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Marlène Jobert : "On ne guérit jamais de son enfance"

Publié le 17 décembre 2010

Malgré le succès, sa beauté préservée, Marlène Jobert n'a jamais eu confiance en elle. Et nous explique pourquoi.Malgré le succès, sa beauté préservée, Marlène Jobert n'a jamais eu confiance en elle. Et nous explique pourquoi.

Niché au dernier étage d'un bel immeuble haussmannien, l'appartement de Marlène Jobert respire l'élégance. L'actrice nous devance dans son salon pour se lover sur un canapé de cuir noir.

Des piles de livres abandonnés sur le parquet, un piano sur lequel reposent les photos de ses filles, une cheminée de marbre blanc où trône un César, de nombreuses plantes... L'atmosphère de la pièce est à son image : sereine et raffinée.

Devant nous, deux tasses de thé au gingembre fument. « Vous avez lu mon dernier livre sur Cléopâtre ? s'enquiert-elle. Il y a deux ans, le conte sur Toutankhamon a été un énorme succès. Alors, pour le 7e ouvrage de ma collection " Un jour tout là-bas", qui permet aux enfants de découvrir d'autres cultures et coutumes, j'ai choisi de repartir en Égypte !»

->Voir aussi - Marlène Jobert : C'est la super mamie des 15-25 ans !

France Dimanche (F.D.) : Avant la publication de votre nouveau conte, vous êtes devenue, il y a quatre mois, la marraine de l'association L'enfant bleu.

Marlène Jobert (M.J.) : Oui. C'est une association qui vient en aide aux enfants maltraités physiquement et mentalement, en leur offrant les services de juristes, de psychologues... Trois cents enfants meurent chaque année de maltraitance ! L'association soutient aussi les adultes qui ont été victimes plus jeunes de sévices. Je crois qu'on ne guérit jamais de son enfance.

F.D. : Vous avez évoqué votre enfance difficile. Votre engagement est-il lié à ce que vous avez vécu ?

M.J. : Je ne peux pas dire que j'ai été une enfant maltraitée. En tout cas, ce n'est pas pour cela que j'ai adhéré à cette association. Mais c'est vrai que, gamine, j'ai subi des humiliations qui m'ont fait perdre le capital minimum de confiance en soi pour se sentir bien dans sa peau. Aujourd'hui encore, j'en garde des séquelles.

F.D. : Pourquoi n'avez-vous pas suivi une psychothérapie ?

M.J. : J'ai pensé que l'âge guérirait mes blessures. Et dans une certaine mesure, le temps a fait son œuvre. Je me suis peu à peu réconciliée avec la vie. J'ai gagné en sérénité. Mais je doute encore énormément de moi. Après tout, peut-être qu'il n'est pas trop tard pour faire une thérapie. Je me sens prête...

F.D. : Vous évoquez souvent ces humiliations, mais vous ne les avez jamais vraiment racontées !

M.J. : Je m'apprête à écrire mon autobiographie. En la rédigeant, je prendrai certainement la distance nécessaire par rapport à ces épisodes douloureux.

F.D. : Votre manque de confiance aurait pu vous inciter à vous cacher. Or vous avez choisi de faire un métier très exposé !

M.J. : Oui, parce qu'un jour j'ai récité un poème à mon père. Là, j'ai vu dans ses yeux que ça lui faisait plaisir. Ça a été pour moi un véritable déclencheur. Pour la première fois, j'éprouvais le plaisir d'être reconnue et appréciée. Cela a probablement été l'origine de ma vocation d'actrice.

F.D. : Et de conteuse ! Écrivez-vous toujours dans votre maison normande ?

M.J. : Oui. C'est mon refuge. Mon mari n'aime pas trop la campagne. Il n'y vient jamais. J'y suis donc souvent seule. Et j'aime ça. Je suis assez solitaire. Je peux y passer des semaines en ne parlant qu'à ma maison. Pour moi, elle est devenue une personne. J'ai hâte de la voir sous la neige.

Daphné de Givry

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