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Michael Lonsdale : Il a rejoint son grand amour !

Publié le 1 octobre 2020

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L’acteur Michael Lonsdale, qui s’est éteint le 21 septembre à l’âge de 89 ans, n’a aimé qu’une seule femme… qui n’a jamais voulu de lui.

Il pouvait tout jouer et ne s’en est pas privé tout au long de sa carrière qu’il a menée avec un appétit insatiable : du pervers psychopathe Hugo Drax de Moonraker – inoubliable James Bond de 1979 –, au moine supplicié, Frère Luc, Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois, un rôle qui lui avait d’ailleurs valu un César, un Globe de cristal et le prix Henri-Langlois en 2011… Michael Lonsdale nous a quittés le 21 septembre dernier à l’âge de 89 ans, trente ans après son unique grand amour, laissant dans nos mémoires sa présence énigmatique et « sa voix de thé que l’on boit même quand on ne l’écoute pas », telle que la décrivait le comédien Denis Podalydès dans son livre, Voix off, édité chez Mercure de France.


C’est presque en toute discrétion que Michael Edward Lonsdale-Crouch, fils d’une Franco-Irlandaise et d’un officier de l’armée britannique, né le 24 mai 1931 à Paris, a déroulé pas à pas son chemin. Après avoir passé une partie de sa jeunesse au Maroc, c’est en 1949 que, de retour dans la capitale, il va voir naître deux de ses plus grandes passions. Lui qui se destinait à la peinture, qu’il a pratiquée jusqu’à la fin de ses jours, fait alors une rencontre qui va le marquer à tout jamais : « J’aimais les comédiens et le cinéma, mais je ne m’imaginais pas acteur, confiait-il au Figaro en 2015. J’étais d’une grande timidité. Par une amie de mes parents qui m’emmenait à la messe, j’ai rencontré un père dominicain qui m’a dit ce que je voulais entendre. » Tandis qu’à 22 ans, il demande à être baptisé dans la foi catholique, grâce à Roger Blin, autre personnalité importante de son existence, le jeune Michael commence à suivre les cours de théâtre de Tania Balachova. Il va y croiser Laurent Terzieff, Bernard Fresson, Stéphane Audran, Jean-Louis Trintignant et, surtout, celle qu’il aimera toute sa vie sans être payé de retour, Delphine Seyrig.

Si, sur le plan professionnel, cet homme à la stature imposante et au physique de molosse est comblé, enchaînant les rôles les plus variés dans des superproductions tout comme dans des films d’auteurs, ses sentiments pour l’égérie d’Alain Resnais, Luis Buñuel et François Truffaut ne sont pas partagés par celle qui fut aussi une immense figure du féminisme en France… « J’ai vécu un grand chagrin d’amour et ma vie s’en est trouvée très affectée, écrivait l’acteur dans Le Dictionnaire de ma vie, paru en 2016 aux éditions Kero. La personne que j’ai aimée n’était pas libre. Je n’ai jamais pu aimer quelqu’un d’autre… »

Mariée en juillet 1950 au peintre américain Jack Youngerman, dont elle aura un fils, Duncan, la belle Delphine à la voix ensorcelante ne laissera pas le doute s’installer dans le cœur de celui qui lui voue pourtant une immense admiration. Malgré sa séparation d’avec son époux plusieurs années plus tard, l’héroïne de Baisers volés donnera son cœur à un autre, un acteur à la gueule d’ange et au sourire dévastateur face auquel Michael, dépité, ne pourra que s’effacer. « Elle était en couple avec Sami Frey, je n’ai jamais tenté quoi que ce soit par respect », regrettait-il encore dans son ouvrage. Cette féministe passionnée s’éteindra le 15 octobre 1990, vaincue par un cancer de l’ovaire à 58 ans. « C’était elle ou rien, avouait-il encore dans Le Dictionnaire de ma vie, et voilà pourquoi, à 85 ans, je suis toujours célibataire ! »

Dans l’appartement qui appartenait à son grand-père, situé en face des Invalides à Paris, où il s’était établi avec sa mère dès son arrivée dans la capitale et qu’il n’a jamais quitté, le comédien se console alors dans la prière et sa foi en Dieu. Il participe notamment au mouvement pour le renouveau charismatique, apparu en 1960 au sein des églises traditionnelles, cofonde un groupe de prières nommé Magnificat, destiné plus particulièrement aux artistes, et écrit de nombreux ouvrages dans lesquels il exprime sa ferveur envers le Seigneur, mais aussi son espoir d’une vie meilleure. Après avoir publié L’amour peut tout aux éditions Livre ouvert, en 2010, et L’amour sauvera le monde, chez Philippe Rey, en 2011, Michael Lonsdale nous avait offert, l’an dernier, un ultime ouvrage intitulé Viens, Esprit-Saint, en nos cœurs, chez le même éditeur.

Le signe, peut-être, que cet amoureux éconduit était prêt à rejoindre son grand amour disparu et à s’envoler vers ce Dieu qui l’avait tant aidé à surmonter ce rejet, sa solitude et son chagrin…

Clara MARGAUX

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