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Marie Laforêt : Alain Delon a piétiné sa vie !

Publié le 3 avril 2017

L’actrice Marie Laforêt garde un très mauvais 
souvenir du tournage de “Plein soleil”, 
son tout premier film, à cause 
de son  partenaire…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que La Fille aux yeux d’or n’a jamais été fan d’Alain Delon. « C’est du vernis, mais avec rien à l’intérieur », disait Marie Laforêt de celui qui fut son partenaire à l’écran.

« Elle rejette en bloc l’homme, alors que Delon n’est jamais sévère quand il parle de Marie Laforêt, nous explique Alain Wodrascka, biographe de la comédienne et chanteuse. En 1959, sur le tournage de Plein soleil, le film de René Clément, Maurice Ronet et Delon la snobaient. Et Romy Schneider se moquait d’elle quand elle rejoignait son fiancé sur le tournage. Pour ne rien arranger, Marie a souffert du mal de mer, enfermée dans une cabine, “au fond d’un bateau qui puait la mort”, selon ses propres termes ».

La jeune et ravissante comédienne ne manquait pas de sens de la repartie, comme en témoigne cette anecdote de tournage rapportée par Alain Wodrascka : « À peine arrivée, elle croise Delon dans un ascenseur, qui lui dit : “Tu veux que je te saute ? – Non”, répond-elle. Il insiste : “Tu ne sais pas ce que tu perds !” Et du tac au tac, Marie rétorque : “Toi non plus, tu ne sauras jamais ce que tu rates !” Elle a toujours eu cet humour grinçant. »

->Voir aussi - Alain Delon : Entendu par la police dans une affaire criminelle !

Et sa rancune ne s’est pas atténuée avec les années. Bien au contraire ! « Je n’ai jamais eu aucun rapport avec lui […]. Alain n’est pas drôle, il n’a aucun humour, n’est même pas intelligent », confiait-elle dans France-Soir en 2004. Mais son biographe est persuadé que cette première rencontre mouvementée n’explique pas la haine que l’actrice éprouve envers Delon. C’est un autre épisode, bien plus douloureux, qui la justifie.

L’histoire commence le 1er octobre 1968, lorsqu’on retrouve dans la décharge publique d’Élancourt (Yvelines) le corps décomposé du secrétaire et garde du corps d’Alain Delon, Stevan Markovic. À son domicile, 
la police découvre un carnet d’adresses appartenant à la star, dans lequel se trouvent les coordonnées de Marie Laforêt parmi celles de nombreuses célébrités. La comédienne est dénoncée par un corbeau, qui l’accuse de se droguer et d’avoir participé à des soirées intimes photographiées par le secrétaire de Delon.

Le matin du 17 juin 1969, quatre policiers de la première brigade mobile font irruption à son domicile de la rue de Grenelle, à Paris. Cet affront, elle en rend responsable Delon. « Cela a été un cauchemar. Un cauchemar de près de huit heures », avait-elle alors déclaré à Camille Gilles, reporter de France Dimanche, qu’elle avait reçu chez elle peu après.

Chantage

« J’étais encore endormie. Ils étaient quatre. Très poliment, ils m’ont demandé de les suivre jusqu’au bureau de la première brigade mobile, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Les vitres étaient peintes en blanc pour qu’on ne puisse rien voir de l’extérieur. Le commissaire, qui m’attendait, m’offrit un fauteuil et commença à m’interroger. Cela dura jusqu’à 17 h 30, sans interruption.

“Que savez-vous de l’affaire Markovic ?– Rien, sinon ce que j’ai lu dans la presse.– Sortez-vous beaucoup ?– Jamais, ou si peu, et la seule fois où je vais au cinéma, c’est en compagnie de mes enfants.– On vous prête beaucoup d’hommes dans votre vie.– Je n’en ai que très peu, et toujours un à la fois. Je suis une femme libre.–

Connaissiez-vous Stevan Markovic ?– Oui, pour l’avoir vu deux fois. La première fois en 1966, en compagnie de Nathalie Delon, dans une Caravelle Paris-Nice. La seconde, quelques mois plus tard, à un dîner chez Alain Delon, avenue de Messine. Pour ma part, c’était la première fois que je revoyais Alain depuis Plein soleil, ce film que nous avions tourné ensemble en 1959. J’ai vu son secrétaire, qui a passé une partie de la soirée assis dans un fauteuil, le nez plongé dans un journal. C’était Stevan Markovic. Vers 1 heure du matin, alors que nous jouions aux cartes avec Nathalie et Alain, il s’est levé et, sans dire un mot, il s’en est allé. Voilà, ce sont les deux seules fois de ma vie où j’ai rencontré cet homme, qui semblait mieux me connaître que je ne le connaissais. »

Interrompant son récit, Marie s’adresse alors à Camille Gilles : « C’était assez impressionnant. Dans ce petit bureau, avec ces hommes qui me posaient des questions les plus intimes sur ma vie, je n’étais pas très à l’aise. » Les policiers ont aussi contacté la banque de Marie Laforêt pour s’assurer que de grosses sommes n’avaient pas été retirées pour payer le supposé maître chanteur Markovic. Ils ont également perquisitionné son appartement et n’ont rien trouvé corroborant les allégations du corbeau, qui prétendait que l’artiste aurait été victime d’un chantage.

« Ils ont fouillé les livres, les armoires, les lettres, même celles qui m’étaient personnelles. Sans parler de mes photos, et il y en a des centaines, qu’ils ont triées soigneusement. Ils n’ont rien trouvé qui puisse les intéresser. Quand les policiers sont partis, je me suis allongée sur mon lit et j’ai pleuré comme une gamine. C’est vrai, j’avais un peu honte d’avoir été mêlée à tout cela, simplement parce que des gens méchants m’avaient accusée pour me faire du mal. Mais le pire, ç’a été le lendemain, dans la rue, la façon qu’avaient les passants de me regarder avec ce regard en coin soupçonneux, un regard qui semblait me juger sans que je 
puisse me justifier. »

À l’époque, elle déclare dans Paris-Presse : « On s’étonne que mon numéro de téléphone ait été retrouvé dans le carnet d’Alain Delon. C’est normal, car il y a une aventure amoureuse là-dessous. Ma fille Lisa, qui a 3 ans, est follement éprise d’Anthony Delon, qui en a 4. » Le lendemain de son cauchemar, Marie est si éprouvée par les huit heures d’interrogatoire qu’elle a dû annuler son tour de chant à La tête de l’art. Elle sera entendue à nouveau le 23 puis le 25 octobre, toujours rue du Faubourg-Saint-Honoré. Le juge Patard lui signifiera ensuite qu’elle est hors de cause.

Menace

Dans la semaine qui a suivi son premier interrogatoire, Marie a perdu 3 kg, traumatisée après avoir reçu des tombereaux de lettres plus odieuses les unes que les autres. On la menace dans la rue, des inconnus lui font des propositions indécentes.

« Aujourd’hui, je n’en peux plus, déclarait-elle après-coup dans France Dimanche. Je ne supporte pas d’être humiliée et j’en perds le sommeil. Je n’ai plus goût à rien. Je ne mange plus. C’est un véritable tour de force si j’ai pu chanter à l’Olympia. À tous ceux qui me tourmentent, je ne demande qu’une seule chose : laissez-moi en paix ! »

Et cinquante ans après, Marie Laforêt en veut toujours à Delon de l’avoir, même bien malgré lui, mêlée à cette triste affaire qui lui a laissé une plaie toujours béante.

Dominique Préhu

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