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Me Dupond-Moretti : Un drame familial à l’origine de sa vocation !

Publié le 13 mars 2019

La mort mystérieuse de son grand-père maternel a donné, pour toujours, la passion de la justice à Eric Dupond-Moretti.

Du tribunal à la scène, il n’y a qu’un pas… Ce que fait à la perfection Me Éric Dupond-Moretti, un des meilleurs avocats pénalistes français, chaque jour au théâtre de la Madeleine à Paris jusqu’au 24 février. Le soir de la première, il se produisait devant un public composé de nombreux avocats, et de sa compagne, la chanteuse québécoise Isabelle Boulay. 

Pendant une heure quarante, la plaidoirie de Dupond-Moretti retrace avec émotion, verve et humour la vie de cet homme atypique… De son enfance à Maubeuge, de son parcours professionnel, de ses rencontres et de ses procès, rien n’est caché, tout est dit avec gravité et beaucoup de nostalgie.

Qui aurait pu deviner qu’un drame familial était à l’origine de sa vocation d’avocat ? Avec beaucoup de pudeur, Me Dupond-Moretti raconte qu’avant sa naissance, son grand-père maternel fut retrouvé mort dans des conditions suspectes le long d’une voie ferrée. Et ce, sans qu’aucune enquête ne soit diligentée : « Voilà l’origine de ma vocation à devenir avocat pénaliste », avoue-t-il. Savoir, comprendre, connaître la vérité, voilà sa raison d’être !

De son enfance modeste à Maubeuge, dans le Nord, Dupond-Moretti parle de ses grands-parents ouvriers, tout comme son père, Jean-Pierre, métallurgiste, et sa mère, Elena, d’origine italienne, femme de ménage. Une enfance tragique, marquée par le décès de son père à l’âge de 4 ans, victime d’un cancer. Sa réussite sera sa revanche.


Moment d’humour sur scène, lorsque l’avocat évoque la période de sa jeunesse durant laquelle il travaillait dans les discothèques de sa région pour payer ses études. Fin analyste, observateur et toujours à l’écoute, il avoue n’y avoir jamais remis les pieds car « une fois quitté ces lieux, les gens ne se souviennent plus de leurs paroles le lendemain… » Et de conclure avec malice : « De mon temps, danser avec une fille, [si] ensuite ça ne marchait pas, on appelait cela un râteau ! Aujourd’hui, cela s’appelle un délit… »

Élevé seul par sa mère, on apprend que l’écolier Dupond-Moretti fut extrêmement indiscipliné, à tel point qu’elle décida de l’envoyer, après la 6e, dans un internat chez les curés, à l’institution Saint-Pierre, à Fourmies, dans le Nord. Le collégien y retrouva le goût du travail et devint vite le premier de la classe.

Entre l’évocation de ses nombreux procès, de l’affaire d’Outreau à Karim Benzema, en passant par Yvan Colonna ou Bernard Tapie, on découvre derrière cet « ogre des prétoires » à la carrure de rugbyman, un homme attachant, fragile, sensible et terriblement humain.

Bernard MONCEL

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