dépeint ce qu’il imagine être le triste sort de Louis Bodin, titrant son article : « Mort d’un commis voyageur ». Mais n’est pas Arthur Miller qui veut… Plus véhément que jamais, l’ex-mari de Joséphine Dard ajoute : « Ce jeu, c’est la chance de sa vie […] Ce devait être son moment de gloire ».

Le traitant de « victime collatérale », Guy Carlier ne songe pas un instant qu’il s’agit d’abord d’un homme en deuil qui a perdu des compagnons de route et des jeunes gens qu’il a appris à connaître en partageant avec eux cette aventure. Sans parler de Florence Arthaud qui était son amie depuis 1990 et sa Route du Rhum victorieuse au cours de laquelle il avait été son routeur météo attitré.

Indigne

Peut-on vraiment tout ramener à ce que l’inquisiteur du Paf décrit comme la « télé vautour » ? Certes, en présentant un jeu qui devait être diffusé en prime time tout l’été, Louis Bodin aurait eu beaucoup à gagner : reconnaissance, notoriété et argent. Mais est-ce une raison pour imaginer, avec une ironie déplacée, que le présentateur aurait, la veille de son départ au bout du monde, interpellé sa femme en lui disant : « Bon, je pars en Argentine, tu peux faire les agences pour la petite maison dans les Cévennes » ?

Même dans les colonnes des journaux de télévision, il n’est pas toujours bon de pratiquer l’humour. Péremptoire, le chroniqueur acerbe conclut qu’avec ce funeste duplex, ce fils d’un officier de l’armée de l’air a « accepté l’indigne » et avance même que Bodin était : « aussi triste de la mort de l’émission que de celles des humains » !

Louis Bodin pull noirDifficile à croire ! À voir les traits tirés et la mine défaite de ce dernier, soutenu par sa femme Claire, alors qu’il rejoint un taxi, après s’être séparé à regret de ses amis de la production, à leur arrivée à l’aéroport de Roissy, on sent bien que le présentateur de 57 ans est encore marqué par ce drame humain et qu’il n’est pas près de s’en remettre.

Dès lors, nul besoin non plus d’en rajouter sur les plateaux télé, comme a pu le faire notamment Harry Roselmack. S’il a commencé par expliquer que Louis Bodin était un ami, le journaliste n’a pas manqué d’ajouter qu’à sa place, il n’aurait pas témoigné devant les carcasses calcinées des hélicoptères.

Plus facile à affirmer lorsqu’on est bien au chaud dans un studio plutôt que dans l’urgence et en état de choc à l’autre bout du monde. Quant à Guy Carlier, confortablement installé dans sa maison de Vézelay, il a beau jeu, derrière son clavier, de faire la pluie et le beau temps avec un animateur télé endeuillé.

Espérons que Louis Bodin saura laisser passer l’orage et revenir sur nos écrans à la prochaine éclaircie…

Pierre-Antoine Brionne

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