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Michel Cymes : Son coup de gueule

Publié le 18 juillet 2018

Très énervé, Michel Cymes le médiatique docteur a sévèrement mis en garde un collègue qui prône des actes tendancieux.

Tous ceux qui suivent sur leur écran le plus cathodique des médecins ont de lui l’image d’un homme souriant et souvent blagueur.

Et c’est d’une façon bien dans son style que Michel Cymes a fêté son ultime apparition dans Le journal de la santé sur France 5, après vingt ans de bons et loyaux services, en chantant un pastiche du tube de Stephan Eicher, Déjeuner en paix, rebaptisé pour l’occasion « Présenter en paix ».


Mais, quelques jours auparavant, il n’avait pas du tout le cœur à rire à l’heure d’évoquer l’un de ses confrères, dont il ne partage pas – du tout – l’opinion.

Le visage fermé, la colère crispant ses traits, l’animateur a réagi à la décision prise le mardi 26 juin par la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins d’annuler la radiation du professeur Henri Joyeux.

Le praticien avait été condamné en première instance, en 2016, pour avoir publié deux pétitions.

Autosatisfaction

La première dénonçait la recommandation – jamais suivie d’effet – du Haut Conseil de la santé publique préconisant d’abaisser de 11 à 9 ans l’âge de la vaccination contre le papillomavirus pour les filles.

La seconde critiquait le remplacement du vaccin DTPolio trivalent (protégeant contre la diphtérie, le tétanos et la polio) par un vaccin hexavalent (prévenant six affections), au motif que ce dernier comportait de l’aluminium parmi ses adjuvants.

Ses juges et pairs ont estimé que les propos du Pr Joyeux restaient dans les limites de la liberté d’expression, ce que conteste avec force Michel Cymes, dont le coup de gueule a dû faire trembler le plateau de France 5 :
« Cette victoire va vous permettre de continuer votre campagne contre les vaccins, de continuer à instiller le doute dans l’esprit des parents qui se diront que puisque vous avez été blanchi, c’est bien que les vaccins sont dangereux […] J’espère que si dans quelques années un enfant venait à mourir à la suite de vos pétitions ou de vos interventions dans les médias, j’espère que ces parents, se sentant responsables, ne vous demanderont pas des comptes parce qu’être médecin, Monsieur Joyeux, c’est être responsable. »

Ce réquisitoire musclé faisait suite à la réaction du professeur qui avait déclaré à l’AFP : « Je ne suis pas du tout radié, je n’ai pas de blâme. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que j’ai raison. »

C’est probablement cette autosatisfaction affichée sans vergogne qui a poussé Michel Cymes hors de ses gonds.

Et c’est sans doute aussi ce qui a conduit le Conseil national de l’Ordre des médecins à se pourvoir en cassation de ce jugement très contesté. 

Pour Michel et tous ceux qui défendent l’indispensable protection contre de graves affections qu’est la vaccination, le combat continue.

Claude LEBLANC

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