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Marie-Sophie Lacarrau : Victime d'un prédateur sexuel !

Publié le 7 janvier 2021

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Alors qu'elle s'apprête à devenir la reine du JT de la Une, Marie-Sophie Lacarrau révèle comment sa vie de femme aurait pu basculer dans l'horreur…

La nouvelle année ne commencera pas pour elle le 1er  janvier mais le 4. Cela fait trois mois qu'elle compte les jours, qu'elle se prépare, avec autant d'excitation que d'angoisse, à prendre la tête du JT le plus regardé d'Europe. Trois mois qu'elle se demande si elle sera à la hauteur de son prédécesseur, Jean-Pierre Pernaut. La tâche est immense, et Marie-Sophie Lacarrau le sait. « Bon courage à celui ou à celle qui va le remplacer », se disait-elle chaque fois que le départ de JPP était évoqué, à mille lieues d'imaginer qu'elle serait la candidate retenue par TF1 ! Le 18 décembre dernier, lorsqu'après trente-trois ans de règne, le pape du 13 Heures de TF1 a fait ses adieux dans une émouvante édition spéciale, elle a vu, compris, à quel point il était aimé, adulé, tant par les téléspectateurs, que par ses équipes, cette grande famille dont il était un peu le papa.


Parviendra-t-elle à faire sa place, à s'imposer, non pas comme sa doublure féminine mais telle la journaliste ultra-compétente qu'elle est ? Une grande pro-fessionnelle qui, si elle admire et tient à poursuivre l'œuvre de Jean-Pierre – en restant proche du terroir et des régions – souhaite aussi apporter sa touche, comme elle le confiait début décembre au Parisien : « J'aimerais qu'on s'intéresse un peu plus au pouvoir d'achat. Et à l'environnement dont nos enfants parlent tant. »

Certes, la native de Villefranche-de-Rouergue, dans l'Aveyron, a des atouts. Comme celui qu'elle s'apprête à remplacer, elle est très attachée à ses racines. C'est d'ailleurs au sein de l'équipe de France 3 Midi-Pyrénées qu'elle a fait ses débuts, comme journaliste-reporter. En 2010, nommée « joker » de Carole Gaessler au 19/20 national de France 3, elle choisit de rester vivre près de Toulouse, sa ville de cœur, avec son mari, Pierre Bascoul, directeur de la société de production Nolita Prod, et leurs deux enfants, Malo et Tim, qui ont aujourd'hui 13 et 11 ans. Mais en 2016, choisie par France 2 pour succéder à Élise Lucet à la présentation du 13 Heures, elle se résigne à « monter à Paris », imposant bien malgré elle à ses garçons un changement de vie pas toujours évident. « Ils sont passés d'un village de mille habitants à une école de mille élèves, ça leur a fait drôle », vient-elle ainsi de confier dans Elle.

Autres atouts qui devraient l'aider à relever le défi qui l'attend : sa détermination et son sérieux, servis – ce qui ne gâche rien ! – par un lumineux sourire et un accent chantant dont elle n'a jamais voulu se départir ! Sans oublier, bien sûr, l'aide précieuse que lui a apportée Jean-Pierre ces dernières semaines.

Mais pour parvenir là où elle en est aujourd'hui, la belle Occitane a dû surmonter une bien cruelle épreuve ; un traumatisme que subissent des milliers de femmes en France et dans le monde : le harcèlement sexuel. Ce fléau, que l'on ose enfin évoquer et dénoncer depuis l'affaire Harvey Weinstein, qui a démarré en 2017, touche particulièrement l'univers de la presse et de l'audiovisuel. En mars 2019, une enquête menée au sein de grandes rédactions révélait ainsi que 67 % des femmes interrogées ont été la cible de remarques sexistes ou à connotations sexuelles, et que 13 % d'entre elles ont été sexuellement agressées !

Si Marie-Sophie Lacarrau a, pour sa part, échappé au pire, il s'en est fallu de peu, comme elle vient de le révéler, toujours dans Elle. « Un rédacteur en chef m'a attirée dans son bureau en disant, sourire ambigu : “Jusqu'où êtes-vous prête à aller pour devenir journaliste ?” » Percevant le danger, la jeune femme a préféré s'enfuir et renoncer au poste auquel elle postulait. « J'ai répondu : “Pas jusque-là”, et je me suis barrée. » Sa présence d'esprit l'a sauvée, mais ce moment où sa vie de femme a failli basculer dans l'horreur, elle ne l'oubliera jamais. Preuve en est, le souvenir est toujours aussi vif, quelque vingt-cinq ans après !

Au cours de sa carrière Marie-Sophie avoue avoir trop souvent connu, « comme beaucoup de consœurs », cette forme de harcèlement moral qu'est le machisme. Sur la chaîne Eurosport, où elle a officié à ses débuts, la direction prenait ainsi un malin plaisir à envoyer les femmes couvrir les sports mécaniques. « Quand je me baladais sur la piste avec mon micro, j'ai entendu les pires remarques graveleuses », se souvient-elle. Choquée, elle décide, pour s'en sortir, d'adopter une technique qui continue de lui servir aujourd'hui : celle de la « toile cirée». « Je n'entends pas, ça glisse, et j'avance. De temps en temps je la ressors, comme quand je reçois des courriers de gens qui me disent qu'à cause de mon accent, je ne parle pas français », explique-t-elle encore. Heureusement, les choses bougent et évoluent dans le bon sens ! Félicitée par ses consœurs tout autant que par ses confrères, Marie-Sophie se sent parfaitement prête à assumer son nouveau rôle. Et puis, comme elle l'a expliqué : « Nous serons deux hommes et deux femmes à la tête de la rédaction, parité parfaite ! »

Si derrière chaque grand homme se cache une femme, la future reine du 13 Heures sait, elle, ce qu'elle doit à Pierre : « J'ai la chance d'avoir un mari qui m'a toujours soutenue. » Comme des milliers de téléspectateurs, il sera, ce 4 janvier, rivé à son poste pour encourager l'élue de son cœur…

Lili CHABLIS

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