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Marc Lavoine : Traumatisé par les frasques de son papa !

Publié le 22 janvier 2015

Lucien Lavoine était un � coureur de jupons invétéré qui confiait à ses fils, dont Marc Lavoine, ses histoires d’adultère…

« Pourquoi, docteur, quand je pense à tout ça, j’ai honte, j’ai peur de mon succès, de mon physique ? » Allongé sur le divan de son psy, Marc Lavoine confie le drame de sa vie : cette enfance qu’il ne digère pas. Nous sommes à la fin de L’homme qui ment (éditions Fayard), son autobiographie qui sortira le 7 janvier, et le chanteur synthétise ainsi ce qu’il vient d’exprimer en 180 pages.

À 52 ans, cet homme pudique a choisi de se livrer comme jamais. Il a attendu que ses parents soient morts pour le faire. Ce sont même les obsèques de son père, Lucien, qui l’ont décidé. Ce jour de 2007, au cimetière de Wissous (Essonne) étaient présents les trois femmes et les trois enfants du défunt. Comme un témoignage de sa vie chaotique.
Car, l’homme qui ment, c’est bien Lucien.
Le personnage de fiction dont se rapproche le plus le père de Marc est Alex, le coureur de jupons invétéré du film Le cœur des hommes, incarné par son fils.

L’autobiographie du chanteur n’est rien d’autre qu’un portrait en creux de Lucien, que son fils adorait, mais que ses frasques ont traumatisé. Marié pendant 25 ans à Micheline, la mère de Marc Lavoine, ce militant communiste la trompe avec tout ce qui porte jupon. « Sauf les écossais, avec tout le respect qui leur est dû », ironise son fils. Lucien finit par divorcer au début des années 80 pour en épouser une autre, puis encore une autre. Et finit par donner à Marc une demi-sœur de 18 ans sa benjamine.

Impudique

En plus de tromper sa femme, Lucien raconte ses frasques à ses fils (Marc et Francis, son aîné de 5 ans). « Nous étions dans la confidence sans avoir rien demandé, regrette l’acteur. Il nous poussait dans les bras de ses secrets comme pour se justifier. » Il force ainsi ses enfants à mentir (par omission) à leur mère. Un secret très lourd à porter pour le petit Marc !

Marc Lavoine pensif« J’avais un problème et j’allais le traîner avec moi sans pouvoir me confier vraiment, explique-t-il. J’étais coincé, pris dans un piège, dans un courant trop fort pour le remonter. » Jusqu’à cette scène hallucinante : le jeune Marc surprenant Lucien en train de trousser une inconnue juste après les obsèques du grand-père paternel !

Hérédité ou mimétisme, la future star développe très tôt une fascination pour le sexe opposé : « J’étais très attiré par les filles. Ma mère, mes grands-mères, ma tante, ma nourrice, ma maîtresse, les dames de la cantine. » Une attirance, cultivée par son père qui le laisse jouer au docteur avec une de ses maîtresses en son absence ! « Elle me laissait faire et je la caressais partout. »

La mère de Marc Lavoine ne découvre son statut de femme trompée qu’à la fin des années 70, suite à un coup de fil anonyme. Mais elle le pressent et développe une dépression chronique. « Je voyais ma mère mourir à petit feu d’un chagrin d’amour. [...] La vie l’aspirait parfois comme un siphon », écrit Marc. Pour couronner le tout, la pauvre femme est malade du ventre, subissant plusieurs lourdes opérations. Elle se met à parler souvent de la mort qui la libérerait, mais ne s’éteindra qu’en 2011, laissant un Marc effondré.

Gras double

Pourtant, leur histoire avait bien mal commencé. En effet, Micheline avait décidé qu’après son fils aîné, elle attendrait une fille qu’elle appellerait Brigitte. Le 6 août 1962, c’est Marc qui naît, au grand désespoir de sa maman qui le rejette. « Elle ne voulut ni me voir, ni me regarder, ni me reconnaître », lui racontera-t-on plus tard. Et cela durera plusieurs jours « d’abandon et de solitude » que Marc, atteint d’une bronchopneumonie, vit dans une couveuse. Micheline finira par aimer son fils mais l’habillera longtemps comme une fille. Pour s’en défendre, Marc Lavoine se présente aux autres en montrant son zizi et en criant « Je suis un garçon ! ».

Pour parfaire ce tableau à la Zola, Marc est surnommé « gras double » par ses camarades et « Trouduc » par sa famille ! Aujourd’hui, il demeure sensible aux termes. « Un mot qui se veut agréable et qui, pour moi, est assassin : beau, déplore t-il. Ce mot a quelque chose de réducteur, beau... et con à la fois. »

Dernier aveu de Marc Lavoine, sa culpabilité vis-à-vis de son frère. Devenu un croisé de la lutte contre l’illettrisme, Francis était, selon son cadet, un peintre talentueux. Mais le naufrage de sa famille et son rôle de grand frère protecteur ont gâché sa vocation. « Je sentais bien ma part de responsabilité en venant au monde. Moi au centre, et Francis sur la touche. »

Marc Lavoine livreParadoxalement, L’homme qui ment n’est pourtant pas un livre déprimant. Car les drames des Lavoine sont compensés par les extravagances de leur premier responsable. Lucien, hospitalisé, trompe, en effet, sa femme avec sa voisine de chambre… Le même Lucien voit une maîtresse répudiée se jeter de sa voiture en marche. Ce personnage de roman illumine autant qu’il assombrit la vie de son fils qu’il a toujours fait rire : « Tes pirouettes, sur moi, marchaient à tous les coups. »

À 16 ans, pour fuir son foyer détruit par les mensonges et l’alcool, Marc Lavoine part à Paris. Peut-être à cause de cette enfance agitée, il y devient celui que nous connaissons. Avec un peu de chance, cela fera l’objet d’un tome II.

Benoît Franquebalme

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