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Marion Cotillard : Ses jumeaux ont changé sa vie !

Publié le 29 mai 2019

Marion Cotillard s’est confiée sans détour sur un moment décisif de son existence.

Derrière son joli minois, la splendide actrice française de 43 ans cache une bien terrible souffrance. Actuellement à l’affiche du film Nous finirons ensemble, Marion porte en effet une blessure secrète mais profonde : le sentiment d’une exclusion infligée par ses propres frères, Quentin et Guillaume, des jumeaux nés deux ans après elle, en 1977. Comme elle le révèle :  « Trouver sa place face à un duo très fort a parfois été complexe. » Car « des jumeaux, c’est un couple au sein d’une famille. Ils sont capables d’inventer un langage qui leur est propre, incompréhensible pour les autres », explique le pédopsychiatre Marcel Rufo, coauteur, avec le Pr Philippe Duverger, de Qui commande ici ? paru aux éditions Anne Carrière.

Une communauté de pensée qui les rend également mystérieux et même fascinants. « Rendez-vous compte, ils ont la chance de naître avec un partenaire de vie déjà tout prêt, alors que nous passons une bonne partie de notre existence à en chercher un », ajoute Fabrice Bak, psychologue à Lyon, spécialiste de la gémellité.

Qui sait ce qu’a ressenti la petite Marion de 2 ans, quand elle a vu arriver ces deux bébés en même temps ? Dans ce cas, les parents sont monopolisés par les nouveau-nés, ils ont peu de temps pour le premier, qui se sent rejeté. La future actrice perdait ainsi non seulement son statut d’enfant unique, au profit non pas d’un mais de deux envahisseurs. « Pour les aînés, c’est très dur, il faudrait presque les mettre en pension pour qu’ils s’épargnent l’arrivée d’une double rivalité. D’habitude, dans une fratrie, l’affrontement se crée avec le deuxième, puis la relation est bien meilleure avec le troisième, là, ce schéma est impossible. Et quand il s’agit d’une fille, c’est encore pire, on leur en demande tellement. Être femme, ça mérite vraiment une décoration », souligne Marcel Rufo.


Le pire, c’est que déjà malmenée à la maison, Marion a en quelque sorte reproduit à l’école cette exclusion. Elle était devenue le souffre-douleur de deux supposées copines qui la martyrisaient. Comme si elle devait sans cesse être prise entre deux feux. Au point de se replier dans une bulle de solitude. Elle a pu heureusement compter sur ses parents, qui, malgré leur famille nombreuse, ont trouvé du temps pour l’accompagner. C’est d’ailleurs sa mère, Niseema Theillaud, comédienne et professeur de théâtre, qui lui a donné ses premiers cours, alors que son père Jean-Claude mettait son savoir de metteur en scène à son service.

Elle a pu aussi compter sur l’amour de ses grands-parents, pièce essentielle d’une famille gémellaire selon Fabrice Bak. Eux qui étaient ravis en général de prendre le premier tout seul, moins accaparant que ses deux cadets. Marion Cotillard était ainsi très proche de ses deux grands-mères, Léontine, la Bretonne, et Simone qui, a-t-elle déclaré, l’ont beaucoup inspirée. Un bel hommage.

Malgré tout, Marion essaie à l’adolescence d’intégrer ses frères à son monde. Elle aime les déguiser pour danser sur des chorégraphies de Madonna, son idole. Sauf qu’il vaut mieux, selon les spécialistes, privilégier les tête-à-tête. « Il faut s’amuser avec l’un, puis avec l’autre, développer une relation spécifique avec chacun d’eux », préconise Marcel Rufo. Le pire est de répondre au bloc par un autre bloc, que l’aîné s’approprie l’un des jumeaux et le monte contre l’autre. De quoi détruire toute la fratrie !

Bonne lignée ne saurait mentir, les enfants Cotillard ont tous embrassé une carrière artistique. Guillaume est acteur et réalisateur. Il a d’ailleurs fait jouer Guillaume Canet, le compagnon de Marion, dans l’un de ses courts-métrages, La clef du problème en 2008. Quant à Quentin, il est peintre et sculpteur. Il vit à San Francisco avec sa femme et son enfant. L’âge adulte a permis d’apaiser toutes les tensions dans la famille. « Avec mes frères, nous nous sommes trouvés tard mais, depuis, notre lien est indestructible : nous avons tissé une relation merveilleuse », raconte la comédienne multirécompensée. Marion a été vue plusieurs fois avec Guillaume en public, au Festival de Cannes, mais aussi à la remise de son César en 2008 pour son rôle dans La Môme d’Olivier Dahan, où elle interprétait Édith Piaf. Le frangin avait l’air tout aussi ravi que sa sœur. Preuve qu’ils s’en sont bien sortis.

A contrario, d’autres fratries sont moins chanceuses. « J’ai vu en consultation des aînés de jumeaux qui avaient coupé tout contact avec leur famille, tellement ils étaient frustrés et en colère », nous confie Fabrice Bak. En revanche, « quand l’aîné trouve un rôle d’arbitre entre ses deux cadets, qu’il parvient à être responsable de chacun d’eux, alors c’est gagné. »

Et pour les Cotillard, visiblement, c’est fait ! Et ça vaut sans doute tous les Oscars du monde.

Béatrix GREGOIRE

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