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Marthe Mercadier : Agressée et bientôt à la rue !

Publié le 19 avril 2013

Dans l'incapacité de continuer à payer le loyer de l'appartement qu'elle occupe avec sa fille, la comédienne, Marthe Mercadier actuellement plâtrée jusqu'à l'épaule, va être expulsée !Dans l'incapacité de continuer à payer le loyer de l'appartement qu'elle occupe avec sa fille, la comédienne, Marthe Mercadier actuellement plâtrée jusqu'à l'épaule, va être expulsée !

En juillet dernier, elle partait En vadrouille, une pièce humoristique, avec le petit-fils de Louis de Funès... Un grand moment de bonheur auquel, hélas, ont succédé bien des ennuis ! Depuis quelque temps en effet, Marthe Mercadier connaît de graves déboires financiers, à tel point qu'elle est aujourd'hui menacée d'expulsion !

Et, comme si cela ne suffisait pas, elle a été tout récemment victime d'une agression dans son immeuble. Le bras dans le plâtre, le visage encore marqué par sa chute, la comédienne nous a reçus dans l'appartement qu'elle occupe à Neuilly-sur-Seine. Confidences d'une battante qui, à 84 ans, garde le moral, malgré tous ses ennuis...

->Voir aussi - Marthe Mercadier et Laurent de Funès : "Laurent est le portrait craché de Louis !"

France Dimanche (F.D.) : Vous faites peine à voir avec ce plâtre !

Marthe Mercadier (M.M.) : Croyez-moi, ce que vous voyez aujourd'hui n'est rien ! Il y a encore quelques jours, j'étais plâtrée jusqu'à l'épaule et j'avais tout le visage tuméfié. Avec ma légendaire diplomatie, j'ai expliqué aux médecins qu'il était hors de question que je reste comme ça. Du coup, ils m'ont réopérée et ont ainsi pu réduire le plâtre. Heureusement, Véronique, ma fille, est là pour m'aider et prendre soin de moi.

F.D. : De quoi souffrez-vous exactement ?

M.M. : D'une double fracture du poignet et de l'avant-bras.

F.D. : Comment cela vous est-il arrivé ?

M.M. : J'ai eu le malheur de me trouver sur le passage de deux jeunes que je n'avais jamais vus et qui dévalaient l'escalier de mon immeuble en vociférant. J'étais sur le palier quand ils ont déboulé. J'ai valdingué, sans avoir le temps de réagir. J'aurais pu y passer, mais heureusement, je suis plutôt souple !

F.D. : Avez-vous porté plainte ?

M.M. : Contre qui ? Et pourquoi ? Ils ne m'ont rien volé, ils ne m'ont pas insultée, d'ailleurs je serais bien incapable de les reconnaître ! C'est contre la violence ambiante et, sans doute, la drogue, qu'il faudrait porter plainte ! Certaines personnes pensent qu'à Neuilly, on est privilégiés. Moi, tous les jours, je me demande au contraire si, ici, ce n'est pas pire qu'ailleurs !

F.D. : En plus de vos problèmes de santé, vous connaissez actuellement quelques difficultés financières. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?

M.M. : Oh, il y a longtemps que je ne roule pas sur l'or ! J'ai gagné beaucoup d'argent dans ma vie, c'est vrai, mais j'ai toujours tout redistribué. On parle beaucoup de la crise en ce moment, mais vous savez, la misère des gens ne date pas d'hier. Et moi, l'injustice du monde, je ne l'ai jamais supportée. Le problème, c'est qu'à force de vouloir sortir les gens de la merde, on finit par s'y retrouver soi-même.

F.D. : C'est-à-dire ?

M.M. : Dans quelques jours, je suis convoquée au tribunal. Je risque de me retrouver à la rue, avec ma fille et ma petite-fille, parce que, ces derniers temps, on ne pouvait plus payer le loyer. C'est dur, mais nous nous en sortirons. J'ai appris à surmonter les épreuves. Et puis, il y a des gens sur cette planète bien plus à plaindre que nous.

F.D. : L'année dernière pourtant, vous aviez réussi à obtenir un logement grâce à la mairie...

M.M. : On m'a effectivement octroyé une minuscule chambre dans un foyer. J'y ai entreposé quelques affaires, et un lit où je dors le plus souvent. Mais pour ces quelques mètres carrés, je suis censée payer 600 euros par mois au Trésor public qui m'en retient déjà 800 pour des arriérés d'impôts, sur ma somptueuse retraite de 1.600 euros ! Alors, faites les comptes. D'autant qu'il a fallu trouver un appartement pour ma fille et ma petite-fille qui livrent aussi un combat difficile.

F.D. : Et c'est de cet appartement dont on veut aujourd'hui vous chasser ?

M.M. : Exactement. Nous étions parvenues à obtenir ce logement grâce à ma participation à Danse avec les stars. On avait même payé un an d'avance. Mais malheureusement, depuis quelque temps, les retards s'accumulent.

F.D. : Votre fille Véronique ne peut-elle pas vous aider ?

M.M. : Véronique est une mère courage et une fille exemplaire. D'ici peu, je sais qu'elle n'aura plus de problèmes, mais son parcours n'a pas été simple. Elle a connu de graves déboires conjugaux et s'en est sortie. Et elle m'a toujours assistée, malgré ses propres ennuis, dans mes mille et un combats de toutes sortes. Ensemble, sans hommes, nous avons toujours réussi à faire face financièrement. Mais avec l'âge, les rôles se font rares, et les rentrées d'argent aussi. Véronique s'est remise aux études. Je suis sûre qu'elle trouvera un emploi très vite. Pour l'instant, elle a deux pistes : l'une dans le massage canin, l'autre dans la réflexologie plantaire.

F.D. : La dernière fois que vous étiez sur scène, c'était dans la pièce En vadrouille. Avez-vous d'autres projets ?

M.M. : C'était émouvant pour moi de lancer sur les planches mon partenaire Laurent de Funès, comme je l'avais jadis fait pour son grand-père Louis. Mais, après un mois d'été fort sympathique au théâtre du Gymnase, on a dû écourter la tournée. Je vais tout de même bientôt avoir 85 ans et, même si je suis en forme et lève encore la jambe bien haut, jouer quasiment tous les soirs commence à peser lourd !

F.D. : Vous semblez malgré tout garder le moral !

M.M. : Dans ma vie, j'ai traversé et surmonté beaucoup d'épreuves. Bègue, muette, paralysée deux ans sur une planche, miraculée de la Gestapo, j'ai survécu grâce à mes révoltes contre moi-même mais aussi contre l'arbitraire, l'intolérance, l'iniquité et l'injustice. Aujourd'hui, la seule chose qui m'importe, c'est de ne pas devenir une charge pour ceux qui m'aiment. Et, même si les « grands amis » du métier vous tournent le dos quand vous ne leur êtes plus utile, je veux garder le sourire pour ce public qui m'a tant donné.

Alain Morel

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