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Marie Laforêt : Les terribles accusations de sa fille !

Publié le 6 octobre 2020

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Alors que, le 2 novembre, son illustre maman Marie Laforêt aura fermé ses jolis yeux d'or depuis un an, Lisa Azuelos révèle un sombre et douloureux secret de famille…

L'actrice, disparue l'an dernier, restera pour l'éternité l'inoubliable « fille aux yeux d'or ». Un souvenir merveilleux certes, mais quelque peu réducteur au goût de sa fille, Lisa Azuelos. La réalisatrice de LOL, Une rencontre ou encore Dalida aura en effet eu de cesse de redonner à sa mère des lettres de noblesse autres que son incontestée beauté. « Maman avait l'intelligence de Sartre, Malraux, Marguerite Yourcenar et Marie Curie réunis, déclarait-elle d'ailleurs dans Elle, et n'a pas été reconnue pour ses dons hors du commun.


Elle s'y connaissait autant en archéologie, philosophie, littérature, théologie qu'un expert et on la traitait comme une godiche. Sa carrière a longtemps été l'exploitation pure d'une beauté qu'on voulait creuse. » Néanmoins, si Lisa a très souvent défendu et encensé son illustre et regrettée maman, elle reconnaît aussi que son enfance n'a pas été des plus heureuses.

En 1965, Marie Laforêt épouse Judas Azuelos. Cette même année naît Lisa, et deux ans plus tard un petit garçon, Jean-Mehdi-Abraham. Mais rapidement le couple bat de l'aile et se sépare. « Faut dire qu'il s'appelait Judas, alors quel avenir pouvait-il avoir avec une Marie ! » plaisantait-elle dans les colonnes de Gala. La fillette et son petit frère restent vivre avec leur mère. Or, celle-ci, particulièrement accaparée par son métier d'actrice et de chanteuse, n'est pas très présente. « En fait, c'est comme si j'avais grandi orpheline de parents vivants ! » reconnaît d'ailleurs Lisa.

Trop souvent absente et ne pouvant s'occuper de ses enfants comme elle le souhaiterait, Marie Laforêt choisit de les envoyer en pension, et ce, malgré leur très jeune âge. Une période aussi traumatisante que douloureuse pour Lisa, et visiblement tellement marquante que, cinquante ans après, elle semble s'en souvenir comme si c'était hier.

Dans son dernier roman paru aux éditions Belfond, La Vie en ose, la jeune femme de 54 ans évoque cette intense solitude ressentie face au « nid vide », lorsque le dernier enfant quitte la maison. Une drôle de sensation que la réalisatrice avait déjà explorée sur grand écran dans son film Mon bébé, au moment du départ de sa dernière fille. Des instants charnières de l'existence qui, bien souvent, nous déroulent le film de notre propre vie. Les naissances de ses petits, leur enfance, adolescence, la maman que nous avons été…

Et certaines fois, des souvenirs encore plus anciens refont surface, ressurgissant du passé sans crier gare ! Comme ses deux filles et son fils, Carmen, 28 ans, Ilan, 24, et Thaïs, 22, Lisa aurait certainement préféré connaître, lorsqu'elle était petite particulièrement, ce doux cocon qu'elle-même s'est attachée à leur offrir.

Néanmoins, en guise de nid douillet, Lisa, elle, aura droit aux murs tristes de l'internat, sa soupe sans odeur ni saveur, ses grands lits froids, l'obéissance au doigt et à l'œil et beaucoup de violence. Tout ça sans aucun bras chaleureux où se réfugier, ni aucune bonne âme aimante et généreuse pour la consoler. Un vrai calvaire pour la célèbre réalisatrice, qui n'a visiblement rien oublié. « J'étais en Suisse, expliquait-elle au Parisien, dans une pension très chic, Les Sept Nains. C'était atroce. On nous frappait. Il y avait du harcèlement physique et moral. Ce qui m'a tenue, c'est que je devais protéger mon petit frère. » Mais « je n'ai pas tellement eu d'enfance, ajoutera-t-elle aussi pour compléter ce tableau déjà bien sombre. Je n'ai pas eu d'espace protégé pour être une petite fée bleue en robe de princesse. J'étais sur le qui-vive, à protéger mon petit frère des violences quand ça se passait très mal. Et je prenais garde à ce qu'on ne me tabasse pas moi non plus. » Avant de confier plus récemment au magazine Voici les détails de leurs sévices : « On recevait des coups de tape-tapis, l'objet s'adapte bien à la forme des fesses. »

Des mots qui laissent sans voix et vous glacent le sang. Certains se demanderont alors comment Marie Laforêt a pu tolérer de pareilles horreurs. Néanmoins, « mes parents n'ont pas su les violences qu'il y avait dans ce centre », assure Lisa dans Elle. Et d'ajouter dans Gala : « Je l'ai toujours pardonnée [à sa mère, ndlr]. Pour toutes les femmes, choisir, c'est renoncer. Ma mère a choisi sa carrière, puis une vie de femme, ce n'était pas dirigé contre moi. De toute façon, plus on vieillit, moins on prend les choses personnellement. »

Certes, mais avant de trouver la paix avec sa mère, et aussi avec elle-même, Lisa avoue avoir longtemps caché qu'elle était une « fille de ». Sûrement parce que cette filiation la renvoyait alors à trop de tristesse et de souffrances. Mais un jour, on grandit, on s'apaise, et malgré les bleus à l'âme d'une enfance meurtrie, on arrive à pardonner. Et plus encore à une mère qui elle-même a subi son lot d'épreuves terribles, comme ce viol à l'âge de 3 ans qui la hantera sa vie entière.

Aujourd'hui, Lisa préfère se rappeler des bons moments passés avec sa mère, de son côté fantasque. « Ah ça, son humour, c'était quelque chose ! s'est-elle souvenue dans Elle. Sur sa carrière de chanteuse, elle disait “je suis à mi-chemin entre Sheila et Barbara !” Et à l'hôpital [juste avant de mourir le 2 novembre 2019, ndlr], elle nous a dit : “Oh là là, la mort, c'est crevant !” » Humour que Lisa pense avoir hérité de sa maman, tout comme « cette envie de faire valoir le droit des femmes en tant qu'individus libres et indépendants. Et la fierté. »

Cette même fierté en effet que Marie Laforêt avait pour ses enfants. « Je suis très fière d'eux, se plaisait-elle à confier. Mais je ne suis pas une mère juive, je suis une mère ariégeoise, pas du genre à leur dire que je les aime. » Pourtant, elle les aimait, et ça, Lisa n'en a jamais douté. Et demeure pour toujours reconnaissante envers cette maman qui a tenté, tant bien que mal, d'élever ses trois enfants – en 1974, une petite Ève-Marie Debora vient agrandir la fratrie – toute seule, avouant même : « Je ne me suis jamais permis de la juger. »

Il n'y a que sur l'éducation des enfants où mère et fille n'étaient pas vraiment d'accord. « J'ai essayé de lui expliquer que la meilleure façon d'armer des enfants, confie Lisa, c'était de les gaver d'amour, elle pensait le contraire. Elle croyait que le bonheur était dans l'autonomie. »

Laura VALMONT

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