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Mathieu Johann : “Face à la maladie, maman était une guerrière !”

Publié le 12 juin 2018

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Mathieu Johann "inconsolable". Depuis le décès de sa mère, Éliane, le 8 mai, des suites d’un cancer, l’ancien de la “Star Academy” s’est livré à nous.

«Sa disparition conclut un combat qui a duré une décennie, depuis ce jour maudit où on lui a diagnostiqué une leucémie, à 52 ans seulement, nous explique Mathieu.

Pendant dix ans, maman a dû endurer tant de souffrances !

Mais elle n’a jamais désespéré. Jusqu’à la fin, elle y a cru.

Hélas, sa dernière chimio l’avait trop épuisée. Les médecins lui avaient conseillé d’arrêter le traitement pendant une dizaine de jours pour essayer de se reposer.

Mais il était déjà trop tard…

Elle est morte le 8 mai dernier, pendant ce break qui était censé la faire repartir du bon pied.

Tout est allé très vite.

Les médecins m’ont dit que son cas était assez complexe car, en plus de la leucémie, elle avait développé une sorte de lymphome, un cancer du système lymphatique, ce qui était, selon eux, assez rare.

Mais ce qui est beau malgré tout, c’est que sans Stéphanie Fugain – qui a créé l’association Laurette Fugain après la disparition de sa fille des suites d’une leucémie –, maman serait morte il y a dix ans.

Confiance

C’est Stéphanie qui nous a présenté les meilleurs praticiens, dont le Pr Catherine Thieblemont à l’hôpital Saint-Louis à Paris.

Ce médecin, qui y dirige le service d’onco-hématologie, a prolongé la vie de ma mère au-delà de toutes mes espérances, puisque quand on lui a annoncé le terrible mal dont elle souffrait, le corps médical ne lui donnait plus que quinze jours à vivre !

Je ne voulais pas l’admettre.

J’avais rencontré Stéphanie à l’époque de la Star ac’.

Elle m’avait laissé ses coordonnées.

Je l’ai appelée pour lui demander du secours.

Elle nous a tout de suite dirigés vers les bonnes personnes.

Maman, qui était infirmière et avait dédié trente ans de sa vie à soigner les autres, est passée soudain de l’autre côté.

Mais face à la maladie, c’était une guerrière.

Aujourd’hui, je me retrouve orphelin.

Mon père est parti quand je suis né, elle était donc tout pour moi.

Si elle a tenu le coup pendant cette longue bataille, c’est sans doute pour moi, son fils unique.

Mère célibataire, elle a tout fait pour que la vie me soit douce.

Elle m’enveloppait d’amour.

Nous avons vécu tous les deux seuls pendant vingt-cinq ans dans un quartier prioritaire, à Saint-Lô, en Normandie.

On n’avait pas d’argent mais on était très heureux.

Très jeune, vers 14 ans, j’ai décidé de faire de la musique mon métier.

Malgré les épreuves, elle m’a toujours soutenue, m’a fait confiance.

Elle m’a porté à bout de bras pendant toutes ces années jusqu’à ce que je réalise mon premier album à 20 ans, puis la Star ac’ quatre années plus tard.

Grâce à ça, j’ai pu enfin lui offrir la maison de ses rêves. 

En dix ans de chimio, de piqûres, de souffrances, de fatigue, de doutes, de désespoir, de larmes, jamais elle ne s’est apitoyée sur son sort.

Et à la toute fin, elle m’a dit : “Tu sais, Mathieu, il faut bien mourir un jour.

J’ai voulu rester auprès d’elle jusqu’au bout, mais il s’est passé une chose étrange.

Ce 8 mai fatal, j’ai fermé la porte de sa chambre à 20 h 42 pour aller me reposer un peu.

À 21 h 15, quand je suis revenu auprès d’elle, elle était partie.

Je pense qu’elle ne voulait pas m’infliger ce moment-là car je lui avais dit juste avant : “Maman, je suis un grand garçon, tu peux t’envoler.

“C’était mon rempart”

Aujourd’hui, le plus dur, c’est d’apprivoiser son absence.

Je passe mes nuits à rêver d’elle.

Elle était si belle, belle par son courage, par son goût pour la vie, pour tout ce qu’elle m’a inculqué.

La veille de sa disparition, elle me disait encore : “Je veux m’en sortir, Mathieu.

Elle avait plein de projets, souhaitait construire une véranda dans son jardin, rempailler des chaises, manger la soupe de sa meilleure amie.

Elle n’a jamais baissé les bras jusqu’à ce que la mort s’empare d’elle.

Elle qui était pourtant très amaigrie et si faible.

La chimio avait diminué ses défenses immunitaires.

Je la stimulais comme je pouvais en lui confiant : “Maman, j’ai besoin de toi. Qu’est-ce que je vais dire à Louis et Marin, mes deux petits garçons [nés de sa relation avec Clémence de Koh-Lanta, ndlr], comment leur annoncer que tu es partie ? Si tu t’envoles, comment vais-je faire ?

Mais ça n’aura pas suffi.

Tous les soirs, les petits réclament Lili, leur grand-mère adorée, qui savait si bien leur raconter des histoires.

Si je n’avais pas ce cocon familial, honnêtement, je ne trouverais plus aucune espèce d’intérêt à vivre.

Ma mère était mon pilier.

Je lui dois tout. Nous étions si fusionnels.

J’ai pu réaliser mes rêves grâce à elle.

Si je suis parvenu à me reconstruire après le viol que j’ai subi quand j’étais petit, c’est encore grâce à elle.

Elle m’a permis de me sentir invincible.

C’était mon rempart, mon bouclier.

Maintenant qu’elle n’est plus là, j’ai un genou à terre. Je suis plus fragile que jamais… »

Sophie MARION

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