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Marcel Campion : “Avec Alexandre Benalla, c’est une histoire d’amitié !”

Publié le 30 juin 2019

L’ancien garde du corps d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla devient le consultant sécurité de Marcel Campion “roi des forains”.

Plutôt discret ces derniers temps, l’ex-chargé de mission à l’Élysée refait parler de lui avec une vidéo postée samedi 1er juin sur les réseaux sociaux. De passage à la foire du Trône, Alexandre Benalla s’y affiche avec un autre personnage qui défraie régulièrement la chronique : Marcel Campion, organisateur de cette fête installée tous les ans à l’orée du bois de Vincennes. Le « roi des forains » y révèle même lui avoir commandé un audit sur la sécurité de cette manifestation.

Une collaboration pour le moins inattendue ! Nous avons contacté en exclusivité l’homme d’affaires, officiellement candidat aux prochaines élections municipales à Paris, afin d’en savoir plus. Interview.


France Dimanche  : Comment avez-vous fait la connaissance d’Alexandre Benalla ?
Marcel Campion : On s’est rencontrés par hasard il y a deux ou trois mois à Deauville. Il m’a reconnu, je l’ai reconnu. On a bu un verre ensemble. Il m’a parlé de ses ennuis, je lui ai parlé des miens. Je lui ai ensuite laissé ma carte de visite. Il m’a téléphoné le 24 mai dernier alors que j’étais en train de déjeuner avec des copains chez Domenico, rue des Pyramides [dans le Ier arrondissement de la capitale, ndlr], pour parler de ma candidature à la mairie de Paris. Je lui ai dit : « Ben, viens nous rejoindre ». Il a débarqué et j’en ai profité pour lui présenter Pierre-Jean Chalençon [collectionneur français d’objets liés à Napoléon et animateur de télévision, ndlr] qui était présent. Pendant une heure, on a parlé de tout et de rien. Et puis, il est parti. Ensuite, on a repris notre conversation concernant les municipales là où on l’avait laissée avant son arrivée. Alexandre n’a rien à voir là-dedans. En prenant congé, il avait promis de passer me voir à la foire du Trône. Il a tenu parole et est venu me rendre visite samedi dernier. Ça tombait bien car j’avais organisé une réception avec pas mal d’artistes ce jour-là… Comme, en plus, on m’avait dit beaucoup de bien de lui sur le plan professionnel, j’en ai profité pour lui demander son avis sur la sécurité de la foire…

FD  : Qui vous en avait dit tant de bien ?
MC : Le responsable de la sécurité de la fête des Tuileries [autre événement organisé par Marcel Campion, ndlr], qui le connaît bien pour avoir travaillé avec lui, m’avait vanté ses qualités. J’ai donc dit à Alexandre : « Comme apparemment, tu es pointu sur la sécurité et que j’ai deux, trois petits problèmes à la foire du Trône, tu pourrais peut-être me donner des conseils ? » On a fait le tour de la foire, et je lui ai expliqué que j’avais des soucis avec des bandes qui débarquent pour mettre le bordel. Je lui ai montré les entrées et les endroits où étaient positionnés les vigiles. À la fin de la visite, il a dit : « OK, j’ai bien tout noté. Je vais te faire rapidement un petit topo sur ce qui cloche. ». Ensuite, je l’ai convié à dîner avec mes amis pour clôturer la foire. Il y avait Gérald Dahan, l’imitateur, de nouveau Pierre-Jean Chalençon, et quelques forains…

FD  : Vous lui avez fait signer un contrat ?
MC : Pas du tout. Je l’ai sollicité à titre amical. Je ne l’ai pas engagé du tout. D’ailleurs, il n’a pas besoin de boulot. Il m’a dit que tout allait bien pour lui. Il n’a pas cité de noms mais il m’a raconté qu’il s’occupait en ce moment de la garde rapprochée de plusieurs personnalités.

FD  : Qu’il soit considéré comme un personnage sulfureux ne vous dérange pas ?
MC : Ce n’est pas lui qui est sulfureux, mais les journalistes qui racontent n’importe quoi ! Ce que j’ai lu sur lui est aberrant. Je connais ça. Ça fait des années qu’on écrit des âneries sur mon compte ! Depuis 2015, je suis l’objet d’ouvertures d’enquêtes et on se déchaîne contre moi. On m’a viré du marché de Noël, on a interdit ma grande roue. Je suis la victime d’une vaste comédie orchestrée par la justice. Pour ma part, je trouve Alexandre Benalla extrêmement sympathique et très compétent. Entre nous, c’est une histoire d’amitié. Dans une vie, il y a des rencontres qui comptent, c’est comme ça…

FD  : Quand Benalla doit-il vous rendre son rapport ?
MC : Attendez, attendez, je ne lui ai pas donné d’horaire ! Il me rendra ses conclusions quand il aura un peu de temps. Il n’y a pas d’urgence ! Je pars une dizaine de jours dans le Sud avant d’inaugurer la fête des Tuileries le 21 juin, le jour de la Fête de la musique. Ce soir-là, pour prouver que je ne suis pas homophobe, comme le prétendent certains, je vais, en partenariat avec le magazine pour hommes Garçon, offrir la soirée à des associations gays…

FD  : C’est-à-dire ?
MC : Ce soir-là, exceptionnellement, l’entrée sera payante, mais l’accès aux manèges, gratuit. Les recettes seront reversées ensuite à différentes associations LGBT. 

FD  : Votre candidature aux municipales de 2020 à Paris, ça se passe bien ?
MC : Oui, c’est officiel. On va commencer la campagne à partir du mois de septembre. Mais j’ai déjà une permanence, au 195 rue La Fayette, dans le Xe, où je rencontre pas mal de gens…

FD  : Concrètement que proposez-vous pour la capitale ?
MC : Mes propositions sont toutes simples et tiennent en un mot : le « dégagisme » ! Il faut virer cette équipe de bons à rien en place à l’Hôtel de Ville pour faire que Paris soit plus mobile, plus propre, plus sécuritaire… Ma première mesure, si je suis élu, sera de rouvrir les berges de la rive droite à la circulation. Les interdire aux voitures comme l’ont voulu ces escrocs – qui ont réussi à accumuler sept milliards de dette, il faut quand même le faire – a été inutile car, maintenant, c’est trois fois plus pollué en haut de la voie Georges-Pompidou. Ça crée des embouteillages monstres et tout le monde klaxonne. C’est l’enfer ! Mais je suis d’accord pour que les bords de Seine soient fermés à la circulation le samedi et le dimanche, afin que les gens puissent s’y promener tranquillement. Je tiens à préciser que, si j’accède à la mairie, j’honorerai mon mandat bénévolement. Il faut que Paris, qui est devenu triste à mourir, redevienne une fête. Paname a bien besoin de se refaire une santé…

Valérie EDMOND

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