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Mélanie Laurent : Elle a résisté Harvey Weinstein !

Publié le 28 février 2018

En 2009, l’actrice Mélanie Laurent a été la proie du plus 
célèbre des prédateurs sexuels.

Elle a l’air jeune et fragile, cette petite blonde au regard doux et au sourire irrésistible. Mais Mélanie Laurent, que vous pourrez découvrir le 14 février au côté de Jean Dujardin dans un film de Laurent Tirard, Le retour du héros, où elle joue une grande bourgeoise faisant chanter un capitaine d’empire, n’a rien d’une oie blanche.

À 34 ans, l’actrice, qui a fait ses débuts en 1999 en donnant la réplique à Gérard Depardieu, son mentor au cinéma, dans Un pont entre deux rives, de Frédéric Auburtin, compte plus de 30 films à son actif.

Et si son talent est aujourd’hui reconnu des deux côtés de l’Atlantique, sa carrière n’a rien eu d’un long fleuve tranquille, comme elle s’en est ouverte dans les colonnes de La Parisienne, lors d’une interview sans filtre. La comédienne confesse entre autres avoir dû s’endurcir pour supporter les pressions incessantes auxquelles la soumettaient des metteurs en scène qui prenaient plaisir à faire souffrir leurs interprètes : « Au début de ma carrière, a-t-elle expliqué, j’ai eu des expériences malheureuses avec des réalisateurs qui m’ont manipulée. Je suis tombée sur des pervers narcissiques. Certains tournages ont été douloureux. J’ai appris à être forte très tôt. »

Non, la jeune femme n’a rien d’une poupée ou d’une marionnette dont des hommes de pouvoir peuvent à leur guise tirer les ficelles. Quand on s’attaque à Mélanie, elle se rebiffe. Et le fait d’avoir dû affronter si tôt des personnages peu recommandables, dont elle ne cite cependant pas les noms, lui a sans doute permis de résister au plus célèbre des prédateurs sexuels du 7e art, celui qui symbolise la récente révolte des femmes contre leurs harceler : Harvey Weinstein.


Ce nom ne peut plus vous être inconnu tant il a fait couler d’encre… et de larmes. Pendant des décennies, ce patron de Miramax, devenu le plus puissant producteur d’Hollywood, a pu, en toute impunité, abuser d’actrices, de mannequins et d’assistantes dont il disait, parfois non sans raison, hélas, pouvoir détruire la carrière d’un simple claquement de doigts.

La loi du silence a néanmoins fini par être brisée le 5 octobre 2017 par un article du New York Times, signé Jodi Kantor et Megan Twohey, dans lequel des femmes, parmi lesquelles des vedettes comme Ashley Judd et Rose McGowan, l’accusaient de les avoir harcelées sexuellement. Ce texte a déclenché un tsunami, emportant avec lui la réputation d’un dernier nabab libidineux.

L’omerta qui régnait jusqu’alors, ce système pervers et lâche dans lequel tout le monde savait mais personne ne parlait, s’est écroulé comme un château de cartes. Sur les réseaux sociaux, les hashtags Balance ton porc et MeToo ont libéré d’un seul coup la parole des femmes. Weinstein, qui n’est certes pas le seul suspect, reste toutefois la principale cible de ces témoignages.

Il est à ce jour accusé d’agression ou de viol par 70 de ses victimes et, sans préjuger des verdicts des tribunaux, pour les cas donnant lieu à des poursuites judiciaires, cet homme de 65 ans ne se remettra jamais de cette rébellion. Son règne par la terreur s’achève enfin… Mais Mélanie a dû affronter ce maniaque sexuel alors qu’il était encore au faîte de sa gloire et se croyait intouchable.

“Pression”

À l’époque, en 2009, elle tournait dans Inglorious Basterds, un long-métrage du réalisateur Quentin Tarantino, au côté, notamment, de Brad Pitt. Le producteur attitré du cinéaste (qui s’est récemment excusé d’avoir choisi de fermer les yeux sur les agissements de son associé) n’était autre que Weinstein, lequel ne pouvait pas laisser passer une proie aussi tentante que cette ravissante blonde aux yeux bleus.

Mais malgré les apparences, cette dernière n’avait rien d’une ingénue. « Quand j’ai tourné avec Quentin Tarantino, a-t-elle raconté dans La Parisienne, on m’avait prévenue que son producteur était dangereux. J’ai refusé d’aller dans sa chambre et j’ai donc accepté la pression d’avoir choisi de ne pas y aller. Pendant les deux ans qui ont suivi, il m’a proposé des projets, mais je savais ce que cela impliquait. […] J’ai tenu grâce à mon instinct, je ne suis jamais rentrée dans ce jeu. »

Le courage de cette femme libérée et engagée (cela fait des années que Mélanie, écologiste militante, se bat contre les effets du réchauffement climatique), tenant à ses principes bien plus qu’à sa notoriété, est vraiment digne d’éloges. Souhaitons que son exemple soit contagieux et que, désormais, les proies des prédateurs sexuels suivent sa trace…

Claude LEBLANC

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