France Dimanche > Actualités > Michael Lonsdale : Porté par la grâce de Dieu !

Actualités

Michael Lonsdale : Porté par la grâce de Dieu !

Publié le 25 février 2011

Après cinquante ans de carrière, ce grand chrétien, Michael Lonsdale, recevra-t-il, ce vendredi 25 février, son premier César pour le rôle de frère Luc ?Après cinquante ans de carrière, ce grand chrétien, Michael Lonsdale, recevra-t-il, ce vendredi 25 février, son premier César pour le rôle de frère Luc ?

Prêtre dans Le souffle au coeur, pasteur dans La vieille fille, cardinal dans Galileo, évêque dans Que la lumière soit... En un demi-siècle de carrière, Michael Lonsdale a occupé tous les rangs de la hiérarchie ecclésiastique ! Mais aucun rôle n'a sacralisé son talent comme celui de frère Luc, dans le magnifique film Des hommes et des dieux. À bientôt 80 ans, l'acteur franco-britannique a rencontré, avec ce personnage d'une grande spiritualité, le rôle de sa vie.

Sa bouleversante interprétation de ce moine médecin de Tibhirine (en Algérie) a d'ailleurs été saluée par une nomination dans la catégorie « meilleur second rôle masculin » aux prochains Césars. Un rôle qu'il a « habité » d'autant plus aisément que le colosse aux yeux célestes est un fervent chrétien. La foi qui l'anime, le guide, le nourrit et inspire avec bonheur sa vie d'artiste. « Un jour, j'ai cessé de vouloir, expliquait-il au Point. Cela m'est venu en peignant. J'écoutais de la musique, je n'ai plus contrôlé ma main. Au cinéma, j'invente au dernier moment, à partir de la lumière. »

Pourtant, il s'en est fallu de peu que Michael passe à côté de cette dimension aujourd'hui essentielle à sa vie. Ce n'est qu'à la faveur d'une rencontre fortuite avec un comédien musulman qu'il s'interroge pour la première fois, à 17 ans, sur Dieu, ou plutôt Allah... « J'ai failli devenir musulman », confessait-il dans un entretien accordé le week-end dernier au Journal du Dimanche. « Et puis, j'ai reçu un cadeau du ciel, une marraine aveugle qui m'a éveillé à la foi. Nous parlions de Dieu en marchant pendant des heures dans les rues de Paris. »

Témoigner

Une révélation, selon ses propres termes, qui le conduit sur les fonts baptismaux à 22 ans. Considérant l'expression artistique comme un don de Dieu, Lonsdale se fait également un devoir de témoigner de l'amour divin auprès des autres hommes.

Membre actif d'une communauté catholique appelée Renouveau charismatique, il vit sa religion au point de refuser des rôles au nom de sa foi, comme il l'explique dans le JDD : « J'ai refusé de jouer dans Amen de Costa-Gavras, inspiré de la pièce Le vicaire, une œuvre très virulente contre le pape Pie XII. »

C'est la foi du cœur qui habite Michael Lonsdale et il n'hésite pas à prendre ses distances avec certains dogmes et traditions catholiques. S'il se souvient avec émotion de sa rencontre avec Jean-Paul II, Michael ne se prive pas de critiquer le côté réactionnaire de cette religion qui interdit le mariage des prêtres, déguise fastueusement ses prélats et freine toute avancée scientifique au nom de la bioéthique.

C'est tout juste s'il se permet d'émettre quelques réserves afin que l'homme ne soit pas tenté, un jour, de jouer les apprentis sorciers... Gageons que cette flamme divine a grandement inspiré Michael Lonsdale pour camper l'absolu dévouement à Dieu de frère Luc...

Anna Hadrien

À découvrir

Sur le même thème