France Dimanche > Actualités > Maxime Le Forestier : Martyrisé à l’armée !

Actualités

Maxime Le Forestier : Martyrisé à l’armée !

Publié le 3 août 2019

Maxime Le Forestier, qui revient avec un bel album, “Paraître ou ne pas être”, fait d’émouvantes révélations sur son passé de… parachutiste.

Nous vous l’avions annoncé, il y a quelques semaines… à 70 ans, Maxime Le Forestier nous revient avec un très bel album, Paraître ou ne pas être, cinq ans après Le cadeau qu’il nous avait fait en 2013 ! C’est bien caché dans sa maison au cœur du Vendômois que le chanteur a écrit et composé les dix titres de ce nouveau disque, un beau voyage au fil des thèmes de prédilection de cet artiste qui a débuté tout jeune dans les années 60 en formant avec l’une de ses sœurs aînées, Catherine, le duo Cat & Maxim.

Nous vous avions raconté alors combien le parcours de l’auteur de Né quelque part avait été difficile et à quel point sa jeunesse avait été semée d’épreuves. Si l’artiste au regard canaille a dû surmonter de nombreux drames familiaux, on apprend aujourd’hui que ce ne sont pas les seuls écueils que le destin a jetés sur son chemin ! Des obstacles qui auraient pu le faire tomber et dont il aurait pu ne jamais se relever…


Vous n’avez sans doute pas oublié ses premières chansons, certaines d’entre elles étaient très engagées, rebelles et protestataires, symboles magnifiques d’une jeunesse en rupture avec le monde des adultes. D’autres s’apparentaient à de petites histoires tendres, témoins de ses expériences de jeune homme, telle Une maison bleue, qui nous parlait de son mémorable séjour avec sa sœur à San Francisco, en 1971, en plein mouvement hippie aux États-Unis. Ce fut, d’ailleurs, un véritable hymne au Flower Power à la française. Un succès phénoménal, repris à l’envi depuis sa sortie dans toutes les colonies de vacances et centres aérés de France… et même encore aujourd’hui !

Si ses textes ne sont sans doute pas toujours autobiographiques – le titre, Éducation sentimentale, par exemple, relatait l’engouement généreux d’un garçon pour tout un pensionnat de jeunes filles ! –on apprend avec surprise et effroi que Parachutiste, sorti en 1972, dans l’album Mon frère a été écrite par Maxime après son service militaire… dans les paras justement ! Un corps de l’armée qui, de tout temps, a été considéré comme le plus dur, le plus exigeant, le plus belliqueux. Pour ce garçon fragilisé depuis son adolescence par le divorce de ses parents et le départ définitif de son papa, avouez que cette affectation n’était pas vraiment des plus judicieuses… Pour celui qui était alors âgé de 14 ans, cette rupture familiale, n’était, à cette époque, pas monnaie courante… « Mon père [britannique d’origine normande, ndlr] était reparti vivre en Angleterre, confiait le chanteur à Paris Match. Durant les treize années qui ont suivi, nous n’avons plus eu le moindre contact avec lui. Pas une visite, pas une lettre, pas un appel. Le néant. Sur tous les élèves de ma classe, seuls deux d’entre nous avions des parents divorcés. J’ai souffert de cette séparation même si, pendant longtemps, j’ai eu du mal à en parler. J’avais tendance à minimiser la blessure. »

Pourtant, c’est bel et bien dans ce corps d’armée que cet antimilitariste convaincu va devoir effectuer son service militaire, obligatoire à cette époque. Au programme de ces mois de formation, les brimades, les insultes, les mauvais traitements… L’horreur absolue ! « Quand tu tombes, on te relève à coups de pied », vient en effet de confier le chanteur dans Libération. à bout de forces, un beau jour, le pauvre « appelé » s’évanouit lors d’une revue… Dans son malheur, il se produit pourtant un miracle : envoyé à l’infirmerie, le médecin le garde pendant trois semaines, non pas parce qu’il est dans un état grave, mais pour que celui qui est déjà un excellent guitariste lui apprenne le picking, une façon très particulière de jouer de la guitare en pinçant les cordes que le regretté Marcel Dadi – mort dans l’avion qui explosa en plein vol peu après son décollage de New York, le 17 juillet 1996 –, a largement vulgarisée à la fin des années 70.

De son inoubliable et traumatisant passage chez les paras, Maxime tirera ce fameux portrait au vitriol, celui de son « sous-off », un ancien d’Indochine et d’Algérie, auquel il adresse avec brio toute sa rancœur et sa haine… « On t’a donné des galons, héros de toutes les défaites, pour toutes les bonnes actions que tu as faites, tu torturais en spécialiste, parachutiste », chante-t-il. Une chanson marquante que l’artiste n’ose tout d’abord pas chanter en public.

Par chance, ce séjour en enfer qui aurait pu lui coûter la vie n’a finalement pas réussi à briser ce musicien plein de talent qui en avait encore sous le talon ! Depuis cette époque où l’uniforme était son unique vêtement, de l’eau a coulé sous les ponts, et les succès ont déferlé sur sa carrière. La belle revanche d’un pacifiste…

Clara MARGAUX

À découvrir