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Maryse Wolinski : Bafouée et humiliée  !

Publié le 28 avril 2016

La veuve du dessinateur, qui ne se remet pas de la perte de son mari assassiné dans de la tuerie de “Charlie Hebdo” en janvier 2015, Maryse Wolinski a décidé de poursuivre en justice ceux qui font peser sur elle d’odieux soupçons.

Le temps de la douleur et du deuil n’est évidemment pas fini pour tous les proches des victimes de l’attentat sanglant du 7 janvier 2015, dans les locaux de Charlie Hebdo. Mais, comme si ce poids énorme ne suffisait pas, voici qu’est arrivé pour eux celui de la colère et du dégoût. C’est notamment le cas pour Maryse Wolinski, la veuve de Georges Wolinski, le célèbre dessinateur, mort dans la tuerie.

Maryse, 72 ans, se sent tellement trahie, humiliée, méprisée, qu’elle a décidé de saisir les tribunaux. Dans son viseur : le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions pénales (FGTI). « Ce qu’on me fait vivre est d’une telle violence que j’ai parfois eu envie de tout laisser tomber, vient-elle d’avouer au journal en ligne Mediapart. C’est difficile de parler d’argent. Mais il n’y a pas de raison que je renonce à mon dû. »

->Voir aussi - Maryse Wolinski : "Georges avait pressenti sa mort !"

Selon le site, le fonds de garantie aurait déjà proposé de l’argent à Maryse Wolinski comme à d’autres, notamment Chloé Verlhac, la veuve de Tignous. Mais, pour Maryse, cette somme est dérisoire. Car, toujours d’après Mediapart, elle pourrait prétendre à une indemnité d’environ 1 million d’euros !

Brutalité

De plus, ce que tous reprochent au FGTI, c’est de ne rien expliquer et de faire traîner les choses. Et aussi, c’est peut-être le plus dur à supporter, le plus humiliant, de bannir toute espèce de rapports vraiment humains avec ces êtres qui ont vécu une atroce tragédie. Le fonds ne les reçoit pas et ses courriers sont d’une brièveté presque insultante.

Maryse Wolinski ne décolère pas de la façon dont elle est traitée. Après l’attentat, elle a, par exemple, demandé au fonds de bien vouloir prendre son déménagement en charge. Nous vous avions raconté, en septembre dernier, comment elle vivait sous la menace d’une expulsion, le propriétaire de son appartement ayant décidé de le récupérer pour y loger son fils. Eh bien, le fonds a refusé sa demande.

Mais le pire, ce fut leur façon de refuser : la personne qui suit son dossier lui a dit avoir lu dans son livre que Georges et elle avaient le projet de déménager avant le massacre du 7 janvier, et que, donc, le fonds n’avait pas à lui donner le moindre centime pour le faire !

Cette brutalité cynique, Maryse ne l’a pas digérée. C’est pourquoi elle a décidé d’assigner le FGTI en justice, qui prétend soustraire de son indemnité économique les hypothétiques droits d’auteur que Maryse pourrait toucher sur les albums de son mari défunt.

« En gros, on me dit que je vais m’enrichir, que je suis coupable de faire du fric sur la mort de mon mari, se révolte Maryse Wolinski. On sous-entend que c’est une chance pour moi qu’il soit mort et on me fait un procès en enrichissement. C’est ignoble. »

Jean-Louis Vinteuil

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