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Lucie Bernardoni : “Avec Grégory Lemarchal, on s'était fait une promesse !”

Publié le 14 novembre 2020

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Pour la sortie de l'album “Restons amis”, Lucie Bernardoni, la finaliste de la “Star Ac' 4”, revient sur cette rencontre qui a changé sa vie avec Grégory Lemarchal…

Depuis leur inoubliable aventure au château de Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), seize années ont passé mais leur amitié n'a pas pris une ride. Et il suffit d'écouter la joie qui émane de leur album Restons amis – dont les bénéfices seront reversés à l'association Grégory Lemarchal – pour en être convaincu. Des retrouvailles pour leur pote disparu bien trop tôt et des chansons pour continuer son combat contre la mucoviscidose. Des reprises et un titre inédit, La Marelle, écrit par Lucie et qui évoque ce magnifique lien qui, malgré la disparition d'un des leurs, n'a jamais cessé d'exister. Une occasion pour la pétillante chanteuse de 33 ans de se confier sur la Star Academy, les copains, Greg bien sûr, mais aussi sa vie aujourd'hui, la maladie génétique dont elle souffre, son mariage avec un ancien de la Star Ac'


France Dimanche : Comment se sont passées ces retrouvailles avec vos copains de la Star Ac' ?

Lucie Bernardoni : Merveilleusement bien ! Pour la plupart, on se voit assez souvent, mais là ça faisait seize ans qu'on n'avait pas passé quatre jours tous ensemble, à chanter et à se marrer. Comme à l'époque. On a évidemment pris un peu d'âge – enfin, surtout les autres [Rires] – mais sinon rien n'a bougé. Tous là pour l'association de Greg. On avait vraiment l'impression qu'il était parmi nous. En nous écoutant chanter La Marelle, ses parents ont d'ailleurs eu ce même sentiment. C'était un moment hors du temps.

FD : C'est Grégory qui vous a tous soudés à ce point ?

LB : Bien sûr ! On a vécu une aventure si forte à ses côtés. Dans le château, on s'était fait la promesse de se retrouver tous les dix ans. Alors, on était là en 2014, on sera là en 2024, et ainsi de suite. Le départ de Greg, en 2007, avait fini de sceller ce lien très fort qui nous unissait. De ce jour, on s'était aussi juré d'être toujours là pour l'association, coûte que coûte et qu'importe où l'on vive dans le monde. Plus qu'une bande d'amis, on est comme frères et sœurs. Pour nos enfants respectifs, on est d'ailleurs « tata » et « tonton ». Notre amitié est sincère et indéfectible.

FD : Vous faites bien de le dire, car certains n'ont pas manqué d'insinuer l'inverse…

LB : Vous savez, si on fait quelque chose, on nous reproche de le faire ; si on ne fait rien, on nous le reproche aussi ! On nous a en effet soupçonnés de faire ça pour se mettre en lumière, pour gagner de l'argent… Bref, j'ai lu tellement d'horreurs que je préfère ne plus les lire. Ce qui importe, c'est qu'au final l'association récolte des fonds et qu'à notre petit niveau on aide à la recherche contre la mucoviscidose ainsi qu'à l'ouverture et au bon fonctionnement de la Maison Grégory-Lemarchal, à Rueil-Malmaison.

FD : Quels sont vos souvenirs avec Grégory ?

LB : Voilà très peu de temps que j'arrive à penser à lui sans pleurer. J'aime me rappeler nos moments joyeux, les blagues qu'il adorait faire, nos longues discussions aussi, hors caméras, durant lesquelles on imaginait ce qu'il se passait à l'extérieur, on rêvait de nos vies futures. Greg m'a appris à avoir du courage, à ne jamais renoncer, à ne rien lâcher. Du haut de mes 17 ans à l'époque, ça a été une vraie belle leçon de vie, qui a clairement changé mon existence. Il n'y a pas une journée où je ne pense à lui et j'y penserai toujours. Et un jour viendra peut-être où j'oserais enfin regarder ces dizaines d'heures d'enregistrements vidéos de notre aventure Star Ac' que ma mère me garde religieusement depuis seize ans. Un jour, peut-être…

FD : Vous ne pensiez pas qu'il partirait ?

LB : C'est difficile comme question. En tout cas, pas si tôt… Je pensais que la médecine avancerait plus vite et qu'il serait greffé. Aujourd'hui, ce serait peut-être différent. Mais bon, treize ans plus tard, je n'accepte toujours pas son départ. Et plus encore depuis le jour où je suis devenue maman. J'avais 23 ans, l'âge de Greg quand il nous a quittés. Depuis, je relativise beaucoup de choses.

FD : À quel moment avez-vous compris qu'il gagnerait la Star Ac' ?

LB : Dès le départ ! Là aussi, bon nombre de mauvaises langues ont crié au trucage. Mais non, il suffisait de l'entendre pour savoir, c'était une évidence. Et quand bien même la prod l'aurait aidé à gagner, il lui fallait être à la hauteur et il me semble qu'il l'était. Pour l'avoir vu chanter à trois mètres de moi, je peux vous assurer qu'il avait ce truc indéfinissable, une espèce de don. Lui l'avait mille fois pour une ! On l'a porté, comme lui nous a portés. Jamais, il n'oubliait les autres. Ce n'était pas Grégory d'un côté et nous de l'autre, on était tous ensemble.

FD : Avez-vous des regrets ?

LB : Oui, celui de ne pas avoir eu le temps d'écrire pour lui. On en avait souvent parlé, mais bon… Du coup, j'ai écrit La Marelle, qui est pour lui mais sans lui. Une chanson que j'aurais préféré n'avoir jamais à écrire et qui m'a donné énormément de mal. Moi qui suis plutôt prolifique habituellement, là je n'y arrivais pas. Jusqu'à ce déclic en voyant des gamins en bas de chez moi jouer à la marelle. Raconter notre histoire en jouant justement sur ce symbole entre ciel et terre.

FD : Quelle est votre vie aujourd'hui ?

LB : J'écris. Un peu pour moi et beaucoup pour les autres. J'ai toujours adoré ça. Malgré tout, à ma sortie du château, j'ai dû me battre pour qu'on accepte de me lire. À l'époque, la Star Ac' n'avait pas une super image. Et pour ne rien arranger, j'étais une jeune femme dans un milieu d'hommes. Heureusement, j'ai eu la chance de gagner un prix d'écriture aux Rencontres d'Astaffort, de Francis Cabrel, et tout a changé. Lui n'en avait rien à faire d'où je venais, et on a commencé à me voir différemment. C'est le plus beau prix de ma vie, et mon rêve ultime serait de décrocher celui de la Sacem. J'aimerais aussi rechanter et refaire de la scène car, pendant toutes ces années, des soucis de santé m'en ont empêchée…

FD : Cette maladie génétique dont vous souffrez ?

LB : Oui, ce maudit syndrome d'Ehlers-Danlos dont je n'ai désormais plus peur de parler. Là aussi j'ai passé un cap, il fallait que je l'accepte. Après vingt ans d'errance médicale, durant lesquelles on a cherché ce qui pouvait bien être si douloureux et m'handicaper dans mon quotidien, j'ai choisi d'assumer et même d'en parler. Alors oui, ça fait mal, c'est compliqué, mais ce n'est pas si grave. Tant qu'on est en vie, il y a de l'espoir, et je pars du principe que chaque jour est un bonus. De nombreuses personnes m'ont écrit pour me dire qu'elles aussi en souffraient et que ça leur faisait du bien de m'entendre en parler. Être mise à l'écart d'un projet à cause de ça m'avait rendue tellement triste, c'était si injuste que, dès ce jour, j'ai décidé de ne plus le cacher. C'est une maladie très handicapante dont on ne sait pas grand-chose quant à son évolution, mais je ne perds pas espoir.

FD : Combien avez-vous d'enfants ?

LB : J'ai une fille de 11 ans et j'aimerais en avoir d'autres mais, là aussi, mes soucis de santé ne font pas bon ménage avec ce désir, aussi profond soit-il. Car une endométriose vient compliquer encore un peu plus la chose… Alors avec mon mari, on rêve d'adopter. Si on y arrive, ce sera un merveilleux cadeau !

FD : Votre mari qui est donc Patrice, le beau brun de la première Star Ac'…

LB : C'est ça, la Star Ac' me poursuit ! On s'est marié il y a deux ans, en Écosse, sur une falaise, par 5 °C. Il fallait vraiment qu'on s'aime, croyez-moi ! [Rires.] Qu'est-ce j'ai eu froid dans ma jolie robe de fée, avec mes belles chaussures blanches pleines de bouillasse… Sinon, c'était magnifique ! On me faisait boire du whisky pour me réchauffer, ce qui n'avait pas trop mal marché ! [Rires.] Vive l'Écosse !

FD : Que teniez-vous vraiment à rappeler ?

LB : Que chacun prenne la peine de se renseigner sur le don d'organes. C'est un choix personnel, mais il est important de sensibiliser les gens. Et procurez-vous vite Restons amis, dont tous les bénéfices iront à l'association de Greg.

Caroline BERGER

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