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Marina Carrère d'Encausse : “Je suis en survie…”

Publié le 1 août 2015

Victime d’un � accident de voiture � d’une violence inouïe, la complice de Michel Cymes, Marina Carrère d'Encausse, en a gardé des séquelles terribles qui lui gâchent l’existence…

Que ce soit sur les photos ou dans Le magazine de la santé, l’émission qu’elle coanime avec passion depuis 1998 avec son confrère Michel Cymes, notre médecin de France 5 arbore toujours un large sourire. Mais derrière ce sourire se cache le terrible drame qui continue de la hanter.

Il y a bientôt trente ans, Marina Carrère d’Encausse, alors âgée de 24 ans, a frôlé la mort lors d’un grave accident de la route. « C’était après un déjeuner familial. Notre voiture a percuté un arbre à 120 km/h. La ceinture a fait éclater tous mes organes digestifs », a-t-elle révélé à notre confrère TV grandes chaînes. Un traumatisme qui a dû infliger d’indicibles souffrances à la malheureuse.

Grièvement blessée, elle a souffert le martyre en attendant les secours et a surtout eu très peur de mourir. à l’époque du drame, elle était étudiante en dernière année de médecine, elle savait donc que sa vie était en danger : de par ses études, elle connaissait la gravité de certaines lésions qui peuvent être fatales à cause des hémorragies qu’elles génèrent.

Heureusement, en vraie battante, Marina a survécu au choc. « J’ai tenu le coup jusqu’à l’arrivée de ma mère, puis je suis tombée dans le coma », se souvient-elle.

M. Carrère d'EncausseParalysée

Mais si la journaliste s’en est sortie, les conséquences de l’accident ont été dramatiques, physiquement et psychologiquement. « Je suis restée paralysée plusieurs mois et j’ai eu des malaises pendant vingt ans », raconte-t-elle. Et soudain, elle se souvient de cette affreuse nouvelle que lui ont annoncée les médecins sur son lit d’hôpital : « Ils n’étaient pas sûrs que je puisse avoir des enfants. »

Heureusement, ces spécialistes se sont trompés ! Marina est en effet aujourd’hui l’heureuse maman de Lara, Thibault et Hugo. « C’est ce que j’ai fait de mieux dans ma vie ! », s’émerveille-t-elle.

Il n’empêche que cet accident l’a marquée pour toujours. Aujourd’hui encore, Marina Carrère d'Encausse en garde de graves séquelles : des phobies et des angoisses. Ainsi, alors qu’elle avait été une brillante étudiante, titulaire de trois diplômes en médecine générale, en santé publique et en échographie, la jeune femme a cessé d’exercer au bout de dix ans.

« Je n’étais pas faite pour cela, j’étais trop anxieuse. J’avais toujours peur de me planter. Vis-à-vis des patients, c’était insupportable ! », assure-t-elle. Un manque de confiance en soi que vivent bien des victimes d’accidents. Souffrant d’un stress post-traumatique, elles ont du mal à accepter leur image et doutent de leurs capacités, malgré leurs succès.

« Je n’ai jamais pu me regarder à la télévision et j’évite de croiser les miroirs. C’est épuisant de ne pas se supporter. J’ai une confiance en moi qui frise le ras du sol. Je travaille sur moi depuis longtemps. Je dois dire que je commence seulement à m’accepter, un peu. Je ne dis pas que je m’aime. Ça, malheureusement, je n’y arriverai jamais », regrette-t-elle.

Mais cette femme généreuse, portée par le bonheur de vivre, a su tirer les leçons de cette expérience traumatisante. Si elle sait aussi bien aider ceux qui viennent exprimer leurs souffrances dans Le magazine de la santé et Allô docteurs, c’est qu’elle a connu dans sa chair ce que ces malheureux ressentent.

« Se retrouver hospitalisée de longs mois vous apprend le respect de la lutte contre la douleur. Lorsqu’on porte la blouse blanche, on est du côté du pouvoir, de celui qui est en bonne santé. Or il est indispensable de se placer aussi du côté du patient pour l’informer et le rassurer », avait-elle expliqué à nos confrères du Monde en 2013.

Marina Carrère d'Encausse livreMarina a également entrepris une thérapie en écrivant son premier roman, Une femme blessée, paru chez Anne Carrière l’automne dernier, qui a reçu l’approbation de sa célèbre mère, Hélène Carrère d’Encausse. Ce livre raconte l’histoire d’une jeune femme du Kurdistan, Fatimah, emmenée à l’hôpital dans le coma après avoir été grièvement brûlée. Une patiente digne et courageuse dont Marina exprime les souffrances comme si elle les avait endurées elle-même…

Aujourd’hui, les angoisses liées à l’accident se sont quelque peu estompées et la journaliste a trouvé une forme de paix et de bonheur. Cette touche-à-tout, élevée au grade de Chevalier de la Légion d’honneur en 2012, présente sur la 5 Le monde en face, une série de réflexions passionnantes sur la marche de la société en France et sur la planète.

« Depuis mon accident, je me dis que je suis en survie et je profite de la vie au maximum », affirme Marina Carrère d'Encausse. Une bien belle leçon de courage !

Catherine Venot

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