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Malika Ménard : “Je voulais être un garçon !”

Publié le 16 février 2021

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Traumatisée par l’épouvantable drame qu’elle a vécu lorsqu’elle était enfant, Malika Ménard a voulu changer d’identité pour se protéger. Retour sur ses terribles confidences.

C’est une blessure à vif que dévoile Malika Ménard, une révélation coup de poing, longtemps gardée secrète. Elle avait déjà tenté d’en parler en juillet dernier, dans une publication Instagram. Elle évoquait alors à cette époque avoir “tourné le dos au passé” et vivre “un soulagement, une libération.” Ce n’est que quelques mois plus tard qu’elle trouve le courage de s’exprimer pleinement.  


À l’occasion de la sortie de son livre #Fuck les complexes, Malika Ménard aborde le rapport qu’elle entretient avec son corps, ses complexes et sa confiance en elle. Une manière pour elle de se libérer des injonctions et de la pression que peut représenter le statut de Miss France ou tout simplement celui d’une femme. Mais pour aller au bout de sa démarche, elle a dû révéler le trauma qu’elle a vécu enfant.  

Selon elle, Malika Ménard aurait été agressée sexuellement à l'âge de cinq ans, alors qu’elle était en garde chez sa nounou, par le fils de celle-ci alors âgé de 30 ans. Elle raconte “des gestes déplacés” de la part d’un adulte sur une enfant. “À l'époque, on ne comprend pas ce qu’il se passe, explique-t-elle dans une interview accordée à France TV Slash. Tu sais que ce qui est en train de se passer, ça ne te plait pas, ce n’est pas normal, mais tu ne sais pas ce que c’est.” Cet épisode engendre un mécanisme de défense chez la petite fille : elle pense que si elle devient un garçon, elle sera moins vulnérable. 

« Si je n’avais pas été une fille à ce moment-là, (…) je n’aurais pas été sujette à ce genre d’événement », suppose l’ex-Miss France. L’enfant qu’elle était alors, rejette totalement son corps de fillette. “Je m’étais coupée les cheveux super courts. Et je m’habillais comme un garçon, se souvient Malika. A l’école, je ne pouvais pas changer de prénom, mais si on partait en vacances, je me donnais un nom de garçon.” Elle décide alors de se faire appeler Alexandre et ne voit comme seule solution à son traumatisme le fait de changer d’identité.  

Après des années de recul sur cette situation, Malika analyse avec plus de hauteur : “Je voulais être un garçon. Je me sentais plus fort en garçon. Peut-être que j’avais l’impression que ça me sexualisait moins aussi. Tout ça, c’est inconscient. À ce moment-là, tout ce que je sais, c’est que je ne voulais plus être une fille.”  

On imagine facilement le sentiment terrible qu'a dû éprouver la petite fille qu’elle était. Même si Malika Ménard ne fait toujours pas preuve aujourd’hui d’une grande confiance en elle, on peut dire qu’elle a tourné une grande page de sa vie et s’est libérée d’un poids immense. C’est un pas de géant vers une réconciliation avec elle-même et une réappropriation de son corps bien nécessaire. Bravo Malika !  

Mélissa Delphigué

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