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Marthe Mercadier : Merci mon "France Dimanche !"

Publié le 5 mai 2015

Un an après le � cri de désespoir � de Marthe Mercadier relayé dans nos pages de France Dimanche, l’actrice, touchée par la maladie d’Alzheimer, a trouvé un nouveau lieu de vie.

L’actrice nous raconte son déménagement, après son cri d’alerte lancé dans le n° 3524 de France Dimanche, il y a un peu plus d’un an. Marthe Mercadier a quitté Neuilly et a enfin obtenu un logement social à Suresnes. Sa fille Véronique a dû adapter son emploi du temps pour l’assister.

Mais aujourd’hui, fini le stress et les problèmes d’argent ! C’est en famille, avec leurs animaux domestiques, que le couple fusionnel mère-fille a déménagé. Et continue d’avancer, envers et contre tout.

France Dimanche (F.D.) : Comment allez-vous ?

Marthe Mercadier (M.M.) : J’ai enfin quitté Neuilly le mois dernier. Quel bonheur ! C’est mon coup de gueule dans vos colonnes qui a tout déclenché. Sans quoi, le maire de la ville m’aurait placée d’office dans une maison pour malades d’Alzheimer. C’est donc grâce à vous que je vis encore avec ma fille ! Vu mon surendettement, nous n’aurions jamais obtenu de logement social autrement. Merci mon France Dimanche, je vous aime !

F.D. : À quoi ressemble votre nouveau domicile en banlieue parisienne ?

M.M. : J’ai déménagé dans un logement social de 70 m2, avec deux chambres et une très belle vue sur la Seine ! La priorité est maintenant de décorer l’appartement, car une partie de mes meubles a été saisie. Mais j’aurais préféré me suicider plutôt que d’aller en maison de retraite et quitter Véronique. Je ne voulais pas vivre dans un centre spécialisé, et je suis donc sous la curatelle de ma fille.

F.D. : Vous avez révélé que vous souffriez de la maladie d’Alzheimer… Pourquoi l’avoir évoqué publiquement ?

M.M. : Pour encourager les personnes victimes d’Alzheimer à se battre. Pour qu’elles ne soient pas placées d’office en maison médicalisée, par exemple. Elles ont quand même leur mot à dire, mince alors ! Il me semble essentiel qu’elles puissent choisir de rester chez elles, dans leur cadre familial, le plus longtemps possible.

F.D. : Quel est votre traitement ?

M.M. : Je prends deux comprimés par jour. Le premier, de donépézil, pour ralentir les troubles de la mémoire. L’autre sert à modérer mon agressivité !

F.D. : Pour quelle raison souhaitez-vous prendre aujourd’hui la parole ?

M.M. : Je veux témoigner au nom de tous les malades qui n’ont pas la chance d’être célèbres, comme moi, et de fait ne sont pas écoutés ! S’il était tellement important pour moi de ne pas aller en maison médicalisée, c’est parce que ma fille est mon premier médicament. Plus encore que les cachets du Pr Dubois, je suis sûre que la présence de Véronique retarde l’évolution de ma maladie. Si je ne la vois plus, je meurs. Elle est formidable ! Elle a bouleversé son emploi du temps pour s’occuper de moi. Malheureusement, nombre de malades n’ont pas la chance d’avoir un proche pour s’occuper d’eux. C’est un miracle de pouvoir vieillir entouré de l’amour des siens, et de ses animaux domestiques.

F.D. : Que faites-vous les jours où votre fille ne peut pas s’occuper de vous ?

M.M. : Je vais à la Pitié-Salpêtrière. C’est d’ailleurs ce qui va m’arriver prochainement, car Véronique va suivre une formation en province. Elle toilette les animaux, a un certificat de masseur canin, et n’éduque pas seulement nos trois chihuahuas, mais tous les autres ! Elle veille sur mon bien-être tout en étant également « conseillère en bien-être animalier » ! Ainsi, dans notre nouvel appartement, elle recherche un équilibre fondamental chiens-humains pour que tous les occupants puissent vivre plus longtemps, et de façon sereine et épanouie. Nous sommes tous concernés par l’harmonie entre la nature, les animaux et notre santé : pas seulement les personnes âgées, seules, ou sans famille !

F.D. : Avez-vous l’impression que la présence de vos animaux freine la dégénérescence de votre mémoire ?

M.M. : Quand je ne suis pas avec ma fille, je regarde mes chats et mes chihuahuas, je leur parle, ils me protègent. J’ai besoin de leur présence. Ils sont comme un rayon de soleil. Ils sont tendres avec moi, et se montrent très attachants. Ils me suivent partout. Dans ce nouveau logement, je ne leur interdis rien, ils sont libres, vont et viennent, s’asseyent sur mes genoux. Mais attention, ce n’est pas le bazar pour autant ! Car chaque chihuahua a son panier. Et les deux chats dorment sur mon lit, dans ma chambre ! Véronique est comme une mère pour eux : en un regard, elle peut dire s’ils vont bien ou pas ! Je suis très impressionnée par la relation qu’elle a avec les bêtes. Et quand elle n’est pas avec moi, elle travaille au Centre du bien-être animal*, dans l’ouest parisien, avec sa directrice, Patricia. Elle est très douée pour soulager les chiens âgés qui ont des problèmes d’arthrose. Ses massages remplacent une séance de sport ! Les vieux toutous ont, comme nous, des problèmes de mobilité réduite !

Cédric Potiron

* centredubienetreanimal.com

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