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Marlène Jobert : Détestée par Marlene Dietrich !

Publié le 29 février 2008

L'Ange bleu, Marlene Dietrich, ne supportait pas que Marlène Jobert réponde au même prénom qu'elleL'Ange bleu, Marlene Dietrich, ne supportait pas que Marlène Jobert réponde au même prénom qu'elle

Curieux personnage que cette Marlene Dietrich, qui aura traversé le siècle dernier le marquant d'une empreinte indélébile. Dietrich, c'est d'abord, bien sûr, une grande comédienne allemande d'avant-guerre, rendue célèbre en 1930 par son interprétation dans le film L'Ange bleu, de Josef von Sternberg.

Star internationale, elle connaît ses plus grands succès après la guerre. S'étant exilée aux États-Unis pour fuir le régime nazi, Marlene Dietrich entame une seconde carrière de chanteuse à Las Vegas, où elle monte un spectacle cabaret. La suite n'est qu'un enchaînement de concerts, donnés sur les scènes du monde entier.

La France sera pour elle un refuge. Dès la Libération, elle y rencontre Jean Gabin, avec lequel elle a une courte liaison. Et c'est à Paris qu'elle passe les vingt dernières années de sa vie, après l'arrêt de sa carrière, en 1975.

Au cours de cette retraite dans la Ville lumière, l'artiste se montrera peu, vivant recluse dans un appartement de la rue Montaigne, uniquement entourée des personnes à son service.

Cruauté

C'est pendant cette période que le comédien Dominique Besnehard, qui exerçait alors en tant qu'agent artistique, a fugacement croisé sa route. Il en a gardé un souvenir cuisant : derrière l'ange, se cachait en fait un petit démon de cruauté.

En décembre dernier, Dominique Besnehard était à la barre de l'émission Paris Croisière sur la chaîne Paris Première. À ses côtés, Pierre Lescure, SylvieVartan, Nana Mouskouri ou encore la jeune Olivia Ruiz discutaient à tour de rôle de leurs métiers, quand Sylvie en est venue à évoquer Marlene Dietrich. Elle non plus n'en avait pas gardé un excellent souvenir. Elle l'avait croisée très jeune, lors d'un dîner avec Jean-Jacques Debout au cours duquel la chanteuse d'origine allemande ne lui avait même pas jeté un regard.

C'est alors que Dominique Besnehard a raconté cette anecdote : « Moi, je l'ai eue au téléphone en 1987, se souvient-il. On avait un ami commun qui la connaissait très bien et cet ami, partant en vacances, m'avait dit : " Elle est un peu seule tout l'été, si elle a un problème, je vais lui donner ton numéro de téléphone. " Et un jour, elle m'appelle ! N'y croyant pas, je raccroche. Elle me rappelle et me dit : " Je suis vraiment Marlene Dietrich. " »

Jalousie

Grand connaisseur du 7 e art, l'agent artistique est ravi, d'autant que Marlene lui promet de lui envoyer une photo dédicacée. C'est alors que le jeune homme décide de pousser sa chance plus avant en glissant à son interlocutrice que c'était l'anniversaire de Marlène Jobert, une amie à lui, et qu'il aimerait bien qu'elle lui fasse parvenir une dédicace pour elle aussi. Quelle n'est pas sa surprise de s'entendre répondre, avec l'accent guttural qu'elle a toujours conservé, cette phrase assassine : « Ah, elle, je la déteste ! Pourquoi elle a pris mon nom ? » Et Dominique Besnehard de conclure : « Marlene m'a raccroché au nez et elle n'a jamais voulu m'envoyer la dédicace ...»

L'histoire peut prêter à sourire, mais elle en dit long sur le caractère tempétueux de cette diva qui, vous le saviez certainement, se prénommait en réalité Maria Magdalena. Un prénom qu'elle avait délibérément abrégé à l'âge de 11 ans, se donnant un nom de scène, Marlene, qu'elle aurait sans doute voulu être la seule au monde à porter... On appelle ça un caprice de star !

Christian Morales

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