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Luis Mariano : Le centenaire du roi de l’opérette !

Publié le 13 septembre 2014

Le 13 août 2014, l’anniversaire des 100 ans du chanteur basque � a été célébré, chez lui, à Arcangues. Une cérémonie menée par le chanteur Roberto Galbes.

Luis Mariano opéretteLe 13 août 2014, Luis Mariano aurait eu 100 ans, selon l’état civil. Ce centenaire qui fait couler beaucoup d’encre est fondé sur une imposture. Une tromperie due à l’amour d’une mère : « Né le 13 août 1914, à Irun, au Pays basque espagnol, Luis Mariano aurait dû intégrer l’armée de Franco pendant la guerre civile, explique Patxi, son homme de confiance et ami.

Gregoria Gonzales, sa mère, lui a fourni de faux papiers pour lui permettre de passer en France et ainsi d’éviter le service militaire en Espagne, en pleine guerre civile. De plus, superstitieuse, elle l’avait déclaré le 14 août. Toute sa vie, Luis a donc fêté son anniversaire avec six ans et un jour de retard. Un an avant sa mort, Luis Mariano me disait : “C’est ridicule, il faut que le public connaisse mon âge, je dois le dire aux journalistes.” ». De fait, en 1969, ses fans pensaient qu’il avait 49 ans, au lieu des 54 bien réels.

France Dimanche n° 3370 du 7 avril 2011 consacrait un article sur Roberto Galbes
France Dimanche n° 3370 du 7 avril 2011 consacrait un article sur Roberto Galbes

Mais revenons à ce « vrai-faux centenaire ». Le ténor Roberto Galbes a rendu hommage au célèbre chanteur d’opérette avec des extraits de Violettes impériales, le film préféré de Luis Mariano, à Arcangues, au Pays basque français. Nous ne pouvions pas rater cet événement. Le théâtre de verdure dans lequel s’est déroulé le spectacle était comble.

Le public, composé d’inconditionnels de Luis Mariano mais aussi de curieux, n’a pas boudé son plaisir. Pendant deux heures de vrai bonheur, chacun s’est laissé aller à la nostalgie, reprenant de bon cœur chacune des chansons écrites par Francis Lopez pour le prince de l’opérette.

À sa sortie de scène, après la séance de dédicaces, Roberto Galbes s’est rendu sur la tombe de son idole. Il s’y est recueilli après avoir déposé une gerbe qu’il a eu bien du mal à placer tant les admirateurs de Luis Mariano avaient été nombreux à déposer leurs fleurs.

Voir l'article sur le livre
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Le 14 juillet 2010, à Arcangues, pour célébrer les quarante ans de la disparition du chanteur de Mexico, son ami Patxi avait choisi Roberto Galbes. Entre les deux hommes, une véritable amitié s’est nouée ces dix dernières années. C’est Francis Lopez qui a détourné Roberto de la variété et de l’opéra en 1994, pour lui faire interpréter sa toute dernière opérette, La belle et le gitan, jouée à guichets fermés pendant plus d’un an.

À chacun de ses passages au Pays basque, Roberto faisait halte chez Patxi, à la Mariono Ko Etchea ou la Mariano Ko Borda, les noms de la maison de Luis dans la langue du pays. « Avec Françoise, ma poupée d’amour, nous a déclaré Patxi, nous vivons une seconde lune de miel. Nous sommes désormais installés à Anglet, dans une petite résidence, avec vue sur les toits, tout à côté de la plage. Il vaut mieux un petit chez soi qu’un grand chez les autres. La maison est en de bonnes mains. C’était devenu trop grand pour nous.

Luis Mariano à chevalQuand Luis Mariano est mort, il nous a laissé la maison et la ferme de dix hectares. J’ai repris mon premier métier, celui de paysan, et j’ai élevé trente têtes de bétail. Quand la retraite est venue, à 60 ans, Françoise, qui a dix ans de moins que moi, a repris le flambeau. Puis c’est mon fils aîné, héritier de Luis Mariano, qui a repris l’exploitation , je conservais l’usufruit de la maison.

Il y a quatre ou cinq ans, le maire d’Arcangues, Jean-Michel Colo, a voulu nous exproprier pour faire construire un lotissement à la place de cette maison qui a la plus belle vue de la région sur les Pyrénées. » Après cinq ans de procès, la maison de Luis Mariano n’a pas été démolie, mais vendue à un industriel local.

Patxi, le chauffeur de Luis Mariano
Patxi, le chauffeur de Luis Mariano

Les objets et souvenirs, conservés religieusement par son homme de confiance, ont été enlevés par deux semi-remorques en décembre 2013. Un certain nombre d’entre eux, dont le tableau représentant Luis en famille, qui trônait dans l’escalier du salon, ont été légués au musée d’Irun.

Luis Mariano plein pied« Il m’arrive encore assez souvent de prendre la route d’Arcangues au lieu de me diriger vers Anglet, quand je rentre à la maison », nous avoue Patxi. Grâce à lui et à sa chère Françoise, Luis Mariano est resté présent dans nos cœurs et, au vue de la ferveur des admirateurs qui se sont pressés pour assister au spectacle de Roberto Galbes, il n’est pas près d’être oublié !

Dominique Préhu

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