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Marie Myriam : Son frère assassin !

Publié le 17 juin 2021

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Mario, le frère de Marie Myriam, a été retrouvé mort chez lui. À côté du corps, une perceuse, un tournevis et un ceinturon…

L'heure de la justice a-t-elle enfin sonné ? L'inoubliable interprète de L'Oiseau et l'Enfant, titre avec lequel elle a remporté l'Eurovision en 1977, l'espère de tout cœur. Voilà près de six ans en effet qu'elle attend ce moment, six années de cauchemar, hantées par une terrible vision : celle de son meilleur ami, qu'elle aimait comme un frère, Mario R, retrouvé mort dans son appartement parisien de la rue de Flandres dans le XIXe arrondissement, nu et bâillonné, victime d'une innommable agression. Il avait 52 ans…


Il est aux alentours de 18 h 30, en ce 23 novembre 2015, lorsque Marie Myriam reçoit un coup de téléphone. C'est Mario qui, ravi, lui fait part de sa dernière trouvaille : un ancien lampadaire abandonné sur un trottoir. Redonner une seconde vie à de vieux objets est une passion qui l'occupe à plein temps depuis son accident vasculaire cérébral, en 2001. Du jour au lendemain en effet, cet ancien steward a tout perdu ou presque : il a du mal à parler, ne se déplace plus qu'avec une canne et a dû renoncer à son métier. Mais sa joie de vivre, intacte, fait l'admiration de ses proches. « Il était une force de la nature, un vrai soleil… » se rappelle la chanteuse dans un récent entretien accordé au Parisien. Ce soir-là, justement, il reçoit des amis à dîner, lui annonce-t-il…

C'est le lendemain, au 36 quai des Orfèvres que la chanteuse apprend dévastée, le sort de son meilleur ami. Un choc terrible pour Marie, déjà fragilisée par la mort de son mari, le producteur Michel Elmosnino, emporté par un infarctus en 2013. « Mario et moi étions comme frère et sœur. Le commissaire divisionnaire qui m'a reçue a pris beaucoup de gants pour m'annoncer ce qu'il s'était passé », raconte-t-elle. Cette soirée d'horreur absolue, Marie Myriam l'a revécue tant de fois dans sa tête. Tout comme, sans doute, les amis que le malheureux avait ce soir-là conviés à dîner… Trouvant la porte close, ils s'inquiètent. Peut-être a-t-il eu un malaise ? Ils décident d'aller chercher sur son lieu de travail le colocataire de Mario, David, pour qu'il leur ouvre. L'appartement est en désordre : tiroirs béants, affaires éparpillées… Dans la chambre, un spectacle digne d'un film d'épouvante les attend : partout, des traces de sang. Au pied du lit, une perceuse, une pince coupante, un tournevis et un ceinturon. Et gisant sur le matelas, nu, leur ami ligoté, qui ne respire plus… « Je ne peux pas imaginer les dernières minutes de vie de Mario, l'horreur qu'il a dû vivre. J'en ai fait des cauchemars terribles », raconte encore Marie Myriam.

Maigres consolations, elle apprend d'une part que son ami n'a pas été torturé mais qu'il serait mort asphyxié par son bâillon et de l'autre que deux suspects ont été identifiés. Les cinq coups de téléphone passés depuis le portable de la victime, peu de temps avant sa mort, ont en effet permis aux enquêteurs de remonter jusqu'à Maxim P. et Artémie T, deux jeunes Moldaves sans-papiers. Si le premier aurait regagné la Moldavie, le second, arrêté le 21 décembre 2015, aurait reconnu en partie les faits. Son copain, sans le sou comme lui, a eu l'idée de racketter « deux vieux homosexuels » qu'il pensait « pleins aux as » : Mario et son colocataire, David. « C'est David qui a présenté Maxim à Mario », raconte un ami de celui-ci, toujours au Parisien. Le jour J, cependant, Artémie aurait pris peur et fait faux bond à Maxim. Celui-ci se serait donc présenté seul chez le Franco-Espagnol.

Après l'avoir passé à tabac, attaché à son lit et bâillonné, il aurait tenté, en vain, de forcer le coffre-fort de la chambre. Durant cette sordide opération, il aurrait appelé Artémie à cinq reprises. Il lui aurait notamment confié qu'il allait devoir tuer Mario, pour ne pas être identifié. Vers 21 heures, il aurait pris la fuite avec un butin dérisoire : un peu d'argent liquide, le téléphone de sa victime, ainsi qu'une tablette tactile…

Maxim T., qui a fait l'objet d'un mandat d'arrêt international, est interpellé en 2019 en Biélorussie. S'il a avoué l'avoir « assommé », « ligoté » et « cambriolé », il assure en revanche ne pas avoir assassiné Mario. « J'ai mis un morceau de chiffon dans sa bouche et j'ai mis un pansement dessus. Quand je suis parti, je l'ai laissé dans cet état », a-t-il déclaré, selon Le Parisien.

Jugés aux assises de Paris depuis le 31 mai, les deux suspects attendent le verdict, prévu ce vendredi 4 juin. S'il ne ramènera hélas pas Mario à la vie, ni sa maman, morte de chagrin depuis, il pourrait adoucir la peine de ceux qui l'ont connu et aimé.

À commencer par Marie Myriam. « Ils s'en sont pris à un handicapé qui ne pouvait pas appeler au secours, c'est intolérable », confie-t-elle. Un cri du cœur qui, souhaitons-le, sera entendu…

Lili CHABLIS

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