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Marion Game : “Je suis une vieille fraîche et accorte !”

Publié le 9 octobre 2014

Avant de partir en tournée avec sa fille Virginie Ledieu, l’actrice Marion Game nous a reçus dans sa nouvelle maison de la banlieue parisienne. En grande forme, elle livre les secrets de son incroyable� énergie.

Elle est détendue et ça se voit ! Marion Game rentre belle et bronzée, « fraîche et accorte » de ses vacances en famille à Noirmoutier. Son philtre de jouvence ? L’amour de ses cinq petits-enfants et de ses trois enfants, dont sa fille, Virginie Ledieu, avec qui cette comédienne toujours verte et coquine part en tournée en province.

France Dimanche (F.D.) : Bonjour, merci de nous ouvrir les portes de votre nouvelle demeure !

Marion Game (M.G.) : J’avais une maison sublime à Sèvres. Une merveille, style 1930, avec un jardin immense. En la vendant, j’ai pu m’acheter celle-là, plus petite, à Clamart, et en plus un appartement pour mon fils Mathieu, pas loin d’ici, à Montrouge !

F.D. : Vous êtes une maman comme tous les enfants en voudraient !

M.G. : Il y a des moments où on a plus besoin de ses enfants que d’une grande demeure avec un jardin très vaste ! D’ailleurs j’ai un jardin ici, c’est important pour moi de mettre les mains dans la terre et de sentir la végétation, la nature. À pied, je suis près de tout. Et en bus, à sept minutes de Montparnasse. À l’étage, il y a des chambres : je n’ai besoin de rien de plus. C’est là que je vais passer mes vieux jours.

Marion dans
Marion dans "La brigade des tigresses" avec sa fille Virginie Ledieu

F.D. : Le grand public connaît bien votre fille Virginie, mais beaucoup moins le reste de votre famille, dont vos deux fils… Est-ce important de les avoir près de vous ?

M.G. : C’est même très important ! Mon fils Romain n’habite pas très loin non plus, à Boulogne. J’ai deux « grands » petits-enfants avec Virginie et des « petits » de 7 ans, 4 ans, et 3 mois du côté de mes fils. Virginie est dans le métier, comme moi. Romain aussi, puisqu’il est régisseur.

F.D. : Et Mathieu ?

M.G. : Lui est peintre. Mais sa maman est derrière lui pour subvenir à ses besoins, ainsi que sa femme, qui est professeur. Du moment qu’il a des pinceaux et des toiles et qu’il peut travailler dans son atelier du XXe arrondissement, Mathieu est heureux.

Marion avec son compagnon Jean-Claude
Marion avec son compagnon Jean-Claude

F.D. : Vivez-vous toujours avec Jean-Claude ?

M.G. : Nous sommes très proches, mais nous ne vivons pas ensemble dans cette maison : quand Jean-Claude vient ici, il a sa propre chambre. La « chose » se passe quand elle doit se passer ; mais pas le soir forcément, en même temps qu’on remonterait l’heure du réveil. Ah non mais… au secours ! Avec Jean-Claude, on rit des mêmes choses, on est dans l’émotion et la tendresse. Tout le reste, c’est du conflit. À commencer par dormir ensemble ! Pour moi, ce truc de passer une nuit ensemble est le summum de l’incompréhension. Je n’ai jamais compris ça. Pour moi, dormir c’est dormir. Avoir un autre corps à côté dans son pieu, c’est épouvantable !

F.D. : Cela tient-il au fait que l’on recense davantage d’hommes qui ronflent que de femmes ?

M.G. : Il y a déjà ça : le mec qui ronfle, qui allume à 1 heure du matin pour aller pisser et te réveille. Après, tu ne retrouves pas le sommeil. C’est dans les prisons qu’on dort ensemble, non ? Dormir avec son compagnon, pour moi c’est Fleury-Mérogis. Alors que la tendresse et tout ce qui s’ensuit, ça peut être avant ou après le sommeil.

F.D. : Parlons à présent de Tous des malades*, la nouvelle pièce dans laquelle vous jouez en octobre ! C’est aussi une histoire de famille ?

M.G. : Oui. Je suis trop contente ! Je joue avec Virginie ! L’auteur, Jean-Jacques Thibaud, a écrit un très beau texte. C’est la deuxième fois qu’on est partenaires.

F.D. : Quel est le sujet de cette pièce ?

M.G. : Cela se passe avant l’arrivée d’une tempête apocalyptique, dans une officine de province. Un pharmacien beau parleur se retrouve avec sa préparatrice crédule (ma fille Virginie), une commerciale dont les dents rayent le plancher, un inconnu dont les cornes touchent le plafond, un séduisant curé qui fait du rap et une classieuse belle-mère qui dérape : moi ! Et disons-le : parmi les actrices du troisième âge, nous ne sommes pas nombreuses à incarner la joie de vivre. C’est vrai, non ? Moi, sur ma tronche, je n’ai ni aigreur ni rancune ! Du coup, je suis une vieille fraîche et accorte !

Marion Game portraitF.D. : Vous vous considérez comme une ouvrière du troisième âge ?

M.G. : Dans Scènes de ménages, Gérard Hernandez et moi nous envoyons souvent des vacheries sur notre âge. J’aime bien ça, ce n’est ni méchant ni destructeur. Vieillir est inéluctable, il faut l’accepter ! Signoret a été une comédienne de plus en plus géniale, même si son visage vieillissait. Même chose pour Annie Girardot. Si je me prenais pour autre chose qu’une mamie, ma rotule me le rappellerait. Hier, on m’a fait une infiltration, et je dois me ménager pendant trois jours.

F.D. : Avez-vous des regrets ?

M.G. : La profession n’a pas voulu regarder dans ma direction, mais l’amour du public compense largement ce désintérêt. Maintenant, j’ai une popularité incroyable grâce à Scènes de ménages. Bien sûr, il y a des gens avec lesquels j’aurais rêvé de travailler, mais je n’allais pas dans les soirées mondaines à la rencontre des producteurs et des vedettes. Je n’ai pas établi de plan de carrière pour une raison toute simple : à la place, j’ai fait des enfants !

Cédric Potiron

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