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Marie-José Nat : La fin d’une si belle histoire d’amour !

Publié le 20 juin 2016

L’actrice de 76 ans s’est résolue à se séparer du joyau qui lui a procuré tant de joies. Marie-José Nat nous explique pourquoi.

Amoureuse de la Corse, elle quitte rarement sa superbe maison située sur la corniche de Bonifacio, où depuis dix ans elle coule des jours heureux avec son mari Serge Rezvani, artiste complet, à la fois peintre, romancier et auteur de chansons.

Aussi est-ce une chance et un privilège d’avoir pu s’entretenir à Paris avec Marie-José Nat, qui nous révèle sa rencontre avec son compagnon, à une époque où ni l’un ni l’autre ne croyait plus à l’amour.

France Dimanche (F.D.) : Marie-José, quelle chance de vous rencontrer ici à Paris avec votre mari !

Marie-José Nat (M.-J.N. : Je viens en effet trop rarement voir mes fils et mes amies, comme Yvette Poiré… Serge et moi, nous nous sommes donc rencontrés lors d’une soirée en 2005. Dès qu’on s’est vus, on ne s’est plus quittés. Il m’a demandé mon numéro de téléphone. Comme il ne savait pas quoi écrire, il a noté Marie-Merveille. C’est aussi le titre de la première chanson qu’il a écrite sur moi. Il sortait d’une histoire très dure : Lula, son grand amour, était décédée après avoir souffert d’Alzheimer pendant dix ans. Quant à moi, je n’imaginais pas pouvoir revivre un jour avec un homme. Comme disait Montaigne à propos de son ami La Boétie, on s’est trouvés : « Parce que c’était lui, parce que c’était moi !» Et on ne s’est rien caché l’un à l’autre.

F.D. : Comment avez-vous fait plus ample connaissance ?

M.-J.N : D’une manière très originale. Comme je ne connaissais rien à l’œuvre de Serge, je lisais ses livres à voix haute, avec leur auteur dans mon lit. Et comme lui n’avait jamais vu aucun de mes films, il les regardait avec l’actrice principale dans ses bras. Serge a aussi fait une série de tableaux, de très grands portraits, retraçant toute sa vie. Je suis rentrée ainsi dans sa peinture, dans son art. Et quelle meilleure façon d’apprendre à connaître quelqu’un que d’être peint par lui ?

F.D. : Croyez-vous au hasard ?

M.-J.N : Avec Serge, tout s’est fait naturellement. C’était comme une évidence. Pour attirer la chance et le bonheur, il faut y croire. C’est mon cas. Aussi bien aujourd’hui, avec Serge, qu’il y a soixante ans, quand j’ai commencé ma carrière d’actrice. À l’époque, je voulais à tout prix être comédienne, même si mon père n’y croyait pas vraiment. Il m’avait dit : « Ça ne fait rien si tu perds, nous aurons fait un beau voyage depuis la Corse. » J’avais triché un peu sur mon âge, en disant que j’avais 16 ans et demi, alors que j’en avais 15. Je voulais tellement que ça marche ! Sinon, je n’aurais jamais pu revenir à Paris. Je souriais à tout le monde. Dans la foulée, j’ai fait des photos de mode, grâce à Arlette Lempereur. Il faut avoir foi en soi. Je savais que c’était mon destin.

F.D. : Aujourd’hui, un événement bouleverse à nouveau votre vie. Je crois que vous avez un scoop à m’annoncer.

M.-J.N : Oui, avant de venir à Paris, j’ai mis ma maison en vente. Car Serge et moi en avons construit une nouvelle, en contrebas de Bonifacio : nous voulions une demeure de plain-pied, avec un jardin. Sans étage. Même si nous autres, Bonifaciens, vivont très vieux car, pour accéder à la ville haute, nous escaladons. Et, en plus, nous avons tous plusieurs étages dans nos maisons en encorbellement sur la corniche, et des marches à monter qui nous font vivre centenaires ! Au loin, j’aperçois la Sardaigne, par-delà les bouches de Bonifacio : on dit que ce sont les plus dangereuses de la Méditerranée, car le Diable guette et se réjouit de voir les marins se perdre au milieu des vents. Mais même si je mets ma maison en vente, j’aimerais toujours ma ville et ne la quitterai jamais.

F.D. : Pouvez-vous nous refaire rêver sur cette maison exceptionnelle dont la notoriété lui vaut d’être classée parmi les demeures les plus exceptionnelles au monde ?

M.-J.N : À Bonifacio, avec nos falaises, pas question de bétonner la ville et, jusqu’à très récemment, il n’y avait pas de voitures dans la ville haute, seuls les ânes pouvaient escalader les marches ! Et ma maison est connue jusqu’en Californie.

F.D. : Vous êtes une Corse authentique ? Quel était le métier votre mère ?

M.-J.N. : Ma mère avait été bergère. Elle allait traire les chèvres et les brebis, pieds nus, sur les chemins de rocaille, portant ses chaussures à la main pour ne pas les user. Moi aussi, enfant, j’étais libre, entre la mer, la montagne, les chemins de pierre, je courais pieds nus, en petite sauvageonne. Toutes les femmes de ma famille allaient ainsi dans le maquis. Je me souviens du jour où ma mère m’a offert ma première paire de chaussures chez le cordonnier, ça a été un jour de fête !

F.D. : Comment va votre santé ?

M.-J.N. : J’ai été opéré du pancréas, il y a douze ans. à part mon diabète qui m’oblige à prendre de l’insuline trois fois par jours, je suis en pleine forme. Quand Serge et moi nous nous sommes mariés, nous savions que nous n’avions pas beaucoup d’années à vivre ensemble. Mais nous espérons bien tenir jusqu’à cent ans.

Cédric Potiron

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