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Macha Méril : Son douloureux secret de famille !

Publié le 11 mai 2020

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Macha Méril, la veuve de Michel Legrand, vient de révéler les drames intimes de son passé...

À 79 ans, elle semble investie d'une joie de vivre irrépressible ! Il faut croire que les aléas de l'existence n'ont d'autres effets sur Macha Méril que de la pousser à avancer… Pourtant, cette incroyable battante au visage si gracieux se remet à peine de la mort de l'amour de sa vie, Michel Legrand, décédé des suites d'une infection pulmonaire il y a un an, le 26 janvier 2019.


Dès le lendemain de son enterrement, cette perte a encouragé l'interprète de La Légende d'une vie, de Stefan Zweig, qu'elle a jouée au théâtre en 2018, à créer une fondation en mémoire du grand compositeur, et à monter le premier festival de musiques de films, prévu l'automne prochain dans leur château de Vimory, dans le Loiret. Sans doute pas suffisamment occupée par ce projet fou, la belle Macha au regard mutin vient aussi de publier, aux éditions Liana Lévy, Vania, Vassia et la Fille de Vassia, un roman commencé au chevet de l'élu de son cœur qui retrace le destin d'une orpheline, Sonia, née au sein de la communauté cosaque de France dans les années 30.

Une histoire passionnante pour laquelle l'artiste s'est inspirée – jusqu'à un certain point – de sa propre vie de descendante de Russes blancs ayant fui la Révolution bolchevique. Jusqu'à un certain point, dites-vous… Mais pourquoi celle qui a obtenu le Molière de la meilleure comédienne en 1988 pour L'Éloignement, de Loleh Bellon, orpheline de père dès son plus jeune âge, ne s'est-elle pas appuyée sur ses souvenirs, pour raconter cette vibrante épopée et ce formidable destin de femme ?

Eh bien pour rien au monde, Macha Méril, qui a catégoriquement refusé à son éditeur d'écrire son autobiographie, n'aurait voulu livrer ses plus douloureux secrets ! « C'est comme si on ne faisait pas confiance à mes talents de romancière, vient en effet d'expliquer l'actrice dans Point de Vue. En outre, j'ai deux sœurs [Hélène et Élisabeth, ndlr] qui me crèveraient les yeux si je révélais des détails sur notre famille. »

Deux bonnes raisons de peser le pour et le contre avant de se lancer dans un grand déballage familial ! Il faut pourtant bien avouer que la vie de cette pétillante artiste est un vrai roman, que Macha, née princesse Maria-Magdalena Wladimirovna Gagarina, avait évoqué en 2014 dans les pages de Paris Match : « Je viens d'un monde d'aristocrates indolents qui vivaient en seigneurs sur des territoires immenses où rien n'avait changé depuis 1 000 ans. Mon grand-père paternel possédait 60 000 hectares de terres et vivait entouré de 40 domestiques. Ma mère, avant de rejoindre l'école de la noblesse de Kiev, ignorait l'existence des billets de banque. »

Marie Belsky, sa maman, n'a alors d'autre choix que fuir au plus vite et, après un détour par la Roumanie, trouve refuge en France, auprès de son cousin Vladimir, le futur papa de Macha ! Ce dernier avait un fils, né de son union avec une belle Russe, morte en couches à la naissance de cet enfant. Après l'avoir engagée comme gouvernante et épousée, cet ingénieur agronome lui donnera trois petites filles.

Le couple peine ensuite à joindre les deux bouts, et s'installe au Maroc, à Rabat, où la dernière, Macha, vient au monde. Mais le malheur va de nouveau frapper très durement : « J'avais 5 ans quand notre vie a été fracassée, raconte encore la comédienne. En 1945, mon demi-frère, 19 ans, deux mètres cinq et la beauté de notre père, a été expédié en première ligne sur la frontière allemande. Il a été tué la veille de l'Armistice. Papa a voulu récupérer son corps. Il a embarqué sur le premier bateau et gagné Paris où il est mort à son tour, foudroyé par le typhus. »

Marie et ses trois petites princesses regagnent alors la France, à Bagneux, en région parisienne : « Et là-bas, dans le froid et la dèche, maman a improvisé notre résurrection. Sa règle : la joie de vivre. Je suis comme elle. » Une philosophie qui, a amené l'icône de la Nouvelle Vague à côtoyer les artistes, les gens de cinéma, et à mener une existence libre et sans complexe, malgré les failles et les épreuves de son enfance. « Il faut jouir à fond de sa jeunesse, a-t-elle encore expliqué. L'ascèse c'est pour plus tard. » Mais pour cette immense épicurienne, qui a su faire de ses malheurs une force, il est à parier que l'ascèse ne soit jamais à l'ordre du jour !

Clara MARGAUX

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