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Mathilde de The Voice : “Ce n’est pas une tare d’être ronde !”

Publié le 9 avril 2015

Chanteuse plutôt spécialisée dans le jazz, Mathilde a tenté sa chance dans l’émission The Voice où seul le talent est jugé. Pourtant, certains s’en prennent à son� physique…

Elle l’a échappé belle, Mathilde ! Son interprétation aux auditions à l’aveugle de Dis, quand reviendras-tu ? la chanson de Barbara, avait conquis les quatre coachs qui s’étaient retournés.

La trentenaire avait alors choisi Zazie avant de perdre lors des battles et d’être repêchée de justesse par Jenifer. Une seconde chance bien méritée. Mais jusqu’où ira-t-elle ?

France Dimanche (F.D.): Comment la musique est-elle apparue dans votre vie ?

Mathilde (M.) : Mes parents ont toujours été très à cheval sur mon éducation musicale. En même temps, je leur ai très tôt rabâché que je voulais devenir chanteuse. J’ai intégré à 7 ans le conservatoire de Montpellier où j’ai très vite appris le chant lyrique. Mon plus grand modèle, c’était la Callas. Je l’imitais sous ma douche.

F.D. : Pour quelle raison êtes-vous partie vivre à Londres ?

M. : Après mon bac, j’ai beaucoup bougé : Châteauroux, Angoulême, Poitiers… J’ai toujours eu envie de faire plein de choses. J’ai notamment essayé les Beaux-Arts avant de me décider à partir vivre à Londres pour obtenir un diplôme d’anglais. Le comble, c’est que mes parents, artistes tous les deux, ne comprenaient pas pourquoi je voulais faire ça. Ils insistaient pour que je m’épanouisse dans ce que j’aime le plus au monde : la musique ! J’ai donc intégré là-bas une école de gospel. Et je payais mes études en gardant des enfants. L’un d’entre eux était autiste. C’était très dur, mais aussi très intéressant, parce qu’il faisait de la musicothérapie. La musique était donc un moyen de communication tout trouvé entre lui et moi.

F.D. : Qu’est-ce qui vous a poussée à revenir en France ?

M. : Une fois mon diplôme en poche, j’ai senti que mon pays me manquait. Je me souviens encore de mon voyage retour dans l’Eurostar. C’est là que j’ai pris la décision de me lancer pour de bon. Arrivée à Paris, j’ai très rapidement monté un groupe et enchaîné les concerts dans des bars et des clubs. Ça fait maintenant six ans que j’arpente la scène parisienne.

Mathilde fond rougeF.D. : Comment êtes-vous arrivée sur le ­plateau de The Voice ?

M. : La production a découvert une de mes vidéos sur Internet. Vu que je suis en ce moment à fond dans le jazz, je pensais que je n’avais pas ma place dans cette émission. Après mûre réflexion, j’ai accepté de me prêter au jeu. Après tout, qui ne tente rien n’a rien. Et je ne regrette pas mon choix. Ce concept me convient parfaitement, car seule la voix compte et non pas le physique. Tout le monde est jugé équitablement. Que l’on soit petit, grand, maigre, ou avec des rondeurs, comme moi !

F.D. : Avez-vous des complexes à cause de votre physique ?

M. : Je vis très bien avec mes formes. J’en parle d’ailleurs très librement. Ce n’est pas une tare d’être ronde. J’accepte mon corps tel qu’il est. D’autant plus que je suis en parfaite santé : ni cholestérol ni diabète. Par le passé, j’ai déjà essayé de maigrir pour correspondre bêtement aux critères que la mode nous impose. Après avoir perdu trois tailles, j’étais malheureuse comme les pierres. Cela dit, si je le vis plutôt bien aujourd’hui, c’était plus dur durant mon enfance. J’ai été victime d’odieuses insultes. Il m’arrive d’ailleurs encore aujourd’hui d’être la cible de blagues de très mauvais goût. Récemment, j’ai même été moquée par l’imitateur Nicolas Canteloup dans un de ses sketchs à la télévision. Il m’avait surnommée Margarine Peugeot. J’ai beau être, hélas, habituée, ça fait toujours un peu mal ! Je suis pourtant la première à rire de bon cœur sur le sujet, j’ai beaucoup d’autodérision, mais là, ce n’était vraiment pas drôle. C’était blessant. On peut certes rire de tout, mais tout le monde n’est pas Pierre Desproges. Ce qui me dérange le plus, c’est que si ça avait été une blague raciste ou misogyne, tout le monde aurait crié au scandale, à juste titre. Il n’y a malheureusement aucun recours pour préjudice moral dans mon cas. Mais bon, l’essentiel, c’est que je me sente bien dans ma peau. En osant en parler ainsi, j’espère faire évoluer les mentalités.

F.D. : Et côté cœur, comment ça se passe ?

M. : Tout va pour le mieux ! Mon petit ami s’appelle Habib-Sylvain, et nous sommes ensemble depuis six ans. On s’est rencontrés à un de mes concerts. Et je peux vous dire qu’il adore mes formes ! À tel point que lorsque j’ai pensé perdre quelques kilos en faisant un peu de sport, il s’est mis à craindre que je maigrisse trop…

Philippe Callewaert

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