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Mary Kay Letourneau : Elle a tout sacrifié par amour !

Publié le 25 juin 2017

Après plus de vingt ans de passion, l’ex-enseignante Mary Kay Letourneau divorce de son élève pour qui elle a fait sept ans de prison…

Certaines ruptures sont un soulagement, d’autres sont pires que la mort pour celle ou celui qui la subit. Et la séparation d’un couple qui défraya la chronique voilà tout juste vingt ans appartient sans conteste à la seconde catégorie. Car l’homme et la femme qui ne se réveilleront plus jamais dans le même lit avaient accepté les pires souffrances pour que vive leur amour.

Ils avaient défié les lois, la morale des bien-pensants et avaient été mis au ban de la société américaine, dont le puritanisme non dénué d’hypocrisie ne pouvait tolérer qu’une enseignante et son élève, encore adolescent, décident de vivre leur passion au grand jour.

Une passion d’autant plus forte que Mary Kay Letourneau et son jeune amant, Vili Fualaau, se sont retrouvés seuls contre tous dans le rôle des réprouvés, des déviants. Mais cette situation de détresse n’avait fait que souder davantage leur couple lorsque la justice, ainsi que les médias du monde entier s’étaient intéressés à l’affaire.

Leur histoire avait commencé en 1996 quand Mary Kay, professeure de mathématiques à la Shorewood Elementary School, alors âgée de 34 ans, mariée et mère de quatre enfants, succombe au charme d’un étudiant de 22 ans son cadet. Il faut avouer que Vili, d’origine samoane, fait bien plus que ses 12 ans. Avec son 1,80 m et sa voix grave, presque digne de celle de Barry White, c’est déjà un jeune homme.

Mais quand on sait qu’aux États-Unis un enseignant qui couche avec l’un de ses élèves majeurs ne coupe pas au licenciement, l’on imagine déjà le sort que le tribunal réserve à la pécheresse accusée de pédophilie. Surtout qu’elle ne peut guère compter sur le soutien des siens : son père est un député ultraconservateur, qui tenta même, sans succès, de briguer l’investiture des Républicains pour la présidentielle. Un tel scandale va plutôt le pousser à renier sa fille qu’à l’aider.

Quant à son époux, ingénieur travaillant pour la compagnie Alaska Airlines, qui certes a de bonnes raisons de se fâcher, il ne prend pas la peine de discuter avec sa femme adultère et s’empresse de la dénoncer aux autorités, après avoir appris que sa légitime est enceinte de ce gamin précoce à bien des égards. Comme la jeune femme refuse d’avorter, il ira jusqu’à la battre dans l’espoir, si l’on peut dire, qu’elle fasse une fausse couche. En vain, fort heureusement, comme si même la violence ne pouvait trancher le lien unissant ce duo de réprouvés.

« Entre eux, c’était comme magnétique », s’est souvenu en 1998 un proche de l’accusée, avant de préciser qu’ils avaient fait l’amour au moins 300 fois durant l’été 1996, ce qui implique une sérieuse attirance doublée d’une assiduité exceptionnelle. Même s’ils ne disposaient sans doute pas de cette information, les juges de Seattle n’ont vraiment pas fait preuve de mansuétude envers Mary Kay. En 1997, ils la condamnent à la peine maximale pour les faits qui lui étaient reprochés : sept ans de prison pour viol sur mineur.

Épreuves

C’est alors que leur aventure va prendre toute sa dimension romanesque. Presque tout le monde aurait parié qu’une fois les portes du pénitencier refermées derrière Mary Kay, le très jeune homme aurait coupé les ponts avec sa maîtresse, au propre comme au figuré. Eh bien pas du tout ! Vili, loin de se laisser impressionner par la pression de ses proches et de tout un pays, ne cessera jamais de rendre visite à sa chère et tendre retenue derrière les barreaux.

Après la naissance de leur premier enfant, un second va voir le jour, fruit de leurs rencontres furtives, alors que Mary Kay se trouve encore en prison. Aussi patient qu’épris, celui qui a bien grandi va attendre que cette dernière soit enfin libérée, en 2004, avant de l’épouser l’année suivante, une fois sa majorité acquise.

« Quand je suis sortie, déclarait à Paris Match, en 2015, l’ex-taularde, devenue assistante juridique, j’ai voulu me baigner dans l’océan. Je voulais sentir le sable sous mes pieds, l’eau froide m’envahir. Ça m’a pris du temps. Sans Vili, je n’aurais jamais retrouvé ces sensations. » Avant d’ajouter : « Je ne regrette rien. Si c’était à refaire, je le referais, mais pas de la même façon. Je connais la loi maintenant, je me débrouillerais pour la contourner afin d’éviter la prison, et surtout la séparation d’avec mes enfants. »

Depuis cette déclaration, les choses ont hélas bien changé. Les parents d’Audrey, 20 ans, et Georgia, 18  ans, ne semblent plus sur la même longueur d’onde. Mary Kay et Vili viennent en effet d’annoncer qu’ils divorçaient. Une triste nouvelle confirmée par leurs proches au magazine américain People. Comment expliquer que des êtres ayant affronté ensemble des épreuves aussi dures cessent de s’aimer ? La routine pourrait-elle rompre des liens qui paraissaient indestructibles ?

C’est ce que semblent laisser entendre, en filigranes, ces mêmes sources : « Ils avaient, depuis un moment, des problèmes conjugaux. Ils ont essayé de les surmonter, mais cela n’a pas marché. Ils restent engagés dans l’éducation de leurs enfants. » Selon tous les témoins, cette rupture n’a rien à voir avec une quelconque infidélité de l’un des époux.

Autre certitude, c’est Vili qui a pris l’initiative de ce divorce. Et cette information est loin d’être anodine, car si cette séparation après plus de vingt ans d’une histoire d’amour hors norme les blesse tous les deux, elle est encore bien plus pénible pour une femme aujourd’hui âgée de 55 ans qui a tout sacrifié pour l’homme de sa vie : sa carrière, sa réputation, sa famille, passant des années dans une geôle sordide.

Fatale

Sans compter que Mary Kay Letourneau a toujours soutenu son mari, qui tentait, sans grand succès, de percer en tant que DJ, en gagnant de l’argent pour deux. Autant de raisons qui expliquent qu’elle soit aujourd’hui, de l’aveu même de ses amis « au fond du trou et extrêmement déprimée. »

Espérons juste que cette histoire si forte, qui ressemble tant au scénario du film d’André Cayatte Mourir d’aimer, n’ait pas une chute aussi fatale que le titre de ce long métrage des années 70. Et que cette histoire qui finit mal démontre seulement, pour citer Corneille, qu’« aux âmes bien nées, l’amour n’attend pas le nombre des années. »

Claude Leblanc

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