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Maxime Le Forestier : Que de drames familiaux !

Publié le 30 juin 2019

Maxime Le Forestier, âgé de 70 ans, affiche une apparente solidité qui cache de nombreuses blessures intimes.

En cette fin de printemps, il repart sur les routes de France et sort un très bel album, Paraître ou ne pas être… Un retour attendu avec impatience par les fans de Maxime Le Forestier, qui ne nous avait pas offert de nouvelles chansons depuis Le cadeau en 2013 ! Mais après six ans d’attente, dont près deux ans de travail acharné pour le chanteur, le revoilà sur le devant de la scène, avec dix titres oscillant entre poésie, réalisme et ironie. Un voyage au fil des thèmes de prédilection de cet artiste qui a débuté tout jeune dans les années 60 en formant avec l’une de ses sœurs aînées, Catherine, le duo Cat & Maxim. Mais si, aujourd’hui, après presque cinquante ans de carrière, l’auteur de Né quelque part arbore un air de patriarche à qui on ne la fait plus, c’est peut-être bien parce que les épreuves que le destin a semées sur son chemin l’ont finalement rendu plus fort. L’auteur-compositeur-interprète a en effet dû faire face de terribles drames familiaux dont il aurait pu ne jamais se relever…


A commencer par le divorce de ses parents alors qu’il était âgé de 14 ans, une rupture familiale qui, à cette époque, n’était pas monnaie courante… « Mon père [un Britannique d’origine normande, ndlr] était reparti vivre en Angleterre, confiait le chanteur à Paris Match en 2013. Durant les treize années qui ont suivi, nous n’avons plus eu le moindre contact avec lui. Pas une visite, pas une lettre, pas un appel. Le néant. Sur tous les élèves de ma classe, seuls deux d’entre nous avions des parents divorcés. J’ai souffert de cette séparation même si, pendant longtemps, j’ai eu du mal à en parler. J’avais tendance à minimiser la blessure. […] Pourtant, après sa mort, en rangeant ses affaires, je suis tombé sur des brouillons de lettres qui nous étaient destinées. Qu’étaient donc devenues ces lettres que nous n’avions jamais reçues ? Ont-elles été envoyées ou avait-il préféré renoncer au dernier moment ? à moins qu’une main ne les ait interceptées… Mais laquelle ? Nul ne le saura jamais. »

Par la suite, bien sûr, Maxime Le Forestier a pu renouer avec son papa, mais ce dernier n’a hélas jamais pu aller voir par lui-même l’homme de scène admiré des foules qu’il était devenu : « Je regretterai toujours qu’il soit mort un an avant que je ne chante à Londres où, pour lui, j’avais demandé à me produire dans ma série de concerts consacrés à Brassens. »

En 1970, celui qui est déjà une grande vedette écrit cette bouleversante chanson intitulée Mon frère. « Toi le frère que je n’ai jamais eu / Sais-tu si tu avais vécu / Ce que nous aurions fait ensemble… », chante-t-il alors. Extraordinaire coïncidence, la même année, son père, qui s’est remarié avec une Anglaise, vient d’avoir un fils ! « Incroyable prémonition, non ? Jérôme avait 8 ans lorsque je l’ai vu pour la première fois, expliquait-il encore dans les pages de notre confrère. Je me dis que j’ai dû habiter certains de ses rêves. Aujourd’hui, il […] travaille pour un opérateur téléphonique. Nous sommes devenus très proches. »

S’il n’a rencontré que tardivement ce frère rêvé, Maxime a pu se réjouir de la présence de ses deux sœurs aînées, Anne, née en 1943, et Catherine, en 1946. Mais là encore, le destin, impitoyable, a frappé la plus âgée, celle que le chanteur appelle avec beaucoup de tendresse « l’une de ses bonnes fées ». C’est elle qui a fait entrer la musique dans l’appartement de Neuilly-sur-Seine où la famille habitait, car on a discerné très tôt qu’elle avait l’oreille absolue. Anne jouait du piano, et les deux autres enfants du violon… 

« Éléonore dans La petite fugue, c’est elle, a récemment raconté Maxime dans Closer. Pianiste, elle a fait ses classes au conservatoire de Paris, puis elle est devenue professeur au conservatoire de Boulogne. Elle m’a toujours soutenu, tenu au courant de la musique contemporaine, m’amenant à des concerts. »

Mais celle qui savait si bien faire chanter son instrument est devenue mutique : « Elle a eu un accident et elle est tétraplégique, a aussi expliqué l’artiste. C’est très douloureux pour moi. Pour elle, je ne sais pas ce qu’elle ressent, car elle ne parle plus. »

Un crève-cœur pour ce papa de deux garçons, Philippe, 38 ans, et Arthur, 29 ans, qui doit, sans nul doute, retenir ses larmes devant le malheur qui a frappé sa bien-aimée sœur… Quant à Catherine, elle n’a heureusement pas eu à subir les à-coups dévastateurs du destin, mais elle a suivi un chemin parallèle, un ailleurs loin de la célébrité et des paillettes…

« Le vedettariat ne lui convenait pas du tout, a encore déclaré l’auteur du Parachutiste. à Marrakech, elle a rencontré un homme avec qui elle a eu deux enfants et a découvert la musique gnaoua, vaudoue, de transe. Domaine où elle est allée très loin. »

Si l’ombre du chaos s’est trop souvent insinuée dans l’histoire de celui qui a longtemps œuvré pour Les restos du cœur, elle a hélas aussi lourdement plané sur sa vie de père, et plus particulièrement à la naissance de son aîné, Philippe, atteint d’une surdité sévère.

Papa solo – Bettina, la maman, ayant disparu du paysage –, Maxime n’a pas cédé à la sidération face au handicap de son rejeton, choisissant plutôt de tout mettre en œuvre pour l’aider : « Philippe avait envie de communiquer, il était hors de question de le laisser isolé, confiné dans le silence, a également confié le chanteur à Paris Match. J’ai décidé de lui apprendre à parler et cela m’a pris cinq ans. Après avoir hésité entre la langue des signes et les mots, grâce à d’excellents orthophonistes, nous avons choisi la parole. » 

Aujourd’hui, le jeune homme est régisseur dans le cinéma et son paternel est très fier de lui !

Clara MARGAUX

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