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Loup-Denis Élion : Malade sans son portable !

Publié le 16 décembre 2018

Loup-Denis Élion, le partenaire d’Audrey Lamy dans “Scènes de ménages”, sur M6, est touché par la nomophobie.

En quelques mois, il est devenu l’un des chouchous du public, avec son rôle de Cédric dans la série qui fait un carton sur M6, Scènes de ménages, au côté de la formidable Audrey Lamy, « sœur de », ayant comme lui conquis le cœur des téléspectateurs. Loup-Denis Élion et sa partenaire y jouaient un duo de trentenaires très attachants. Mais soudain, en juin 2017, après quelque 4 500 sketches, les deux comédiens ont décidé de mettre un terme à cette magnifique aventure, au grand dam de leurs fans.

Selon l’acteur, qui s’était confié dans l’émission Touche pas à mon poste ! en septembre 2018, les raisons de ce départ étaient professionnelles : « Avec Audrey, ça faisait dix ans quasiment qu’on était dessus. On commençait à sentir qu’on avait un peu moins d’inspiration sur nos personnages. […] On s’est dit aussi que c’est toujours bon pour un artiste de sortir du confort et de prendre des risques. Une série très populaire, ça peut un peu enfermer… » Mais aujourd’hui, il est presque certain que le comédien se savait déjà atteint par le mal qui le ronge : la nomophobie !

Il a d’ailleurs lui-même révélé souffrir de ce fléau qui fait des ravages dans le monde, provoquant des états de stress terribles ! Ainsi, le 12 novembre, Loup-Denis a publié sur son compte Twitter deux saynètes montrant combien il est touché par cette phobie qui l’empêche littéralement de vivre !


« Mon portable m’a lâché vendredi soir, après la représentation d’Alors on s’aime ! [qu’il joue actuellement au Théâtre des Variétés, à Paris, aux côtés de Corinne Touzet et Daniel Russo, ndlr], explique-t-il. J’ai voulu aller chercher ma voiture qui est garée sous le théâtre. » Mais une fois arrivé à la sortie du parking, Loup-Denis découvre qu’il ne peut pas soulever la barrière… « Pour ouvrir la grille, il me faut mon portable, parce que ça marche par Bluetooth. » Le voilà donc obligé de retourner se garer au sous-sol et de sortir par l’issue réservée aux piétons.

Le comédien devait ensuite se rendre « à une fête de fin de tournage » du film Les Chicoufs. Mais impossible pour lui d’appeler une société de VTC. Il parvient cependant à arrêter un taxi, mais ne se souvenant pas de l’adresse à laquelle il est attendu, adresse qui se trouvait bien sûr dans son téléphone, l’acteur se rend dans le quartier où se déroule la soirée, sans jamais frapper à la bonne porte.

Il envisage alors de regagner ses pénates, avant de renoncer à cette idée. « Je me suis dit : “Je ne peux pas rentrer chez moi parce que j’habite très, très loin dans les Yvelines, mais heureusement, j’ai un petit bureau à Montreuil [en banlieue parisienne, ndlr].” » Et au moment de se coucher, Loup-Denis réalise : « Mais demain, je bosse ! Comment je fais pour me lever ? » Car c’est bien sûr son portable qui lui sert de réveil ! Pour ne rien arranger, alors que le sommeil commençait à le gagner, une alarme de voiture se déclenchant toutes les vingt minutes l’empêche de fermer l’œil. « Donc là, tu t’angoisses, dit-il, tu te dis : “Si t’es fatigué tu ne vas pas te réveiller pour aller bosser”… et tu ne sais plus quoi faire. »

Si le comédien surjoue son stress, ajoutant que cette situation lui fait « trop d’émotions », on sent bien qu’au fond, il est vraiment perdu sans son téléphone. Et quand, le lendemain, il va le faire réparer, l’employé lui dit : « On vous appelle quand il est prêt. » « Mais vous m’appelez sur quoi, puisque c’est vous qui avez mon portable ? » répond-il. Il achète donc un autre appareil, « 120 balles pour une merde », ce qui lui permet quand même d’aller récupérer sa voiture, toujours garée sous le parking du théâtre ! Une fois enfin rentré chez lui, à la campagne, le malheureux découvre qu’il vient de se brosser les dents… avec une coccinelle dans la bouche ! « Ce que je ne savais pas, c’est que les coccinelles, quand on les croque, c’est pas bon au goût ! » Du coup, incapable de vérifier sur son portable si le fait d’avaler ce genre d’insecte peut être toxique, il conclut, en faisant mine de pleurer : « Tout ça à cause de mon portable de merde, on est trop dépendant ! »

Et c’est cette dépendance que l’on appelle nomophobie, un mot fabriqué avec les premières syllabes anglaises de no mobile phone, auxquelles on a ajouté phobia. Tant de gens sont aujourd’hui connectés 24 heures sur 24 et ont leur vie intégralement organisée par ce petit appareil que sa privation entraîne de sérieux troubles. Cela va de l’angoisse de ne plus avoir de batterie à celle de ne pas trouver son chemin ou de ne plus pouvoir être lié à ses proches… Sans oublier tous ces gestes devenus automatiques, que l’on accomplit sans y penser, comme regarder l’heure, payer dans les boutiques, prendre le train, consulter son compte en banque, déclarer ses impôts, allumer et éteindre l’alarme de sa maison, le chauffage, etc.

Si Loup-Denis Élion raconte avec humour ses mésaventures, il n’en reste pas moins que le stress provoqué par la nomophobie est tout ce qu’il y a de plus réel. Et l’on sait à quel point il peut être néfaste pour la santé ! Espérons que le comédien, qui joue un docteur dans Alors on s’aime !, saura se soigner et décrocher, non pas son téléphone, mais de son téléphone. Et que chacun pourra peu à peu se réapproprier son existence, en évitant quand même de manger trop de coccinelles. Car oui, Loup-Denis, on a vérifié sur nos portables à France Dimanche : ces insectes secrètent des alcaloïdes, une substance toxique pour les vertébrés que nous sommes.

Mais rassurez-vous, il n’y a pas de quoi devenir entomophobe (phobique des insectes)…

Laurence PARIS

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